10e ardt - A travers le Faubourg Poissonnière - Paris.fr
 

«« retour

Sommaire

Parcours d'architecture

D'autres parcours à travers Paris

Partager | Imprimer | A+ | A- | A=

Parcours d'architecture : un autre regard sur le patrimoine parisien

Parcours d'architecture

10e ardt - A travers le Faubourg Poissonnière

A travers le Faubourg Poissonnière
Situé sur l’ancien “chemin des marées” par lequel arrivait le poisson depuis la mer du Nord, le faubourg Poissonnière, situé hors de l’enceinte de Charles V, est occupé par des congrégations religieuses à partir du XVème siècle. Le lotissement de ces terrains coïncide avec leur incorporation à Paris, à l’intérieur de la nouvelle enceinte des Fermiers Généraux à la fin du XVIIIe siècle.

A partir de 1770, Claude-Martin Goupy, architecte, entreprend le lotissement du faubourg. Plusieurs hôtels remarquables, bâtis au début de la période néoclassique, subsistent encore aujourd’hui. Le développement du faubourg prend un nouvel essor dans la première moitié du XIXe siècle. Le percement des rues d’Enghien et d’Hauteville, à la fin du XVIIIe siècle, est achevé et permet l’édification de nombreux immeubles.
Autrefois close de grilles à chacune de ses extrémités, cette opération est exemplaire de l’urbanisme harmonieux de la Restauration. La fin de la Monarchie de Juillet marque cependant le début du déclin qui s’accélère avec le changement de fortune des Grands Boulevards dès le Second Empire et la reconversion du quartier dans l’activité.


Cette décadence ajoutée à l’encombrement croissant du quartier et à la dégradation de ses qualités d’habitation explique que l’on ait longtemps perdu de vue son incontestable valeur patrimoniale et sa qualité de témoin dans l’histoire de l’urbanisme parisien.

Ce n’est que dans les deux dernières décennies, que des études, des expositions, et une lente mais réelle transformation du quartier allant de pair avec celle des Boulevards, est venue réveiller “la Belle endormie”.


Puce urbanisme Parcours numéroté et descriptif des bâtiments remarquables 
Plan du parcours architectural, 10ème arrondissement


» Consulter le plan du parcours au format pdf (169 Ko)
Sur le plan, les pastilles rouges indiquent les édifices à observer.
Les caractéristiques architecturales de ces bâtiments :
Pastille 113 rue du Faubourg Saint-Denis


13 rue du Faubourg Saint-DenisMaison à loyer du XVIIIe siècle. Façade en pierre de taille d'aspect Louis XV cantonnée par deux chaînes et présentant trois travées et quatre étages carrés sur rez-de-chaussée. Baies cintrées avec clé saillante. Premier étage orné d'appuis de fenêtre en fer forgé.


pastille 2 17 rue du Faubourg Saint-Denis

Maison à loyer du XVIIIe siècle avec appuis de fenêtre en fer forgé Louis XV conservés. Porte cochère à vantaux en bois.


pastille 3 19 rue du Faubourg Saint-Denis


Maison à loyer de la seconde moitié du XVIIIe siècle avec porte cochère à vantaux en bois XVIIIe et appuis de fenêtre en fer forgé conservés.


pastille 4 23 rue du Faubourg Saint-Denis


Maison à loyer de la seconde moitié du XVIIIe siècle avec porte cochère à vantaux en bois XVIIIe et appuis de fenêtre en fer forgé conservés.


pastille 5 31 à 33 rue du Faubourg Saint-Denis angle rue de l’Echiquier


31-33 rue du Faubourg Saint-DenisMaisons à loyer de la fin du XVIIIe siècle. Appuis de fenêtre en fer forgé Louis XVI. Au no 33, haute maison se retournant au 1 rue de l'Echiquier et présentant une élévation de quatre étages carrés sur rez-de-chaussée et entresol. Au no 31, façade composée de trois travées et de trois étages carrés sur rez-de-chaussée.


pastille 6 39 rue du Faubourg Saint-Denis


Maison à loyer vers 1800. Façade très sobre sur rue composée de six travées et cinq étages carrés sur rez-de-chaussée. Appuis de fenêtre à motif d'ogive.


pastille 7 41 rue du Faubourg Saint-Denis


Maison à loyer vers 1800. Façade sur rue composée de trois travées et cinq étages carrés sur rez-de-chaussée. Appuis de fenêtre Louis XVI soutenus par des consoles. Traits de refends dans l'enduit. Porte piétonne dont le vantail porte le chiffre “R”. Corniche à denticules.


