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Paris à l'horizon 2025

Gouvernance et projets métropolitains (4 juillet 2005)

Textes des principales interventions
Pierre MANSAT
Pierre Mansat au séminaire « Paris à l’horizon 2025 » 4 juillet 2005

adjoint au Maire de Paris, chargé des relations avec les collectivités territoriales d’Ile-de-France
Une de nos vraies difficultés est que nous n’avons pas cette culture commune, cette culture de la métropole et que les modes de pensée, surtout de pensée politique, sont extrêmement imprégnés d’enjeux qui ne sont plus ceux du présent, ceux du rapport du centre à la périphérie. Or, ils se posent de façon très différente désormais, et nous devons accélérer le mouvement et l’intelligence politique. Dans le passé, Paris et l’ensemble des autres collectivités de la région se tournaient plus ou moins le dos. Certains espaces de travail en commun fonctionnaient, par exemple sur l’assainissement ou le traitement des déchets, mais sans être mutualisés et sans produire de culture politique commune.
Pour relever les défis de la métropolisation, par exemple à travers la révision du schéma directeur d’Ile-de-France, on est obligés de casser ces logiques de la ville centre face à une périphérie qui est sans fin.
C’est dans ce sens que nous avons essayé de travailler, d’une façon très pragmatique, en essayant d’acquérir une culture commune. Nous avons fait l’expérience qu’on se trouve dans l’ignorance commune et partagée de qui sont les uns et les autres, aussi bien les Parisiens vis-à-vis de tous les autres que les autres vis-à-vis de Paris. C’est une méconnaissance sociale, une méconnaissance des mécanismes, des flux et une méconnaissance des parcours résidentiels. Cet état des lieux qui a été fait depuis 2001 est le résultat d’une histoire.
Pour nous, c’est un processus d’acquisition essentiel d’un minimum de connaissances communes. Pour avoir une culture commune, il faut se parler et pour cela définir un langage, un dictionnaire, des outils communs de connaissance. Ce n’était pas le cas et on essaie de s’y attacher, avec des protocoles de coopération entre Paris et les communes voisines, entre Paris et les départements voisins. Par exemple, jusqu’en 2001, le Maire de Paris, comme président du conseil général et comme maire de Paris, n’avait jamais rencontré, ès qualités, un président de conseil général voisin. Et il n’avait jamais rencontré le président du conseil général des Hauts-de-Seine à ce titre-là, c’est-à-dire pour parler des rapports d’un département, d’une collectivité importante voisine de Paris, avec qui il y a de nombreux enjeux majeurs. C’est dire l’état du rapport politique au sein de cette région et cela manifeste un déficit très important.

J’ai lancé dans le débat l’idée d’une conférence métropolitaine. Le terme n’est peut-être pas adapté, ce n’est peut-être pas à la bonne échelle, mais on veut dire par là qu’il faut très vite passer à une autre échelle de dialogue et créer une scène qui n’existait pas jusqu’à présent.
Certains pensent qu’une scène unique peut éventuellement répondre à toutes les questions. Quand on regarde la diversité institutionnelle de notre région - 1 300 communes, 8 conseils généraux, une région, 800 EPCI en Ile-de-France - on ne peut pas prétendre avoir une scène unique de dialogue et de connaissance au sein de cette métropole.
Notre proposition d’un lieu de rencontre de dialogue consiste à essayer de faire émerger une scène de dialogue politique qui permettrait, peut-être de façon historique, que Paris se réinsère dans l’espace régional. C’est bien l’un des enjeux : dans le précédent SDRIF, Paris était une tache blanche et le nom de Paris ne figure pas sur certaines cartes, ce qui en dit long. Cette scène serait un des outils, un des éléments de dialogue permettant à Paris de se réinsérer dans l’espace régional, puis de construire un dialogue politique, un projet métropolitain et tout en découle.

Mise à jour le : 09 novembre 2010
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