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Paris à l'horizon 2025

Acteurs et partenaires de Paris : une vision capitale (22 mars 2005)

Textes des principales interventions
Jean-Pierre CAFFET
Jean-Pierre Caffet © Mairie de Paris DDATC / Dolce Vita
adjoint au Maire de Paris, chargé de l’urbanisme et de l’architecture

Les débats ne font que commencer : j’apporterai le point de vue d’un élu parisien.

 

Les chiffres sont impressionnants : l’agglomération parisienne, ce sont 396 communes représentant près du quart de la Région parisienne en superficie - 23 % - et qui concentrent 90 % de la population et des emplois. Une autre notion est le coeur de l’agglomération, plus restreint que la zone dense : sur 4 % du territoire de l’Ile-de-France se trouvent la moitié de la population francilienne, à peu près 5 millions d’habitants, et 60 % des emplois.


Sur un continuum urbain de 76 communes, on constate donc une nette concentration urbaine et Paris a la particularité de s’y trouver au centre. Pour la municipalité parisienne, ces populations ont une communauté de destin à la fois historique et géographique - plus ou moins perçue dans le passé - qui implique certains défis communs à relever ensemble :
-  La compétitivité économique et de l’emploi, objet de la première table ronde ;
-  Les solidarités, qui était celui de la deuxième table ronde ;

-  Enfin, l’aménagement urbain, au sens large : la répartition des fonctions urbaines et notamment la question des logements ; la question des transports et la question du développement durable.

 

Pour Paris, ces défis doivent être relevés ensemble - et non séparément, ce qui serait particulièrement contre-productif – et nous ne sommes engagés dans cette voie que depuis 2001.

 

Le débat sur le SDRIF intervient au moment où plusieurs dizaines de communes - notamment des communes limitrophes de Paris - ont lancé leur PLU : ils sont en cours d’élaboration ou ont déjà été adoptés. Pour nous, l’apport du SDRIF est de mettre cela en cohérence. L’étude menée avec l’aide de l’APUR de la trentaine de PLU à notre disposition et les intentions affichées dans les PADD fait ressortir un socle de cinq ou six objectifs communs qui devraient faciliter cette mise en cohérence et aider à ce que le SDRIF soit partagé par tous, même si cela nécessitera, naturellement, concertation et discussion.

 

Ces objectifs sont :  
• Réduire les disparités sociales et territoriales et permettre à tous l’égalité d’accès à l’emploi, au logement et aux services publics ;  
• Protéger et mettre en valeur l’environnement au sens large, le cadre de vie mais aussi les milieux naturels ;  
• Relancer la construction de logements et notamment de logements sociaux ; cet objectif nécessite de mettre en oeuvre une politique foncière active ;  
• Renforcer la place de l’agglomération en Europe et dans le monde et renforcer l’emploi, en trouvant les pôles de développement nécessaires ;

• Renforcer l’offre de transports en commun, en particulier dans la couronne.

 

Tout ne va pourtant pas se mettre en oeuvre « sur un parterre de roses », linéairement, vers un SDRIF plébiscité par tous : certaines questions fondamentales doivent être réglées, notamment sur les sujets que je viens d’évoquer : les logements, les transports, le développement durable.

 

Concernant la densité par exemple, si nous voulons limiter l’étalement urbain dont Pascal Auzannet a souligné le coût, et freiner les consommations de territoires, il faudra bien se pencher sur la zone dense et accepter qu’elle se renouvelle sur le plan urbain, qu’elle accueille de nouveaux emplois et de nouveaux habitants, même si cela paraît soulever des aspirations contradictoires.

 

Dans le PLU parisien, la solution de facilité aurait été de dire « on dédensifie, on ne va faire que des espaces verts » et de dessiner une ville un peu figée. Or, la conséquence d’une telle dédensification serait d’abord le départ des habitants les plus défavorisés. Nous avons donc essayé de faire en sorte que le PLU permette de rééquilibrer Paris et tienne compte notamment des communes limitrophes. Chaque projet sur la Couronne parisienne, entre les Maréchaux et le périphérique, est systématiquement discuté et pratiquement élaboré de manière conjointe avec nos voisins.

 

Nous avons choisi un PLU qui préserve les qualités de Paris, mais non malthusien sur le plan de l’emploi et du logement. Pour avoir un développement harmonieux de l’Ile-de-France, de son agglomération centrale et particulièrement de la zone la plus dense, il faut communes et les départements limitrophes.

 

Ainsi, le temps où Paris exportait systématiquement ses nuisances est maintenant est révolu. C’est d’ailleurs pourquoi nous avons créé et réservé dans le PLU une zone spécifique affectée aux services urbains. C’est le cas, par exemple, des centres de tri de déchets : il n’y a aucune raison que Paris continue à les exporter et surtout à les faire traiter à l’extérieur.

 

Le deuxième exemple de ce qui relève de la volonté politique est celui des transports. Tout le monde est d’accord pour développer les transports en commun, mais ce qui est à faire en matière de réduction de la circulation automobile doit être coordonné, pesé et discuté au sein de la zone dense. La pente naturelle serait de supprimer la circulation de transit dans sa propre ville. Sans un plan cohérent au niveau de cette zone dense, il y a donc un risque d’aller « dans le mur ».

 

Au total, l’enjeu est bien d’organiser cette communauté de destin que j’évoquais au début de mon propos et le SDRIF peut être justement l’outil fédérateur nécessaire pour avancer tous ensemble dans cette voie.
Mise à jour le : 09 novembre 2010
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