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Paris à l'horizon 2025

Acteurs et partenaires de Paris : une vision capitale (22 mars 2005)

Textes des principales interventions
Martine DURLACH
Martine Durlach © Mairie de Paris DDATC / Dolce Vita
adjointe au Maire de Paris, chargée de la politique de la ville

On ne peut se limiter aux départements autour de Paris quand on évoque les inégalités sociales dans la zone dense. Paris a une réputation de ville riche, or, c’est une ville de fortes inégalités sociales :
- 350 000 personnes répondent aux indicateurs de la politique de la Ville : il y a plus de RMIstes à Paris qu’en Seine-Saint-Denis, ce qui nécessite des convergences de travail.
- Dans ces quartiers, une famille sur trois est monoparentale, ce qui pose des questions très particulières.
- L’aggravation du chômage est très forte : depuis le dernier Schéma Directeur, Paris a perdu 20 000 emplois par an depuis douze ans.

- Le déficit du logement public entraîne une spéculation qui touche aussi les départements avoisinants : les augmentations de loyers posent problème à l’ensemble de la Ville.


Les populations dont je m’occupe vivent pour la plupart entre le périphérique et les Maréchaux. Elles ont le sentiment violent de n’appartenir ni à la banlieue, ni à Paris et attendent d’être intégrées à une autre logique. Il y a donc une solidarité de fait et il doit y avoir de très hautes exigences communes de politique publique touchant les deux côtés du périphérique.

 

Concernant la culture, il y a une grande vie culturelle à Paris, avec les plus grandes institutions culturelles, des expositions, des cinémas, mais elle est concentrée au centre de Paris. Il a fallu que les habitants du 19e arrondissement se battent pour avoir un cinéma ; depuis 2001, des lieux de culture se situent dans les quartiers qui font l’objet de la « politique de la Ville » : par exemple, la Maison des métallos et le projet du 104 rue d’Aubervilliers, siège des anciennes Pompes Funèbres. Comme l’évoquait Monsieur Fusillier, on peut fabriquer de l’événementiel à partir de tels endroits pour que la culture soit réellement porteuse de dynamiques sociales et économiques. Mais on observe un retard par rapport à la périphérie de Paris et au développement remarquable des communes limitrophes : les Amandiers dans les Hauts-de-Seine, Vitez dans le Val-de-Marne, Bobigny, Montreuil, en Seine-Saint-Denis. Les jeunes Parisiens vont apprendre le théâtre, le livre ou le jazz au-delà du périphérique.

 

Il faut donc développer les projets, le travail commun, comme c’est le cas pour le livre. La Villette est fréquentée aussi bien par Aubervilliers que par Paris. Par exemple, le Grand Parquet Pajol doit travailler avec les communes voisines. Plus que le rapprochement géographique, il y a de grands projets culturels à partager, qui ne diffusent pas seulement la culture, mais permettent la création, la diversité des cultures et la formation. Je suis favorable à la fois au développement de grands établissements, de grands projets culturels et à une culture de proximité, comme dans d’autres domaines de l’intervention publique.

 

La politique de la Ville n’est pas « le fin du fin ». Il y aurait des choses à revoir et elle n’a pas non plus la capacité à régler tous les problèmes graves de la société, comme le chômage et la baisse du pouvoir d’achat… Mais elle peut veiller à ce que les transformations urbaines portent intérêt à tout ce qui est humain, notamment au plan social, culturel, sportif, en matière de lien social entre des populations diverses, de lutte contre le racisme et l’antisémitisme. La politique proposée par Monsieur Borloo privilégie la pierre aux relations humaines : c’est une orientation dangereuse qui se traduit par de fortes baisses de subventions, touchant particulièrement la culture. Les solutions de remplacement n’en sont pas : mettre de l’argent dans l’aide éducative quand des classes ferment tous les jours en ZEP pose question. Les solutions relèvent aussi du développement économique, sans lequel il ne peut pas y avoir de développement urbain, social et culturel. Mais elles doivent respecter la mixité des fonctions, autant dans le domaine social, de la culture, de la santé et l’accessibilité de tous.

 

Je souscris enfin à l’idée d’une conférence métropolitaine et d’un lieu qui pourrait être dédié à ce dialogue aux Halles, à l’arrivée du RER d’où viennent les gens de banlieue.
Mise à jour le : 09 novembre 2010
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