«« retour

Sommaire

Partager | Imprimer | A+ | A- | A=

Paris à l'horizon 2025

Concurrence ou développement économique partagé ? (25 avril 2005)

Textes des principales interventions
Robert LIPSCOMB
Robert Lipscomb au séminaire « Paris à l’horizon 2025 » 25 avril 2005
président de Cushman & Wakefield Healey & Baker
Parmi les principaux atouts de la région parisienne, on peut citer la taille du marché immobilier de bureaux dans les trois zones importantes : Paris intra muros, la proche banlieue, et la deuxième couronne où la répartition est bien équilibrée : sur 47,5 millions de m², 15 millions pour Paris intra muros et 15 millions pour la proche banlieue. Il s'agit de très loin de la plus grande zone de bureaux en Europe : même le grand Londres ne compte que 20 millions de m². À l'intérieur de cette zone, il convient évidemment de citer La Défense, avec ses 3,5 millions de m², qui constitue le premier parc de bureaux européen.
Il n'est donc pas surprenant de trouver une grande diversité de produits sur le plan géographique, qualitatif, architectural ou financier. Le choix d'une implantation par une entreprise résulte de la prise en considération d'une multiplicité de facteurs, qui varient selon l'activité et les besoins spécifiques de l'utilisateur. Dans les études annuelles, Paris bénéficie d'une bonne image pour l'ensemble des facteurs et se trouve en première position pour l'organisation des événements, en deuxième position pour la qualité de ses transports, des télécommunications et de la disponibilité d'un personnel qualifié et en troisième position, pour la facilité d'accès au marché. Paris est en deuxième place du classement général, derrière Londres.
La grande majorité des entreprises étrangères est implantée en zone dense, c'est-à-dire plus ou moins dans Paris intra muros et la proche banlieue. L'un des avantages du marché intra muros est la mixité de son parc immobilier entre bureaux, commerces et habitations, même dans le quartier d'affaires principal. La City de Londres, affectée presque exclusivement aux bureaux n'offre donc pas d'équivalent. D'ailleurs, le marché parisien se caractérise par un certain nombre de micromarchés - Montparnasse ou la Gare de Lyon - où l'on trouve des ensembles de bureaux modernes et généralement de bonne qualité. On peut citer également l'opération Seine Rive Gauche, où les entreprises souhaitant garder une présence parisienne peuvent trouver des bureaux correspondant à des normes internationales. Ainsi, cette zone permet un certain rééquilibrage par rapport à La Défense, qui a jusqu'ici renforcé la tendance vers l'ouest. En revanche, la protection accordée, à juste titre, à l'architecture parisienne, n'a pas que des avantages : les immeubles haussmanniens transformés en bureaux offrent des surfaces prestigieuses mais rarement fonctionnelles.
Sur le plan financier, Paris est en tête de liste sur le continent européen pour le coût de ses bureaux, mais elle est loin derrière sa rivale, Londres, où les coûts sont près de deux fois plus élevés. En ce qui concerne les investisseurs institutionnels, l'attractivité de la région parisienne n'est plus à prouver, comme le montre une étude récente sur les investissements étrangers en immobilier d'entreprise. Depuis 10 ans, la présence des étrangers est particulièrement marquée. 80 % des investissements immobiliers en France en 2004 se font en région parisienne, 59 % par des investisseurs étrangers. Sur le marché londonien, où le volume des transactions est plus important, la part des étrangers est seulement de 20 %. Londres est fortement dominé par le secteur financier, alors que le marché parisien, plus équilibré, est par conséquent moins volatil.
D'autres aspects sont moins positifs néanmoins : au classement des trente premières villes d'Europe, Paris affiche régulièrement un mauvais score pour le climat créé par le Gouvernement, notamment la lourdeur administrative et la fiscalité contraignante. L'étude du cabinet Ernst & Young retrouve ces conclusions pour l'Ile-de-France, du fait de la lourdeur et de la complexité de sa fiscalité locale. Or, Dublin, Madrid, Barcelone, Bruxelles, et même Londres, jouissent d'une bonne réputation sur ce plan.
Par ailleurs, Paris et la région parisienne peuvent se féliciter de la qualité de leur parc immobilier qui contribue de manière significative à l'attractivité de la région et est un formidable atout pour promouvoir Paris à l'étranger.
Mise à jour le : 09 novembre 2010
La carte de Paris - nouvelle fenêtre

La carte de Paris