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Parcours d'architecture

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Parcours d'architecture : un autre regard sur le patrimoine parisien

Parcours d'architecture

16e ardt - En descendant la butte Chaillot


La butte Chaillot
Dans sa diversité, ce parcours constitue un bon condensé de la richesse architecturale du 16e arrondissement. Il regroupe des réalisations monumentales de la Belle Epoque (hôtel de Polignac, Errazu, de la Trémoïlle), des hôtels particuliers plus confidentiels mais intéressants par la personnalité de leur commanditaire ou de leur concepteur (10-12 rue Chardin), des réalisations exemplaires de l’Art nouveau parisien (39 rue Scheffer, 7 rue Le Tasse), du modernisme de l’entre-deux-guerres (28 rue Scheffer par Henri Sauvage, 1 avenue Paul Doumer par J. Fidler et B. Lochak) et de l’architecture des “Trente Glorieuses” (25 avenue Paul Doumer par l’agence Anger-Puccinelli). Son tracé épouse la pente de la Butte Chaillot que les architectes ont mis à profit pour offrir de spectaculaires effets de perspective rue Le Tasse, avenue Camoëns ou encore rue de l’Alboni.


Puce urbanisme Parcours numéroté et descriptif des bâtiments remarquables 
Plan du parcours architectural, 16ème arrondissement
» Consulter le plan du parcours au format pdf (170 Ko)
Sur le plan, les pastilles rouges indiquent les édifices à observer.

Puce urbanisme Les caractéristiques architecturales de ces bâtiments :
 
Pastille 1 43 avenue Georges Mandel (angle 1-3 rue du Pasteur Marc Boegner)

Hôtel de Polignac, siège de la fondation Singer-Polignac, construit pour la princesse Edmond de Polignac née Winnaretta Singer par Henri Grandpierre en 1904. Dernière demeure néoclassique construite sur l’avenue Georges Mandel. Un escalier monumental, orné de niches et de colonnes placées sous un dôme percé d’une ouverture zénithale, mène à un ensemble de salons, dont l’un est une rotonde avec une frise. Marbre polychrome dans la salle à manger. La décoration du salon de musique a été réalisée par José Maria Sert. Le rez-de-chaussée est élevé sur un soubassement à refends et l’étage est couronné d’un toit-terrasse bordé d’une balustrade. Décor de pilastres ioniques.

pastille 2 5 rue du Pasteur Marc Boegner

Hôtel particulier de style éclectique dans le goût néo-Louis XIII en brique et pierre de la fin du XIXe siècle.
pastille 3 51, 57 et 57bis rue Scheffer
Bien que la cohérence du front bâti soit interrompue au droit d'un immeuble récent (no 53), les constructions sont de bonne qualité et mitoyennes d'une zone de lotissement protégée par le Plan local d'urbanisme. Le no 51 marque l'entrée de la villa Scheffer, comme les maisons situées aux 57 et 57bis, il est l'œuvre de l'architecte Albert Olezinski, successeur de l'architecte Auguste Tronquois, entre 1888 et 1891.

pastille 4 55 rue Scheffer
Hôtel particulier de style Art déco, présentant en façade d'importants vitraux du maître-verrier Louis Barillet conservés. L'immeuble d'origine date de 1891 et a été réalisé par l'architecte E. Barberot pour le compte du peintre Guillain. En 1930, l'hôtel-atelier est modifié par l'architecte-décorateur René Herbst pour le compte de la princesse Aga Khan. Tant par la personnalité de l'architecte, co-fondateur de l'Union des Artistes Modernes, que par celle de son commanditaire, il constitue un remarquable exemple d'aménagement des luxueuses résidences de l'entre-deux-guerres. Aménagement intérieur et vitraux illustrés dans la monographie de René Herbst par Guillemette Delaporte coédition Les Arts Décoratifs - Flammarion, 2005.

pastille 5 39 rue Scheffer

39 rue SchefferImmeuble de rapport construit en 1911 par Ernest Herscher en modern'style. Construit en blondes pierres de taille et briques vieux rose, il offre des verticales scandées de bow-windows destinés à mettre en valeur les toitures s'épanouissant en ombelles. La prolifération de balcons et balconnets bombés donne une consistance presque malléable à cette façade ornée de guirlandes de feuillage finement sculptées, attribuées à Pierre Séguin (l'agence de l'architecte était située à rez-de-chaussée avec entrée privative).

