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Paris à l'horizon 2025

Acteurs et partenaires de Paris : une vision capitale (22 mars 2005)

Textes des principales interventions
Jean-Caude BOUCHERAT
Jean-Claude Boucherat © Mairie de Paris DDATC / Dolce Vita
président du Conseil Économique et Social de la Région Ile-de-France (CESR)


L’horizon 2025 n’est pas éloigné des travaux CESR d’Ile-de-France. Le 16 février, lors du premier séminaire, vous avez entendu Pierre Moulié, rapporteur général du CESR d’Ile-de-France sur la révision du SDRIF de 1994 ainsi que Claude Floret, de la section prospective et planification, sur l’attractivité de la région Ile-de-France, et Madame Cancellieri qui fut, au CESR d’Ile-de-France, l’une des premières - en 1994-1995, il y a donc dix ans - à ouvrir la voie sur l’horizon 2025.

 

Le propos que vous nous invitez à traiter se situe donc bien dans les perspectives du CESR d’Ile-de-France, né il y a quarante-deux ans avec le grand préfet Paul Delouvrier et quelques élus – dont Roland Nungesser, président du Conseil d’administration du district de la Région parisienne de l’époque – autour de la préoccupation du premier SDAURP. Le CESR et le SDAURP sont nés en même temps, notamment parce les deux autorités précitées souhaitaient entendre des « gens du quotidien », « du terrain », venant des entreprises, des associations, des organisations syndicales, ce que l’on appelle aujourd’hui « la société civile ».


Organisés au sein du Conseil Économique et Social, ils s’exprimaient déjà à cette époque sur le schéma directeur et les problèmes de territorialité. Ce schéma directeur faisait suite, en 1965, à un voyage du Général de Gaulle avec le Préfet Delouvrier, pour regarder le « bazar » qu’était la région parisienne : le Général aurait dit à Monsieur Delouvrier « Mettez-moi de l’ordre dans tout cela ». Il y a quarante ans, le CESR venait de naître et notre région naissait également et l’on se demandait déjà sur quelles dimensions raisonner pour l’aménager et la développer.


Au début des années quatre-vingt-dix, comme rapporteur au Conseil économique et social d’Ile-de-France sur la modification partielle du SDAURIF de 1976 - le CESR devait donner notamment un avis à la Région sur la mise en route des travaux de la ZAC Masséna Tolbiac -, je recommandais de profiter de cette opportunité pour traiter, de l’autre côté du boulevard Masséna et du périphérique, d’un territoire qui intéresse forcément puisqu’il est dans l’axe fluvial de la Seine, et qui est aujourd’hui celui de Seine-Amont : Ivry, Vitry, Choisy, d’un côté, et d’autres communes sur la rive opposée. Il fallait en profiter pour franchir la barrière de Paris intra-muros et raisonner plus largement sur un aménagement continu au-delà des frontières des deux boulevards.

Le CESR, qui réfléchit au niveau des huit départements et de l’ensemble du périmètre régional francilien, n’est donc pas dépaysé lorsqu’il faut approcher le terrain au niveau de notre ville capitale, de la zone dense, du périurbain, des villes nouvelles ou de l’ensemble… peu importe, pourvu que l’on parle de ce qui nous concerne tous à l’horizon 2025, c’est-à-dire l’aménagement et le développement de cette région, du développement d’un cadre de vie harmonieux pour les Franciliens et les Franciliennes qui y travaillent, y vivent, y sont en retraite, y étudient ou qui y ont simplement des loisirs. C’est l’ambition que nous partageons avec vous. Le rapport que le Conseil régional d’Ile-de-France a débattu et voté le 25 juin dernier recommande d’ailleurs que le SDRIF intègre des problématiques nouvelles et s’inscrive dans une logique d’aménagement et de développement durable par la prise en compte des spécificités de Paris et de l’agglomération centrale. Le CESR d’Ile-de-France, sous la plume de Pierre Moulié – notre avis du 20 décembre donnant ainsi le premier coup d’envoi, avant celui, officiel, de la révision du SDRIF - considère qu’il est nécessaire de mener une réflexion approfondie sur le fonctionnement de l’agglomération centrale au sein de la région. Nous sommes donc de plain-pied dans le domaine que vous proposez d’aborder.

Divers experts confirment d’ailleurs qu’il y a question, si ce n’est problème.

