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Parcours d'architecture

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Parcours d'architecture : un autre regard sur le patrimoine parisien

Parcours d'architecture

9e ardt - De la rue des Martyrs à la Tour des Dames


Le quartier Notre-Dame-de-Lorette et le lotissement de la Nouvelle Athènes : de la rue des Martyrs à la Tour des Dames en passant par la place Saint-Georges

C’est à la fin du XVIIIe siècle, lorsque la barrière d’octroi est déplacée jusqu’au boulevard de Rochechouart, que l’ancien faubourg des Porcherons, devenu rue des Martyrs, commence à s’urbaniser.
Dès le début du XIXe siècle, des architectes, financiers, notaires ou banquiers réunis en compagnies financières se lancent dans le lotissement de quartiers périphériques.
Les rives du faubourg vont se développer en deux temps, tout au long du XIXe siècle. 

A l’ouest, l’édification du lotissement de la place Saint-Georges entre 1824 et 1825 est l’œuvre de l’architecte Auguste Constantin, élève de Percier et Fontaine. Il s’est associé, pour cette  entreprise à l’agent de change Alexis-André Dosne (futur beau-père d’Adolphe Thiers), et à Jean-Baptiste-Théodore Sensier, un ancien notaire parisien. Le lotissement occupe l’emplacement du premier parc d’attraction de Paris, le jardin Ruggieri créé en 1776. L’ensemble se raccorde au lotissement paysager de la Nouvelle Athènes. Ce dernier, commandé dès 1817 par la Peyrière, receveur général de la Seine, au même Auguste Constantin, est un lotissement formé de villas et de petits hôtels dans un cadre de verdure. La Nouvelle Athènes devint le lieu d’élection des peintres comme Delacroix et d’autres artistes et célébrités. Une intense vie de société s’y déployait dans les salons et les jardins, des bals prestigieux étaient organisés… Un peu plus haut, les rues de Navarin et Clauzel, sont ouvertes en 1830. En revanche, il faudra attendre 1860 pour que la partie Est de la rue des Martyrs se développe à son tour, après la suppression des abattoirs et des usines à gaz précédemment installées avenue Trudaine.
A l’occasion de l’arrivée du métro nord sud entre 1906 et 1911, la place Saint-Georges se modernisa. L’ancienne fontaine fut remplacée par un monument à la gloire de Gavani, illustrateur et caricaturiste. A la fin des années 1920, le quartier redevient en vogue auprès des amateurs de théâtre et de comédie alors que s’ouvre le Théâtre de la Bruyère, qui côtoie désormais le théâtre de la Place Saint-Georges.
La qualité manifeste de cet ensemble obtient un début de reconnaissance au début des années 1970. Ses protections s’avèrent cependant insuffisantes et des dénaturations voire des démolitions (telle celle de l’hôtel Gaillard élevé en 1852-1853, et détruit en 1991), continuent d’affecter le quartier.
A l’heure actuelle, le quartier dessiné par Constantin et ses associés aura bientôt 200 ans et abrite toujours théâtres, musées et fondations artistiques.

Plus à l’Est, le secteur de la rue Milton, de la rue Condorcet et même de l’avenue Trudaine conserve un caractère à la fois plus dense et plus urbain, dont la veine populaire se rapproche volontiers de celle du faubourg.


Puce urbanisme Parcours numéroté et descriptif des bâtiments remarquables
Plan du parcours architectural, 9ème arrondissement
» Consulter le plan du parcours au format pdf (185 Ko)
Sur le plan, les pastilles rouges indiquent les édifices à observer. 
Les caractéristiques architecturales de ces bâtiments :

Pastille 141-47 rue des Martyrs – Cité des Martyrs

Ensemble majestueux d’immeubles organisés autour d’une cour-jardin centrale, sur le modèle du square à l’anglaise. Exceptionnellement à Paris, il n’y a pas d’immeubles à front de rue mais une simple grille et quelques boutiques.
L’architecte Alphonse Blot en 1848, a déguisé les deux murs mitoyens en fausses façades, “murs renard”, habillées de persiennes derrière lesquelles il n’y a pas de fenêtres. Les bâtiments et les jardins sont protégés dorénavant par le PLU.
pastille 223 rue des Martyrs

