|
|
A+ | A- | A=
L'aménagement du quartier des Halles
Les Halles d'hier à aujourd'hui
Mille ans d'histoire
Au XIIe siècle, les Halles de Paris furent établies sur « les Champeaux » ou « Petits Champs » qui étaient d'anciens marécages.
Quelques années plus tard, Philippe-Auguste acquit l'entière propriété des terrains en payant une redevance à l'évêché de Paris. C'était comme un « bazar » immense où, sur des emplacements spéciaux, se vendaient des denrées alimentaires, du textile, des chaussures, de la mercerie… Les marchands s'installaient sous des abris particuliers proches des maisons où se trouvaient les commerces fixes des fabricants. C'est ainsi que la rue de la Grande Friperie était le lieu des commerces de fripes. Progressivement, d'autres marchands vinrent s'installer autour de ceux qui avaient déjà leur emplacement.
Compte tenu de l'augmentation des échanges, Philippe Auguste fit construire les premières halles pour les drapiers et tisserands, mais le marché continua de s'étendre, de telle sorte qu'à partir du XVIe siècle on envisagea sa réorganisation et l'élargissement des voies.
Une émission d'Apostrophe de 1987 explore le Paris de Philippe Auguste
On fit bâtir des maisons avec généralement, à rez-de-chaussée, des portiques ou galeries couvertes connues sous le nom de « piliers des Halles » qui disparurent lors de la construction des pavillons Baltard. En raison des encombrements du marché des Halles, on édifia encore, de 1763 à 1767, « la Halle au blé » sur l'emplacement de l'hôtel de Soisson dont on conserva la colonne astronomique de Catherine de Médicis enchâssée dans le pourtour de l'édifice devenu la Bourse de Commerce.
En 1789, le cimetière des Innocents situé à proximité, entre les rues Saint-Denis, de la Lingerie, de la Ferronnerie et aux Fers fut à son tour aménagé en marché aux fleurs, fruits et légumes.
La Révolution française, puis l'Empire modifièrent la conception urbaine de la ville. Le cœur de Paris souffrait de problèmes d'hygiène et de sécurité et l'on commençait à s'interroger sur l'approvisionnement de la capitale.
En 1808, Napoléon Ier entreprit une réorganisation cohérente des marchés couverts et élabora une réglementation sur l'abattage des animaux. Il projeta de faire construire une halle centrale entre le marché des Innocents et la Halle au blé.
Malgré tout, dès 1830, les problèmes de circulation et d'hygiène ressurgirent, ce qui incita le préfet Rambuteau à créer, en 1842, la Commission des Halles qui avait pour mission d'étudier l'intérêt de garder les Halles à leur emplacement ou bien de les déplacer. Le concours d'architecte lancé en 1848 fut remporté par Victor Baltard qui projeta d'édifier douze pavillons couverts de vitrage avec des parois en verre et des colonnettes en fonte. Dix pavillons furent construits entre 1852 et 1870.
La construction des deux derniers s'acheva en 1936.
L'insuffisance des surfaces disponibles, enserrées dans l'étau des nouvelles constructions édifiées lors de la rénovation du Second Empire, la saturation de la circulation, les problèmes d'hygiène et de fonctionnement du marché, face à la croissance de la population de Paris et de sa région et de ses besoins conduisirent à décider, en 1963, du transfert de toutes les activités du marché de gros des Halles vers Rungis et vers La Villette.
Les Halles, la fin d'une époque : reportage sur le trou des Halles en 1973



