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Parcours d'architecture

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Parcours d'architecture : un autre regard sur le patrimoine parisien

Parcours d'architecture

1er ardt - De la rue du Roule à la rue Sauval


De la rue du Roule à la rue Sauval : l’architecture conservée du XVIIe siècle
De la rue du Roule à la rue Sauval, ce parcours d’architecture permet également de découvrir une courte section de la rue Saint-Honoré. Bâtie dès 1135, cette rue est appelée à devenir au XVe siècle l’une des plus riches et des plus importantes artères de Paris dont elle constitue le grand axe ouest-est, joignant le Louvre aux Halles.
Rue des hôtels particuliers de la noblesse parisienne à proximité du Louvre et du Palais Royal, cette première section comprise entre les rues de la Ferronnerie et de l’Oratoire est au contraire populaire et animée, rue des bonnetiers, drapiers, merciers, et marchands des Halles.
Débouchant sur la rue Saint-Honoré, la rue du Roule est ouverte en 1689 sur une ordonnance de Louis XIV. L’ensemble du lotissement est l’œuvre de l’architecte et entrepreneur, Jean-Baptiste Prédot. Destinée, avec son imposante largeur de “5 toises”, à canaliser le transit entre l’île Saint-Louis et les Halles, la rue du Roule devient très vite “une des plus peuplées et des plus fréquentées de la ville” selon un contemporain.
A l’exception de la rue du Roule, plus récente, le parcellaire étroit du quartier témoigne de l’origine médiévale de la trame viaire. C’est pourtant une image du Paris au tournant des XVIIe et XVIIIe siècles que nous invite à découvrir ce parcours.
Tandis que l’immeuble parisien, perdant définitivement l’aspect rustique des siècles passés, affiche un style désormais plus raffiné et plus aristocratique, la pratique du remembrement urbain, pour suppléer à l’étroitesse du parcellaire hérité du Moyen-Age, se développe. La construction très rentable de maisons locatives par des entrepreneurs privés, remporte un grand succès, et Paris voit ainsi se multiplier les immeubles à large emprise sur rue, ensembles sobres à structures répétitives. Ce parcours d’architecture de la rue du Roule à la rue Sauval laisse ainsi se deviner quelques unes des profondes transformations de la ville à la période classique.

 
Puce urbanisme Parcours numéroté et descriptif des bâtiments

Plan du parcours architectural, 1er arrondissement



» Consulter le plan du parcours au format pdf (173Ko)
Sur le plan, les pastilles rouges indiquent les édifices à observer. 
Les caractéristiques architecturales de ces bâtiments : 

Puce urbanisme Rue du Roule

Pastille 1 3 à 13 rue du Roule
Séquence cohérente de maisons élevées entre 1689 et 1696 par l'architecte des Bâtiments du roi Jean-Baptiste Prédot à l'occasion d'un même lotissement. Au no 3, maison Louis XIV avec façade en pierre de taille composée de quatre travées et cantonnée par des chaînes de refends dont les baies soulignées de bandeaux plats conservent pour certaines des appuis de fenêtre Louis XIV en fer forgé. Aux nos 5-7, maison Louis XIV présentant une façade en pierre de taille cantonnée par des chaînes de refends et composée de quatre travées et trois étages carrés sur rez-de-chaussée. Fenêtres soulignées par des chambranles en bandeaux plats. Les escaliers ont disparu mais subsiste, au dernier niveau du 7, un morceau de limon d'un ancien escalier en bois à balustres. Aux nos 9, 11 et 13, sur rue, trois maisons Louis XIV présentant des façades homogènes (surélévation au no 11, étage d'attique et garde-corps fin XVIIIe au no 13).

pastille 2 15 rue du Roule
Maison élevée en 1691 par l'architecte des Bâtiments du roi Jean-Baptiste Prédot présentant une façade en pierre de taille cantonnée par deux chaînes de refends et composée de trois travées et de trois étages carrés sur rez-de-chaussée. Percée de hautes fenêtres soulignées de bandeaux plats, elle a conservé ses garde-corps en fer forgé Louis XIV et présente un remarquable balcon soutenu par des consoles métalliques au premier étage. Porte à vantaux en bois sculptés.

