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Paris à l'horizon 2025

Acteurs et partenaires de Paris : une vision capitale (22 mars 2005)

Textes des principales interventions
Régis BAUDOIN
Régis Baudoin © Mairie de Paris DDATC / Dolce Vita
directeur général de l’Agence Régionale de Développement

Je vous présenterai un état de l’attractivité de la région Ile-de-France, telle qu’elle peut être perçue au plan international.

Les principales métropoles sont en concurrence pour attirer les activités économiques, les acteurs, mais aussi les grands événements internationaux, comme l’actualité récente le démontre. Cette concurrence est particulièrement forte en Europe, avec une homogénéisation de l’environnement économique et une intégration croissante du grand marché. C’est pourquoi il est indispensable de suivre régulièrement la position concurrentielle de l’Ile-de-France, non seulement pour l’Ile-de-France mais aussi pour la France, puisque certaines fonctions n’existent en France que dans la région parisienne.


Globalement, notre position reste privilégiée, mais certaines dynamiques ont plutôt joué négativement ces dernières années. Nous devons d’autant plus veiller à maintenir notre position que les métropoles de taille moyenne, de 3 à 5 millions d’habitants, comme Bruxelles, certaines villes allemandes ou Stockholm, sont des points d’attraction particulièrement compétitifs.


Quels que soient les critères, nous nous situons soit en première, soit en deuxième position en Europe. Certains classements relèvent d’un effet de taille. En matière de population, nous sommes une des trois grandes métropoles européennes avec Londres et la zone de la Ruhr et, de ce fait, mécaniquement avantagés sur un certain nombre de facteurs : nous avons plus d’entreprises de rang international qu’une métropole de 2 ou de 3 millions d’habitants. Néanmoins, ces effets de taille ayant des conséquences objectives, il est justifié de faire apparaître ces classements comme des atouts.

La photographie instantanée 2004-2005 montre que l’Ile-de-France « tient bien son rang » dans toute une série de domaines. On apprécie le poids de l’Ile-de-France en matière de centres de décision à partir de deux indicateurs :

• Les organisations internationales, qui mesurent le rayonnement et une capacité d’attraction : par définition, elles ont un champ, une empreinte internationale. Dans le classement mondial, nous nous situons au deuxième rang derrière Bruxelles. Cette position ne tient pas seulement au nombre d’organisations, il prend en compte notamment le nombre et la taille très différente de ces organisations. Entre une petite organisation internationale et la Communauté européenne, il y a un grand écart. Au plan mondial, ce classement nous situe de manière très privilégiée. L’Europe est vraiment le centre majeur en matière d’organisations internationales, ne serait-ce que par son organisation interne.

• Le classement du magazine Fortune des 500 plus grandes entreprises mondiales.

Nous suivons attentivement comment se hiérarchisent les différentes villes dans le monde en matière de sièges de sociétés. Paris est extrêmement bien placé, pour trois raisons majeures : huit siècles de centralisation depuis Philippe le Bel font que l’essentiel des grandes sociétés françaises a son siège à Paris au sens large ; les entreprises françaises ont bien tiré parti de la mondialisation depuis vingt ans et un grand nombre est bien placé dans ce classement ; l’internationalisation des grandes entreprises françaises, ne s’est pas traduite jusqu’à présent par une remise en cause de leur lieu de décision. Nous sommes deuxième au monde derrière Tokyo et assez largement en tête en Europe.

À ces éléments objectifs, il est important d’apporter un complément en matière d’image, qui peut être considérée comme une appréhension du futur. Le cabinet immobilier Cushman & Wakefield qui établit chaque année un classement fondé sur l’interview des dirigeants d’entreprises internationales, montre de manière constante un « tiercé » Londres Paris Francfort. Trois atouts majeurs sont mis en évidence sur Paris : l’accessibilité du marché, la disponibilité, la profondeur du marché de la main-d’œuvre – comme l’a évoqué le représentant de Bouygues Telecom – et la qualité des infrastructures physiques et immatérielles de transports et de télécommunications.


On peut également apprécier notre niveau d’attractivité et de compétitivité à travers le flux d’implantations nouvelles. Concernant le flux d’investissements et de nouvelles entreprises internationales, nous sommes assez loin derrière Londres et sérieusement concurrencés en particulier par la Catalogne. Si l’on distingue la nature d’activités, la concurrence se développe sur certains créneaux avec l’Irlande, qui est extrêmement compétitive en matière de centres de recherche, son PIB se situant actuellement, en valeur absolue, au deuxième rang européen après le Luxembourg. On voit donc pointer certaines dynamiques négatives dont il faut tenir le plus grand compte.

La réaction mise en place pour conserver à l’Ile-de-France son attractivité se fonde sur un argumentaire spécifique. Nous ne sommes pas seulement la capitale de la France, ce qui a été longtemps notre argument principal. Nous sommes une grande région métropolitaine en Europe et nous devons être capables d’articuler un discours spécifique, qui ne soit pas seulement décalé du discours français. À cet égard, le développement de pôles de compétitivité avec l’appui de la Région, des collectivités départementales et de la Ville de Paris est assez prometteur. Cela rend possible la mise en place d’un discours propre, clair et de rang international sur les atouts et les actifs de l’Ile-de-France.


lien vers le site de l’Agence Régionale de Développement

Mise à jour le : 09 novembre 2010
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