pastille 6 28 rue Scheffer

Immeuble de standing réalisé par l'architecte Henri Sauvage en 1928. L'immeuble est composé en redan autour d'une cour ouverte sur rue selon un parti pris identique à celui utilisé par Perret rue Franklin de retournement de la courette intérieure sur la rue. Cette retraite est ceinturée par une marquise en béton translucide qui coiffe les entrées, aussi atypique dans l'écriture de Sauvage que les massives balustrades en pierre des balcons, ajourées de ferronneries Art déco.

pastille 7 25 avenue Paul Doumer (angle 10 rue Scheffer)

Immeuble d'habitation réalisé en 1960 par les architectes Roger Anger et Pierre Puccinelli avec l'Oeuf centre d'études. L'angle du bâtiment est traité au moyen d'un fractionnement du volume, dans la première manière de l'agence Anger-Puccinelli. Le hall, conçu par l'Oeuf, est un chef-d'œuvre du genre, avec un tableau cinétique composé de petites pièces de bois et des fausses colonnes destinées à masquer les véritables points porteurs, qui sont néanmoins revêtus de marbre. Il s'agit de l'une des réalisations majeures d'Anger-Puccinelli qui manifestent leur rejet du dogme fonctionnaliste tel qu'il se présentait dans les années 50 et leur effort d'invention formelle et de fantaisie en relation avec l'art cinétique. Elle anticipe sur les réalisations de l'architecture parisienne des décennies suivantes.

pastille 8 2 rue du Commandant Schloesing (angle 19 place du Trocadéro et du 11 Novembre et 1 avenue Georges Mandel)
Porte d'entrée et salle d'attente du cimetière de Passy construite par l'architecte René Berger en 1934. Elles ont été construites dans le même esprit classicisant que les palais de l'Exposition de 1937. Ce réaménagement de la porte d’entrée a été occasionné par le percement de l’avenue Paul Doumer qui a amputé une partie du cimetière de Passy. La porte est composée d’un portique à colonnes encadré de deux pavillons et clos par des grilles du ferronnier Raymond Subes. Elle ouvre sur une salle d’attente placée dans l’axe du portique, avec marches, colonnes, frise et corniche saillante dans un style classique. Les trois bas-reliefs du pavillon du sculpteur Janthial représentent des figures en deuil drapées à l’antique. A l’intérieur, le revêtement est en marbre gris et les lampadaires en bronze.

pastille 9 1 avenue Paul Doumer (angle 39 rue Benjamin Franklin)

1 avenue Paul DoumerImmeuble d'habitation construit pour Madame Cierplikowski par les architectes Jean Fidler et B. Lochak entre 1935 et 1937. Cet édifice est une prouesse technique. Entièrement conçus au moyen d'une ossature béton, les deux derniers étages sont occupés par un hôtel particulier qui fera l'objet d'une publication en 1937 dans la revue Art et Décoration. La dernière dalle de béton est incrustée de pavés de verre. Le plan des étages montre deux grands appartements par niveau. Les planchers sont doublés et dotés d'un système de chauffage par le sol spécialement conçu. Le hall monumental, dont les murs sont lambrissés de contreplaqué, se développe sur deux niveaux. Il ouvre sur la voie publique par une porte en aluminium. Cette réalisation extrêmement soignée jusque dans ses détails (verres courbes, ferronneries…) constitue l'un des meilleurs exemples de l'architecture de luxe des années 30 et l'une des grandes réussites de Jean Fidler. Contemporaine de la reconstruction du Palais du Trocadéro en 1937, elle revêt une très grande importance dans le paysage de la butte Chaillot.
pastille 10 7 rue Le Tasse