pastille 316 rue du Roule
Maison élevée à la fin du XVIIe siècle par l'architecte des Bâtiments du roi Jean-Baptiste Prédot dans le cadre du lotissement de la rue du Roule (nos 14 à 20 ; nos 3 à 15 ; no 19). Façade en pierre de taille cantonnée de refends et composée de quatre travées et trois étages carrés sur rez-de-chaussée. La façade est régulièrement percée de hautes fenêtres comportant des appuis de fenêtre en fer forgé à motifs d'ogives vers 1800. Escalier ancien documenté à cette adresse.
pastille 4 18-18bis rue du Roule
Maison de la fin du XVIIe siècle élevée par l'architecte des Bâtiments du roi Jean-Baptiste Prédot dans le cadre d'un lotissement et présentant une façade sur rue en pierre de taille cantonnée par des chaînes de refends et composée de quatre travées régulièrement percées de hautes fenêtres comportant des garde-corps en fer forgé. Elévation de trois étages carrés sur rez-de-chaussée. Lucarnes.

 
pastille 5 19 à 23 rue du Roule
Séquence de maisons à loyer bâties sur des parcelles étroites. Au no 19, maison de la fin du XVIIe siècle appartenant au même ensemble construit par l'architecte des Bâtiments du roi Jean-Baptiste Prédot aux nos 3-15. Appuis de fenêtre en fer forgé anciens conservés. Au no 21, aspect actuel Monarchie de Juillet. Au no 23, maison d'origine du XVIIIe siècle. Porte piétonne Louis-Philippe.

pastille 6 20-22 rue du Roule – 77 rue Saint-Honoré
Au no 20, maison de la fin du XVIIe siècle élevée par l'architecte des Bâtiments du roi Jean-Baptiste Prédot à l'occasion d'un lotissement d'ensemble. Façade composée de trois travées et de trois étages carrés sur rez-de-chaussée. Appuis de fenêtre Louis XVI au deuxième étage. Au no 22, maison d'angle vers 1800, assurant une composition symétrique avec le no 23 de la rue du Roule. Appuis de fenêtre à motifs d'ogives.


Puce urbanisme Rue Saint-Honoré (1er tronçon)


pastille 7 75 rue Saint-Honoré
Maison de la fin du XVIIIe siècle présentant une façade composée de deux travées cantonnée par des chaînes de refends et de trois étages carrés. Les appuis des baies soutenus par des consoles en dé portent des garde-corps en fer forgé de style Louis XVI. Encadrement de porte à portique et porte d'inspiration néoclassique.

pastille 8 85-87 rue Saint-Honoré
Maisons anciennes à loyer. Au no 85, façade composée de trois travées présentant dans son aspect actuel un style néoclassique avec de beaux appuis de fenêtres en fer forgé de style Louis XVI bien hiérarchisés selon les niveaux et une frise grecque entre les troisième et quatrième étages. Au no 87, façade composée de deux travées principales et de deux secondaires sur des bases probablement antérieures au XVIIIe siècle. Deux escaliers.

pastille 9 99-109 rue Saint-Honoré
Séquence de maisons des XVIIe et XVIIIe siècles. Au no 101, maison du XVIIe siècle en partie remaniée aux XVIIIe et XIXe siècles. Au no 105, belle maison néoclassique édifiée à la fin du XVIIIe siècle en pierre de taille avec trois travées régulièrement percées. La façade compte quatre étages sous combles, une corniche très marquée, des baies agrafées, des bandeaux sculptés et des appuis de fenêtre Louis XVI. Au no 109 et au no 66 rue de l'Arbre-Sec : maison XVIIe présentant un fruit considérable, qui aurait appartenu à François Barnom, barbier de Louis XIV (selon Rochegude). Garde-corps en fer forgé.