Immeuble constitué d’une large façade plate composée par symétrie autour de la travée centrale avec son porche au rez-de-chaussée ; elle est habillée de bandeaux et de persiennes caractéristiques des immeubles construits sous la Restauration. La corniche très saillante sépare les étages carrés des combles et leurs lucarnes en bois non moins significatives de l’architecture du quartier qui a pris son essor autour des années 1830. La grande cour, avec ses retours d’aile, conduit vers un jardin protégé au PLU. 
pastille 319 rue des Martyrs
Le bâtiment remontant à la fin du XVIIIe siècle, a été surélevé de 2 étages bas de plafond, révélateurs de la spéculation qui a conduit à la densification du quartier dans la première moitié du XIXe siècle. On peut comparer la façade avec sa voisine du no 17 qui a conservé son gabarit initial. Le porche mène à une cour plantée sur laquelle donnent 2 pavillons dont celui de devant remonte sans doute à l’origine. C’est là qu’habita le député saint-simonien Jacques-Antoine Manuel (1775-1827) qui laissa son nom à la rue d’en face.


pastille 410 rue des Martyrs

Cette petite maison de faubourg de la fin du XVIIIe surélevée de 2 étages, a été tardivement enrichie d’un décor dans le style Louis XVI. Juste à côté, au carrefour de la rue Lamartine se trouvait, de 1726 à1787, la barrière des Porcherons séparant Paris du faubourg Montmartre. C’est à la fin du XVIIIe siècle, lorsque la barrière d’octroi est déplacée au niveau du boulevard de Rochechouart, que l’ancien faubourg des Porcherons (devenu rue des Martyrs) commence à s’urbaniser.
La construction mitoyenne à l’angle de la rue Hippolyte-Lebas occupe un délaissé consécutif au lotissement de la rue Milton en 1860, ensemble dont fait partie la rue H. Lebas. (Hippolyte Lebas est l’architecte de l’église de Notre-Dame-de-Lorette).


pastille 517 rue de Châteaudun

Construit en 1865 par Hubert-Mathurin Laurancy, élève de Labrouste, cet immeuble possède un décor sculpté très élaboré qui traduit la coordination entre l’architecte et l’ornemaniste, N. Gonnet, associé au statuaire Charles Lebourg, ce dernier étant l’auteur des grandes cariatides du second étage. Charles Lebourg est connu par ailleurs pour avoir conçu en 1875, le modèle des fontaines Wallace. On mesure le caractère prestigieux de cet immeuble haussmannien, avec sa cour intérieure en pierre de taille et le décor de la niche monumentale dans l’axe du porche, en le comparant à l’ensemble de ses contemporains, moins somptueux mais tout aussi élaborés, construits à l’occasion du percement des rues Lafayette, de Maubeuge et de Châteaudun entre 1862 et 1868.

 
pastille 618 rue Notre-Dame de Lorette – 2 rue Laferrière

Immeuble d’angle édifié par l’entrepreneur Pierre Lemarié en 1837, pourvu de deux porches donnant accès à une grande cour pavée. Les étages sont séparés par des bandeaux et les baies comportent un décor typiquement Louis-Philippe de chambranles  avec dais de crossettes.

 
pastille 728 place Saint-Georges

Immeuble de rapport dit “hôtel de Païva” du nom de la célèbre marquise, née Thérèse Lachman. Construit en 1840-1841 par l’architecte Edouard Renaud, c’est l’un des premiers de Paris où l’architecte s’associe à une équipe de sculpteurs ornemanistes pour créer une imposante façade en pierre de taille richement décorée de sculptures (exécutées sous la direction d’Auguste et Henry Lechesne). Immédiatement diffusé sous forme de gravures, il apparaît comme un chef-d’œuvre aux yeux des contemporains. L’immeuble bénéficie d’une inscription à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques.

 
pastille 825bis-27 place Saint-Georges – 9 rue Notre-Dame-de-Lorette

27 place Saint-GeorgesHôtel particulier d’Adolphe Thiers. Un premier hôtel fut construit vers 1830 par Dosne, receveur des Finances et actionnaire de la compagnie Saint-Georges fondée pour le lotissement des terrains de la place et de ses abords. Thiers, gendre de Dosne, s’y établit et racheta l’hôtel qui fut démoli sous la Commune. Il a été reconstruit en 1873 par l’architecte Alfred Aldrophe dans le style classique français.

 
pastille 98-10 rue d’Aumale
8 rue d?AumaleLes immeubles des 8 et 10 rue d’Aumale sont mitoyens et semblent se compléter par leur décoration. Le no 10 a été construit en 1864 par Adrien Sibert (élève d’Henri Labrouste) avec un décor sculpté de Rouillère. Il est  inscrit à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques. Le no 8 se distingue par le soin accordé aux trois travées centrales. La porte d’entrée est encadrée de volutes  fleuries et le grand balcon est surmonté d’une imposante balustrade en pierre (au lieu de l’habituelle grille de fonte). Les pilastres corinthiens donnent à cette façade, l’aspect cossu d’un “immeuble–hôtel” qui n’a que trois étages carrés (au lieu de quatre) et dont les lucarnes en pierre de taille renvoient à l’image prestigieuse de l’hôtel particulier. 