pastille 8 16 rue d’Enghien


A la place du no 16, dans le quartier traditionnel de la presse, se trouvaient depuis 1876 la rédaction et l’imprimerie du journal Le Petit Parisien. A partir de 1885, le journal occupa aussi les immeubles nos 18 à 22 qui furent réadaptés à leur nouvelle fonction par l’architecte A. Morsent. La façade en brique est divisée par deux pilastres en pierre dont les chapiteaux sont décorés de têtes de lion et au-dessus desquels nous pouvons voir les deux P. Les arcatures aussi bien que les fenêtres du premier étage sont ornées de motifs géométriques en céramique rouge et bleue.
Les deux derniers étages sont marqués par six verrières cintrées à armature de fer. Les fines colonnettes en fonte qui relient les baies sont ornées de mosaïques à fond or. Le Petit Parisien a fermé ses portes en 1944 et depuis cette année ses bâtiments sont occupés par diverses imprimeries et entreprises de presse. Une partie de l’ensemble, correspondant au no 18, fut aménagée en 1982 pour abriter une salle de théâtre qui a été fermée cinq ans après son ouverture.



pastille 9 26 rue d’Enghien


Immeuble de rapport construit par l'architecte Rivière en 1850. Immeuble très bien conservé présentant une remarquable façade très représentative du style Louis-Philippe avec ses pilastres, ses frises, ses frontons sculptés dans la pierre, sa porte en plein cintre qui témoignent d'un goût pour l'ornementation avec des emprunts et des références historiques multiples.


pastille 10 27 rue d’Enghien


Immeuble de rapport construit en 1845 par l'architecte Francis Equer. Il s'agit d'un type excellemment conservé d'architecture de style Louis-Philippe manifestant le retour à l'honneur d'une décoration abondante en façade, avec ses trois travées centrales, encadrées de chaînes de refends, qui empruntent au vocabulaire de la Renaissance et de l'architecture aristocratique. Garde-corps en fonte. Porte cochère en plein cintre à vantaux en bois sculptés.


pastille 11 21 rue d’Hauteville


Immeuble de rapport de style Louis-Philippe construit par les architectes J. M.-V.Viel et Tony Desjardins. Elevé en même temps et pour le même commanditaire que le no 23, il n'a conservé en façade que son soubassement d'origine, avec un porche flanqué de pilastres polygonaux et surmonté d'une frise. Façade originale reproduite in Parallèle des maisons de Paris depuis 1830 jusqu'à nos jours, par Victor Caillat, architecte, B. Bance, éditeur, Paris, 1850.


pastille 12 23 rue d’Hauteville


Immeuble de rapport de style Louis-Philippe construit par les architectes J. M.-V.Viel et Tony Desjardins. Il est traité comme le no 21 à l'origine dans un style néo-Renaissance. Avant-corps central de trois travées. Les deux travées latérales sont couvertes de frises et d'encadrement de pierre abondamment sculptés. Il comporte aussi un étagement original de colonnes, soit polygonales, soit corinthiennes et cannelées sur un socle à losanges et fleurons, soit composites avec un chapiteau habité par un marmouset et un fût orné d'arabesques, de vases et de motifs végétaux.
Porte cochère à vantaux en bois conservés. L'immeuble, dont la façade a fait l'objet de nombreuses publications, fournit une exceptionnelle illustration de la vogue vers 1840-1850 de l'ornementation de style historique et maniériste des façades et des décors. Façade originale reproduite in Parallèle des maisons de Paris depuis 1830 jusqu'à nos jours, par Victor Caillat, architecte, B. Bance, éditeur, Paris, 1850.


pastille 13 25 rue d’Hauteville


Immeuble de rapport Louis-Philippe. Longue façade en pierre de taille cantonnée par des chaînes de refends et composée de sept travées et de trois étages carrés sur rez-de-chaussée et entresol. Soubassement orné de bossages. Porte cochère en plein cintre englobant les deux premiers niveaux et ornée d'une console à la clé. Baies du premier étage surmontées de frontons plats soutenus par des consoles. Balcon au-dessus de la porte cochère orné d'une belle grille de fonte à motifs de palmettes. Bandeau entre le premier et second étage orné de denticules. Corniche à modillons sous un étage en retiré desservi par un balcon filant. Appuis de fenêtre en fonte conservés. Cour d'activités.


pastille 14 1 à 13 et 2 à 12 rue Gabriel Laumain


Lotissement Restauration organisé autour d'une voie privée, réalisé à partir de 1820 et caractéristique de l'urbanisme parisien au début du XIXe siècle. Il est l'oeuvre du lotisseur du quartier de Grenelle, l'entrepreneur Jean-Baptiste Léonard Violet et fut édifié sur l'emplacement d'un hôtel construit par Ledoux. Le passage, anciennement dénommé passage Violet, était clos de grilles à chacune de ses extrémités.
Son architecture harmonieuse, de maisons à deux étages et six travées, couronnées de toits à la Mansart et entrecoupées de courettes, se voulait parfaitement symétrique.