Pour Philippe Estebe et Patrick Le Galès en 2003 - La Métropole parisienne : à la recherche du pilote ? Revue française d’administration publique -, « l’hypothèse de la création d’une conférence des maires et présidents de communautés d’agglomération centrale laisse poindre l’espoir de la reprise du dialogue politique, à cette échelle du moins. »

François Ascher, interviewé pour Le magazine du CESR d’Ile-de-France, en juillet 2001, disait « Des problèmes importants se posent à des échelles qui correspondent de moins en moins avec celles des communes, des départements et des cantons. Pour élaborer et mettre en oeuvre les politiques urbaines et d’aménagement aux échelles où elles doivent et peuvent être, c’est aux niveaux supra communal et régional qu’il faut penser ».
Paul Chemetov dit dans le Monde du 9 mars « C’est l’heure des choix métropolitains. Comment, dans cette métropole, faire que les périmètres administrés ne masquent pas la réalité des territoires vécus ? […] Il y a peut-être matière à « conférence métropolitaine », préfiguration dans notre esprit d’un « Atelier de la métropole parisienne ».

Dans un document intitulé Une agence pour booster l’agglomération parisienne ?, Armand Braun, président de la Société internationale des conseillers de synthèse, membre de la section prospective du CESR d’Ile-de-France, estime que « Le territoire de l’action ne peut être ni le Paris historique ni l’ensemble de la région Ile-de-France, mais le Paris des gens, le Paris vu d’avion (pensez au Général de Gaulle et à Delouvrier !) l’agglomération parisienne, un territoire qui n’a d’existence ni institutionnelle, ni politique, ni administrative, le cadre naturel de toute initiative pertinente ».

Enfin, nous avons lu à ce sujet les propos de Pierre Mansat et de Jean-Paul Huchon, président du Conseil régional. Les circonstances semblent donc favorables avec notamment :                        
• La politique partenariale développée sur la base de conventions par la Mairie de Paris, les élus parisiens et ceux des communes limitrophes.                        
• La nouvelle étape de la décentralisation : notamment, la perspective du premier juillet 2005 et du STIF pose la question d’une autorité régulatrice des transports de surface en Petite Couronne.                        
• Le développement rapide et récent de l’intercommunalité en Ile-de-France. En Seine-Saint-Denis et dans le Val-de-Marne, l’ACTEP, simple association, rassemble une vingtaine de communes pour apprendre à vivre ensemble et à développer des synergies sur des territoires qui correspondent à des réalités.                        
• La notion de pôles de compétitivité qui conduit à mettre en commun des collectivités territoriales, des entreprises, de la recherche, de l’université, autant de partenaires au-delà des frontières « normales »                        
• Le contrat de plan de la région 2000 – 2006, le premier où les départements apportaient une contribution aussi importante, a montré que les territoires pouvaient être ensemble de façon nouvelle. À l’avenir, il constituera aussi une opportunité pour aborder le développement des territoires.                        
• Les jeux olympiques qui intéressent non seulement Paris, la ville capitale, mais aussi de nombreux départements et territoires au-delà de l’agglomération parisienne. C’est le grand projet mobilisateur.                        
• La présentation en octobre dernier du bilan partagé sur le SDRIF de 1994 qui a amorcé la réflexion sur le territoire à l’horizon 2025. La méthodologie de révision du SDRIF, présentée par Mireille Ferry, est aussi favorable à une définition de territoires.

 

Le moment est donc venu de se poser de telles questions, mais il faut également tenir compte du poids de tous les partenaires. Cette réunion est centrée sur les partenaires essentiels : l’un des grands partenaires concernés est la Régie Autonome des Transports Parisiens, avec la SNCF banlieue et le STIF, pierre angulaire du dispositif ; l’Agence Foncière et Technique de la région parisienne est un outil très important de développement des villes nouvelles et de la zone dense ; ADP concerne un nombre considérable d’entreprises et d’emplois à l’est, au nord-est et au sud-est de notre région ; les acteurs du logement social comme 3 F, le SCIC et l’Office sont également essentiels ; les Chambres de Commerce - Chambre régionale de Commerce et Industrie et Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris - sont de grands partenaires auxquels il faut ajouter les services gérant l’eau, l’électricité et les déchets. Ces acteurs ont démontré leur rôle clé dans l’agglomération parisienne depuis plusieurs décennies et ils ont d’ailleurs toute leur place au CESR.


Tous les éléments sont donc réunis pour faire avancer le débat. Il faut une volonté politique pour aborder cet avenir incertain, sans arrière-pensée, par un débat aussi clair que celui que vous nous proposez. Dans cet esprit, le CESR d’Ile-de-France sera à vos côtés. 
Lien vers le site du Conseil économique et social d'Ile-de-France
Mise à jour le : 09 novembre 2010
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