pastille 1018-22 rue d’Aumale

Ensemble contemporain du percement de la rue d’Aumale (entre 1846 et 1864) constitué d’immeubles en pierre de taille sur rue et de petits hôtels entre cour et jardin, disposés perpendiculairement à l’arrière.

 
pastille 1180 rue Taitbout

Square d’Orléans (autrefois “Cité des trois frères”), cet ensemble architectural remarquablement préservé constitue la dernière grande opération de lotissement de la “Nouvelle Athènes”.
Son édification remonte aux années 1830-1834 et est l’œuvre de l’architecte anglais Edward Cresy. Il constitue un bon exemple à Paris du “square à l’anglaise” avec un jardin central entouré de bâtiments. La cité à l’époque de George Sand, qui y occupa de 1842 à 1847 le premier étage du numéro 5, était considérée comme une phalanstère des Arts et des Lettres.
Un autre exemple d’immeuble à cour plantée se situe sur le parcours, non loin de là au 41 rue des Martyrs.
pastille 125-7 rue de La Rochefoucauld
Ensemble d’hôtels particuliers faisant retour sur la rue de la Tour des Dames, construits dans la première moitié du XIXe siècle, pour des comédiennes célèbres, des peintres et des intellectuels. Les hôtels, édifiés dans un style très sobre mais plein de variétés, présentent une grande homogénéité architecturale et sont parfois agrémentés de jardins privés, visibles depuis la rue. Certains sont protégés au titre des Monuments Historiques, d’autres le sont au titre du Plan local d’urbanisme (PLU).
Au no 5, le petit hôtel de la fin du Second Empire, occupe l’emplacement du jardin de l’hôtel voisin, qui appartenait à Mademoiselle Mars. Construction soignée implantée sur une parcelle traversante, il reflète la densification inéluctable de ce logement périurbain imaginé un demi siècle plus tôt par A. Constantin.


pastille 132, 3 rue de La Tour des Dames
2-6 rue de la Tour des DamesAu no 3, La Peyrière, receveur général de la Seine, acquiert en 1820 l’hôtel de Valentinois, s’étendant entre les rues Saint-Lazare, de la Rochefoucauld et de la Tour des Dames. Aidé de l’architecte Auguste Constantin, il bâtit l’ensemble qui prend le nom de “Nouvelle Athènes”. Cette série d’hôtels figure parmi les réussites du néoclassicisme de la Restauration. Si leur entrée est située rue de La Tour des Dames, la plupart d’entre eux bénéficient d’une autre issue rue Saint-Lazare. Au no 2, se trouve l’hôtel de Lestapis construit en 1819. Construction destinée au prince de Wurtemberg, l’architecte Biet l’acheva pour le pair de France Baillot. La famille de Lestapis en garde la propriété de 1838 à 1870. Cet hôtel est caractérisé par la rigueur et la sobre élégance du style néoclassique. Comme le no 4, il bénéficie de la présence d’un jardin le mettant en valeur et qui rappelle l’aspect agreste et encore quasi-champêtre du quartier sous la Restauration. 


pastille 144 rue de La Tour des Dames
Au no 4, se trouve l’hôtel de Cambacérès construit par l’architecte Clouet en 1822. L’hôtel porte le nom d’Etienne de Cambacérès, cardinal-archevêque de Rouen et comte d’Empire, qui l’acheta en 1826. C’est une construction élégante dans le style Restauration : trois grandes portes-fenêtres à rez-de-chaussée donnent accès à une terrasse par un petit escalier qui monte du jardin en pente. Cette terrasse a été couverte d’une majestueuse véranda métallique en arrondi au milieu du XIXe siècle.

 
pastille 155-7 rue de La Tour des Dames
Au no 5, se trouve l’hôtel du peintre Horace Vernet, construit en 1822 par l’architecte Haudebourt et au no 7, l’hôtel construit par l’architecte Constantin et occupé à partir de 1835 par Paul Delaroche, peintre en vogue sous la Monarchie de Juillet et gendre de Vernet.

Puce urbanisme Principaux repères bibliographiques
François Loyer, Paris XIXe siècle, l’immeuble et la rue, Paris, Hazan, 1987
Sous la direction Bruno Centorame, La nouvelle Athènes : haut lieu du romantisme, Délégation à l’Action artistique de la Ville de Paris, 2001
Alexandre Gady, La place Saint-Georges et son quartier, Paris Musées, 2003

Mise à jour le : 09 mai 2012
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