pastille 15 46-48 rue du Faubourg Poissonnière

Maison à loyer Restauration d'écriture particulièrement élégante. Façade en pierre de taille. Porte cochère dans l'axe des cinq travées. Trois niveaux d'élévation sur le rez-de-chaussée sommé d'un balcon filant. Décor bien conservé. Persiennes.


pastille 16 50 rue du Faubourg Poissonnière


Hôtel Cardon édifié par l'expert-bourgeois Claude-Martin Goupy à partir de 1773-1774 pour le sculpteur et directeur de l'académie de Saint-Luc, Nicolas Vincent Cardon. Sa façade sur cour subsiste malgré des dégradations. Elévation animée d'une rotonde à pilastres composites. Le salon circulaire du rez-de-chaussée possède encore quelques éléments de décor ancien. Vœu de protection au titre des Monuments Historiques de la Commission du Vieux Paris en date du 9 novembre 1999. Claude-Martin Goupy, héritier de la charge paternelle de son père Martin Goupy, mena comme lui une double activité d'architecte et d'entrepreneur. Il édifia sur les plans de son père des casernes pour les Gardes-françaises à la Pépinière et au faubourg Poissonnière (1771-1775), le presbytère des Saints-Innocents (1770-1771) et spécula au faubourg Poissonnière sur des terrains acquis de la communauté des Filles-Dieu. Il devint ensuite l'architecte attitré du duc de Penthièvre.


pastille 17 52 rue du Faubourg Poissonnière


Hôtel construit par l'expert-bourgeois Claude-Martin Goupy vers 1775 pour Pierre Hyacinthe Deleuze, peintre-décorateur de l'académie de Saint-Luc. On remarque sur cour, les deux lucarnes feunières conservées se faisant face sur chacune des ailes. Claude-Martin Goupy, héritier de la charge paternelle de son père Martin Goupy, mena comme lui une double activité d'architecte et d'entrepreneur. Il édifia sur les plans de son père des casernes pour les Gardes-françaises à la Pépinière et au faubourg Poissonnière (1771-1775), le presbytère des Saints-Innocents (1770-1771) et spécula au faubourg Poissonnière sur des terrains acquis de la communauté des Filles-Dieu. Il devint par la suite l'architecte attitré du duc de Penthièvre.


pastille 18 56 rue du Faubourg Poissonnière


56 rue du Faubourg PoissonnièreImmeuble du Premier Empire sur rue construit en 1805-1810. La façade comporte deux étages plus un étage entresolé dont les trois amples arcatures formaient à l'origine trois arcades descendant jusqu'au sol et enfermant deux boutiques et le porche. Le peintre Jean-Baptiste Corot y mourut le 27 février 1875. En fond de cour, se trouve un hôtel construit en 1838 par François-Joseph Nolau pour les Delestre-Poirson. Il est en partie altéré par une marquise de ferronnerie et trois étages de surélévation en brique ajoutés au pavillon original d'un étage et entresol. Les baies de l'étage sont munies de balcon de pierre à balustres et flanquées de pilastres corinthiens cannelés à double bague. De curieux bandeaux à fond pourpre peints de blanches figures féminines dans un décor de feuillage les surmontent. Cet hôtel est connu pour avoir abrité vers le milieu du XIXe siècle la collection d'oeuvres d'art d'Alexandre-Charles Sauvageot, ancien premier violon de l'Opéra.


pastille 19 60 rue du Faubourg Poissonnière


Hôtel de Goys sur cour construit par l'architecte et maître-ornemaniste Jean-Charles Delafosse à partir de 1776 sur une parcelle issue du lotissement Goupy. Façade sur cour proche de celle de l'hôtel Titon derrière le bâtiment sur rue édifié par A. Aldrophe en 1882.
Elle se déploie au-dessus d'un perron sur lequel ouvrent trois portes-fenêtres, surmontées d'un fronton triangulaire et séparées par deux baies rectangulaires décorées d'un bas-relief de feuilles de chêne et d'olivier. Le style de l'architecte est notamment reconnaissable dans le boudoir ovale. Delafosse fut aussi l'architecte de l'hôtel Delbarre au 58 rue du Faubourg Poissonnière et dont les façades sur cour sont inscrites à l'Inventaire Supplémentaire. Il fut formé à l'Académie de Saint-Luc où il était adjoint au professeur de géométrie et de perspective en 1775. Son existence s'est écoulée entre le quartier Poissonnière et le faubourg Saint-Martin.
Il est l'auteur d'une “Nouvelle Iconographie historique” parue sous forme de Cahiers regroupant des estampes à partir de 1768.


pastille 20 62 rue du Faubourg Poissonnière


Remarquable maison du début du XIXe siècle à décor néoclassique. Façade cantonnée par deux chaînes de refends et composée de cinq travées et de quatre étages carrés sur rez-de-chaussée. Décor très caractéristique : bandeau orné d'une frise de grecque. Frontons plats ornant les baies. Appuis de fenêtres soutenus par des consoles en quart de cercle et garde-corps à motifs géométriques. Porte exceptionnelle en plein cintre à vantaux et tympans en bois soigneusement sculptés de motifs néoclassiques.