pastille 10 111 rue Saint-Honoré – 53 rue de l’Arbre-Sec
111 rue Saint-HonoréAncienne fontaine de la Croix-du-Trahoir, petit monument édifié en 1776 par Soufflot pour remplacer une fontaine du XIVe siècle. Ouvrant sur la rue Saint-Honoré la maison haute de deux étages avec un attique très bas surmonté d'une balustrade de pierre, présente deux travées sur la rue Saint-Honoré et une sur la rue de l'Arbre-Sec. Le rez-de-chaussée est orné de refends, alors que les étages présentent un décor de “congélations” souvent utilisé pour l'ornementation des fontaines. Sur la rue Saint-Honoré, Boizot a sculpté un bas-relief représentant une nymphe, dans le goût de la Renaissance. La fontaine, elle-même, sur la rue de l'Arbre-Sec, est inscrite dans une niche plate portant les armes royales de France. L'eau jaillit d'une tête de lion et, passant par-dessus une serviette roulée sculptée en bas-relief, tombe dans une large coquille de pierre.


Puce urbanisme Rue de l’Arbre-Sec

pastille 11 52 rue de l’Arbre-Sec
52 rue de l?Arbre SecMaison réalisée par l'architecte Pierre-François Godot pour André Eynaud, marchand de vin du Roi. Elle est l'oeuvre la plus ancienne connue de Godot. Elle occupe l'emplacement de deux vieilles maisons qui menaçaient ruine, l'une à l'enseigne des Quatre fils Aymon, l'autre à celle de l'Hermitage. Cette reconstruction a été considérée comme un exemple typique de remembrement urbain. Le contrat passé avec l'entrepreneur Denis Morin est daté du 25 juin 1717. La construction fut un peu plus lente que prévue et le permis de balcon fut délivré par les Trésoriers de France le 30 décembre 1718. Les constructeurs se sont accommodés habilement de l'implantation des deux parcelles, qui est biaise par rapport à la rue. La façade sur rue s'élève sur arcades destinées à abriter des boutiques. Elle a gardé toutes ses ferronneries et surtout, sur presque toute sa largeur, un grand balcon au premier étage porté par des cartels et des consoles à tête de béliers et à ses extrémités des amortissements nervurés. La cour comporte des coins arrondis assouplissant les angles. La décoration est très sobre. Garde-roues et escaliers anciens (Louis XVI) conservés.

pastille 12 48 rue de l’Arbre-Sec
Ancien Hôtel de Saint-Roman, construit vers 1680, mais dont le nom est tiré de son propriétaire au XVIIIe siècle, Etienne de Serre de Saint-Roman, maître des Comptes et dont la famille conservera la propriété jusqu'en 1828. Il se distingue par son bel avant-corps avec sa porte cochère surmontée d'une fenêtre à fronton ornée d'une coquille. Un masque féminin décore la clé de voûte de la porte. Les fenêtres sont ornées d'appuis en fer forgé de la fin du XVIIe siècle de style Louis XIV. Le large déploiement de ses façades sur rues est un indice du développement commercial de la rue de l'Arbre-Sec au siècle de Louis XIV. Escalier ancien documenté à cette adresse (Lefeuve).


Puce urbanisme Rue Bailleul

pastille 13 2-4 rue Bailleul – 39-41 rue de l’Arbre-Sec
Maisons du XVIIe siècle, présentant sur la rue de l'Arbre-Sec des doubles lucarnes. Le soubassement (rez-de-chaussée, entresol) repose sur des piliers en pierre de taille.

pastille 14 6 rue Bailleul
Maison de la fin du XVIe siècle avec des lucarnes maçonnées et une lucarne feunière. Belle cour conservée avec ancien ouvrage hors-d'œuvre pour l'escalier.

pastille 15 8-10 bis rue Bailleul
Immeuble d'habitation édifié en 1781 par l'architecte Louis Catherine Bergevin pour le vicomte et la vicomtesse de Faudoas, "l'un des plus beaux du style Louis XVI à Paris, sous lequel on passait pour entrer dans la cour d'Aligre" (123 rue Saint-Honoré). Une restauration malencontreuse l'a fortement altéré, mais le projet subsiste, joint au permis de construire posé devant la chambre des Bâtiments (Arch. nat. Zij 1068). Présente des arcatures en plein cintre sur deux niveaux décorés de refends.


