Le témoignage de Corinne - Paris.fr
 

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Le Département de Paris recrute des assistants familiaux

Des témoignages d'assistantes familiales

Corinne D (92)
Le témoignage de Corinne

J’ai 52 ans et je suis assistante familiale depuis 30 ans. J’ai choisi ce métier car, je voulais élever mes enfants et avoir un revenu qui me permette d’être indépendante.
En outre, j’ai toujours ressenti le besoin d’aider les autres (mon projet initial était de faire de l’humanitaire, mais en couple avec enfants, cela n’était pas réalisable).
Ce que j’ai trouvé également intéressant à travers ce métier, c’est le suivi constant des enfants que l’on accueille, cela permet de voir les résultats obtenus car généralement les placements sont assez longs.
J’ai d’ailleurs accueilli deux jeunes de la petite enfance à l’âge adulte, je peux donc faire un bilan de ces deux placements qui sont très différents :


Corine

J’ai reçu Corine à l’âge de 4 ans, c’était une enfant très attachée à sa maman et réciproquement. Le placement devait donc durer peu de temps, mais la maman ayant des problèmes essentiels, les visites se sont espacées jusqu'à devenir inexistantes.
Avec l’équipe éducative, nous avons donc dû gérer l’abandon et la place de Corine dans la famille. Ce fut long et assez difficile. L’adolescence fut marquée par des passages de grande tristesse et des excès de colère et de mauvaise humeur.
C’est dans ces moments qu’il faut toujours avoir à l’esprit que le jeune réagit ainsi parce qu’il est malheureux, que ce n’est pas contre nous, que ce n'est pas l’éducation que nous lui donnons qui est en cause. Il faut aussi prendre beaucoup de recul et ne pas se laisser dépasser par l’affect.
Il est également indispensable d’établir des règles et de s’y tenir : par exemple au niveau des études, il faut avoir des exigences et être souple en même temps ; il faut écouter le jeune et répondre à ses aspirations. Corine a redoublé sa classe de 3ème et n’a obtenu aucun résultat satisfaisant. Il a fallu trouver ensemble une solution qui lui convienne et un projet qu’elle soit capable de mener à terme.
Aujourd’hui Corine à 37 ans, elle est assistante de Direction et a deux enfants qui m’appellent « mamie ». Donc malgré beaucoup de difficultés, qu’il a fallu gérer, le bilan est très positif et je me sens gratifiée.

Arnaud
Je dirai peu de chose du placement d’Arnaud car on aborde le handicap, Arnaud étant trisomique. A l’époque, nous étions peu nombreuses à accueillir ces enfants et l’équipe et moi avons découvert cet univers ensemble. Il a fallu de l’adaptation, beaucoup d’observation et de patience, pour mener à bien ce placement.
Aujourd’hui, Arnaud à 20 ans, il travaille en ESAT (établissement et service d’aide par le travail) et va entrer dans un foyer, afin de vivre sa vie d’adulte (tout en restant en lien avec sa famille d'accueil).
Ces deux exemples démontrent que l’on peut être confronté à des situations très différentes dans notre vie professionnelle.
Avec le recul, l’approche du handicap à été une vraie richesse sur le plan humain et une autre vision de la différence. Cependant, je tiens à préciser que le handicap était un choix, choix mûrement réfléchi et mon expérience professionnelle a été un avantage pour accompagner au mieux Arnaud.
A travers ces années de quotidien, cette routine, "ces imprévus-prévus", il est important de constater que notre métier est polyvalent et non statique.
Par ce témoignage, j’avais envie de partager un peu de mon expérience aux femmes qui veulent exercer ce métier : il est difficile, prenant, mais également très satisfaisant.

Mise à jour le : 31 juillet 2012
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