Et aussi à proximité…


pastille 21 32-34 rue du Faubourg Poissonnière


Deux maisons adjacentes construites respectivement en 1773 (no 32) et 1776 (no 34) et formant à l'origine un même ensemble, propriété du marbrier Leprince. La réalisation en est attribuée à son frère. Le no 32 se distingue par les quatre panneaux sculptés surmontant les quatre hautes fenêtres de son étage noble. Les deux tableaux centraux représentent de jeunes femmes environnées d'amours, tandis que les deux cadres latéraux les représentent dans un décor de vases et de fruits. On y retrouve le goût de la fin du XVIIIe siècle pour l'évocation de l'antiquité classique. La maison du no 34 s'ouvre sur un vestibule décoré de pilastres cannelés menant à deux beaux escaliers : au premier palier de l'escalier de droite, entre des pilastres, se tient une statue à l'antique, décapitée.


pastille 22 15-17 rue du Faubourg Poissonnière (9e arrondissement)


Central téléphonique “Bergère-Trudaine” construit en 1913 par l’architecte François Le Cour. Ce bâtiment comporte une ossature très transparente construite en brique et en ciment armé. Le bâtiment, principalement en raison de son mur-pignon souvent qualifié de “munichois”, a provoqué un véritable scandale au moment de sa construction. De fait, la composition de l’ensemble, dans un désir de clarté qui vise à exprimer en façade la destination duelle du bâtiment – salle multiple sur la rue Bergère et simples bureaux sur la rue du Faubourg Poissonnière – aboutit à la constitution d’un objet aujourd’hui encore déroutant. Par cet angle non articulé et comme rendu aveugle par l’immense pan de briques opaque, François Le Cour ne se rattache ni à la tradition de l’immeuble d’angle continu, ni à celle de l’angle mis en valeur par un traitement pittoresque. La brutalité de la composition du central téléphonique de la rue Bergère incarne, sans doute pour la première fois avec une telle violence dans le cadre d’un immeuble parisien, une esthétique radicalement nouvelle autorisée par la maîtrise du ciment armé. L’immeuble bénéficie depuis 1999 d’une inscription à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques.


pastille 23 12 rue du Faubourg Poissonnière


Immeuble de rapport de style Louis-Philippe construit en 1838-1839 et portant la signature de l'architecte Virgile Meslin. Construit en pierre de taille, il présente un décor très caractéristique de l'époque avec ses pilastres néo-grecs, ses chambranles sculptés, ses mascarons, ses appuis de fer forgé. Il présente en outre la caractéristique d'être l'un des premiers immeubles parisiens daté et signé en façade.


pastille 24 10 rue du Faubourg Poissonnière


Immeuble commercial de quatre étages carrés sur rez-de-chaussée et de trois travées construit en 1899 par les architectes Auguste et Gustave Perret. Construit à l'emplacement de l'Alcazar d'Hiver, ce bâtiment est conçu pour le commerce à l'exception du quatrième étage et du comble divisés en appartements et en chambres pour le personnel des magasins et des bureaux. De facture encore classique, il présente sur la rue une façade à trois porches entresolés, dont deux occupés par une boutique, s'élevant sur quatre étages. La façade est fortement structurée sur toute sa hauteur par quatre pilastres d'ordre colossal coupés par leurs chapiteaux entre le deuxième et le troisième étage et se termine par un balcon courant le long de l'étage en attique, occupé par des appartements. Les fenêtres sont divisées en panneaux rectangulaires par des armatures métalliques.

Puce urbanisme Principaux repères bibliographiques
Jean-Baptiste Minnaert, Sylvie Marchand, Céline Renard, Faubourg Poissonnière, patrimoine architectural et urbain, rapport final, direction de l’Aménagement urbain et de la Construction de la Ville de Paris, mai 2000
Pascal Etienne, Le Faubourg Poissonnière, architecture, élégance, décor, Délégation à l’Action artistique de la Ville de Paris éd., 1986
Michel Gallet, Les architectes parisiens du XVIIIe siècle, dictionnaire biographique et critique, éditions Mengès, 1995

Mise à jour le : 09 mai 2012
La carte de Paris - nouvelle fenêtre

La carte de Paris