Puce urbanisme Rue Saint-Honoré (2e tronçon)

pastille 16 127-131 rue Saint-Honoré
Séquence de maisons d'origine des XVIIe et XVIIIe siècles. Au no 129, ancienne maison du XVIIIe siècle présentant une façade composée de trois travées de style Régence ayant conservé de remarquables appuis de fenêtre en fer forgé, mascarons et bandeaux.

pastille 17 121-125 rue Saint-Honoré
Séquence de maisons du XVIIIe siècle. Appuis de fenêtre en fer forgé fin XVIIIe au no 121 et Régence au no 123.

pastille 18 98-108 rue Saint-Honoré
106 rue Saint-HonoréSéquence cohérente de maisons des XVIIe et XVIIIe siècles. Au no 98, maison du XVIIIe siècle, l'une des plus hautes de la rue. Décor fin XVIIIe. Au no 100, façade flanquée de deux chaînes de refends. Aux nos 106-108, façades en pierre de taille composées de trois travées chacune. Appuis de fenêtre en fer forgé Louis XV. Au no 108, ancien hôtel de l'Ecouvelle - hôtel de Brissac. Remarquables appuis de fenêtre en fer forgé Louis XV sur des baies, soulignés de chambranles à crossettes. Belle porte cochère cintrée à vantaux en bois sculptés.


Puce urbanisme Rue Sauval

pastille 19 1 à 3 rue Sauval
Au 1 rue Sauval et 98 rue Saint-Honoré, grande maison à loyer présentant un décor néoclassique de la fin du XVIIIe siècle avec un premier étage présentant des baies en plein cintre régulières. Soubassement sans doute plus ancien en pierre de taille. Au no 3, maison Louis XIV présentant une façade composée de trois travées et de quatre étages carrés sur rez-de-chaussée. Soubassement en pierre de taille avec porte cochère. Baies cintrées soulignées de bandeaux plats portant des appuis de fenêtre en fer forgé conservés. Les nos 5 et 7 sont pour partie inscrits à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques. Le 5 est une maison Louis XIV avec des appuis au chiffre RR à l'enseigne de l'hôtel de Carignan vers 1700. Le 7 présente une belle façade avec des appuis de fenêtres vers 1730 au chiffre M.

pastille 20 2 à 10 rue Sauval
Au no 2, maison réputée être la maison natale de Molière. Chaînages d'angle. Travées feintes. Au no 4, appuis de fenêtre en fer forgé Louis XIV. Au no 6 : deux lucarnes passantes. Au no 8, remarquable porte cochère présentant un bel appareil de pierre et des vantaux à panneaux saillants du XVIIe siècle. Au no 10, maison du XVIIe siècle ; demi-croisées, porte centrée assez basse. L'ensemble constitue une séquence remarquable du XVIIe en grande partie conservée.

pastille 21 9 rue Sauval
Belle maison du XVIIe siècle présentant une élévation composée de trois étages carrés sur rez-de-chaussée. Soubassement en pierre de taille. Fruit sensible des façades. Ancres métalliques. Remarquables appuis de fenêtre en fer forgé conservés. Disposition dissymétrique des baies sur la rue Berger. Arcade cochère sur la rue Sauval.
Puce urbanisme Principaux repères bibliographiques

Jean-Pierre Babelon, Jacques de Sacy, Michel Fleury, Richesses d'Art du quartier des Halles, maison par maison, Paris, Arts et métiers graphiques, 1967
Michel Gallet, Les architectes parisiens du XVIIIe siècle, dictionnaire biographique et critique, éd. Mengès 1995
Marquis de Rochegude et Maurice Dumolin, Guide pratique à travers le Vieux Paris, Librairie édouard Champion, 1923

Mise à jour le : 09 mai 2012
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