Immeuble de rapport construit par l'architecte Louis Sorel en 1904-1905. Il s'agit d'un immeuble ne comportant que de grands appartements de huit pièces, un par étage. La brique rouge est mise en valeur par les cadres de pierre blanche des baies aux trois premiers étages. Elle couvre la totalité du quatrième, construit en loggia, et des deux étages supérieurs. Mais alors que les briques de remplissage des étages inférieurs sont rouges, à partir du quatrième, le mur est sur toute sa longueur en briques vernissées chamois rehaussées à intervalles réguliers d'une assise de briques vertes. Un bandeau de carreaux à dominante rouge marque le sommet de l'édifice à hauteur de l'avancée de toiture.
Les ferronneries sont de style Art nouveau et les sculptures sont de Pierre Seguin.
pastille 11 5-5bis rue Le Tasse

Hôtel de Madame Mathieu, actuellement occupé par l'ambassade du Maroc, œuvre de l'architecte René Sergent en 1908 et immeuble de rapport au no 5bis. Remarquable ensemble de style néoclassique situé à un emplacement exceptionnel et dans une séquence édifiée à la même époque. Bas-reliefs sculptés figurant des amours surmontant les baies en plein cintre du premier étage de l'hôtel de Madame Mathieu.

pastille 12 3 rue Le Tasse

Hôtel Clos construit par l'architecte René Sergent en 1907. Remarquable hôtel de la Belle Epoque de style classique et compris dans une séquence exceptionnelle de la même période.

pastille 13 1 rue Le Tasse

Hôtel Luis de Errazu édifié par l'architecte Walter-André Destailleur en 1903. Destailleur sut habilement tirer parti de l'escarpement du terrain. Le bâtiment exhaussé sur une plate-forme domine le paysage environnant. Il est de style néoclassique, conforme aux canons de l'époque. La façade percée de deux baies rectangulaires domine deux terrasses dont l'une fut transformée en jardin. L'élégant avant-corps de cette façade fut dessiné avec des décrochements harmonieux dans la tradition classique. Au rez-de-chaussée, il fut percé de baies en plein cintre surmontées d'agrafes et de feuillages. Des paires de colonnes ioniques flanquent la baie centrale. Le changement d'axe entre d'une part la porte cochère, le vestibule, la galerie et d'autre part, le hall, le grand salon, la salle à manger et un deuxième salon est habilement masqué par la présence du grand escalier. En fait, au centre du bâtiment, en rez-de-chaussée, l'existence du hall de plan ovale permit à l'architecte d'équilibrer sa composition sans que fut sensible le changement d'axe pour un visiteur attentif.

pastille 14 14 rue Benjamin Franklin (angle 7 avenue Camoëns)

Immeuble de rapport de style néo-Louis XV construit par l'architecte Albert Selonier en 1907. Les sculptures et les ferronneries d'inspiration rocaille ont été particulièrement soignées. Réalisation représentative de la production “haut de gamme” de cette agence d'architecture, à l'origine d'une production considérable avant la Première Guerre mondiale.

pastille 15 1 et 2 avenue de Camoëns (4 et 6 boulevard Delessert)

Immeuble de rapport de caractère monumental réalisé par l'architecte Henry Duray associé à Paul Marozeau en 1912. Avec son vis-à-vis, il forme une composition symétrique de part et d'autre de l'avenue Camoëns.

pastille 16 1 boulevard Delessert (angle 2 rue Chardin)

Hôtel de la Trémoille édifié en 1912 par l'architecte Paul-Ernest Sanson pour le duc de la Trémoille en style néo-Louis XVI. La contrainte de la très grande déclivité du terrain donne une situation dominante à l'hôtel et une allure de palais. La salle à manger est assez remarquable : boiseries attribuées à Gille-Maire Oppenord, provenant de l'ancien hôtel de Pomponne, place des Victoires, aujourd'hui démoli. Depuis 1936, il est la résidence de l'Ambassadeur de Yougoslavie.

pastille 17 10 rue Chardin

Hôtel particulier de style éclectique construit vers 1880 par l'architecte Eugène Monnier pour l'éditeur Alphonse Lemerre (éditeur des Parnassiens, de Raymond Roussel...).
La célèbre enseigne de la maison d'édition, l'Homme à la Bêche, est reproduite sur le linteau du portail d'entrée. Henri Pille et Paul Chabas ont décoré l'escalier. Le corps de logis est en retrait de la rue tandis qu'un jardin d'hiver surmonté d'une terrasse prolonge côté cour, la salle à manger.

pastille 18 12 rue Chardin

Hôtel particulier Dieulafoy construit par Joseph Vaudremer en 1895 pour l'archéologue orientaliste Marcel Dieulafoy, ancien collaborateur de Viollet-le-Duc. Vaudremer fait appel ici à un vocabulaire strictement rationaliste, destiné à mettre en valeur la structure : la pierre appareillée n'est employée qu'avec économie et le fer des linteaux des fenêtres de l'escalier est volontairement apparent. La pierre appareillée qui souligne les fenêtres ou l'emplacement de la cage d'escalier témoigne du souci de marquer la fonction des divers éléments de la façade. De la même façon, les larges tores séparant les étages et qui révèlent de façon didactique la structure intérieure de l'édifice, rappellent l'emploi qu'en a fait Viollet-le-Duc à la maison Courmont cinquante ans plus tôt. Certains détails témoignent cependant de l'évolution du vocabulaire rationaliste vers une plus grande fantaisie. Ainsi, les consoles supportant les plates-bandes avec filet de fer des petites fenêtres de l'escalier n'ont aucune utilité architectonique. Malgré tout, cette façade qui ne comporte aucun détail sculpté reste l'une des oeuvres les plus sobres de l'architecte.

pastille 19 7 rue Beethoven

7 rue BeethovenImmeuble d'ateliers d'artistes élevé en 1913 par l'architecte du port de Salonique, Georges Thirion. Il comporte une ossature en béton, du bois et du métal pour les huisseries des baies et de la brique comme remplissage. Une coupole ajourée coiffe le bow-window excentré et de minces colonnes en pierre scandent les verticales de l'édifice. Comme les autres ateliers comparables conçus par Thirion dans le 17e arrondissement, il a été construit par l'entreprise Hennebique. Immeuble publié in Bernard Marrey - Paul Chemetov, Architectures à Paris, 1848-1914, Dunod, 1985.

pastille 20 1 à 7 et 2 à 10 rue de l’Alboni

Dans un site au relief très accentué, un ensemble d'immeubles de rapport imposants construits entre 1898 et 1900 par l'architecte Léon Dauvergne, présentant des poivrières d'angle très marquantes dans les perspectives de la rue de l'Alboni. Une réalisation exemplaire conçue pour magnifier le paysage parisien dans la perspective de l’Exposition universelle de 1900.

Puce urbanisme Principaux repères bibliographiques

Luc Thomassin, Le 16e arrondissement, Itinéraires d’histoire et d’architecture, collection “Paris en 80 quartiers” éditée par la Délégation à l’Action Artistique de la Ville de Paris, 2000
Jean-Claude Delorme, Anne-Marie Dubois, Ateliers d’artistes à Paris, éditions Parigramme 2002
Marie-Laure Crosnier Leconte, Le Guide du promeneur du 16e arrondissement, édition Parigramme, 1995
Gérard Rousset-Charny, Les palais parisiens de la Belle Epoque, Délégation à l’Action artistique de la Ville de Paris, 1990
Guillemette Delaporte, René Herbst, pionnier du mouvement moderne, édition Flammarion/ Union Centrale des Arts Décoratifs, 2004
Alice Thomine, Emile Vaudremer 1829-1914, la rigueur de l’architecture publique, éditions A. et J. Picard, 2004
Sous la direction de Jean Colson et Marie-Christine Lauroa, Dictionnaire des Monuments de Paris, Nouvelle édition 2001, Hervas éditeur
Paul Chemetov, Bernard Marrey, Architectures à Paris 1848-1914, réédition Dunod, 1986
Paul Chemetov, Marie-Jeanne Dumont, Bernard Marrey, Paris-Banlieue 1919-1939 : Architectures domestiques, éditions Dunod, 1989 Philippe Siguret et Vincent Bouvet, Passy, Auteuil, Chaillot, le Bois de Boulogne, le Seizième arrondissement, Paris. H. Veyrier, 1982

Mise à jour le : 09 mai 2012
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