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Paris à l'horizon 2025

Dix ans de schéma directeur régional : bilan et perspectives (16 février 2005)

Textes des principales interventions
Jean-Baptiste VAQUIN
Jean-Baptiste VAQUIN © Mairie de Paris DDATC / Dolce Vita
directeur de l’Atelier parisien d’urbanisme

Au 1er janvier 2004, la population parisienne est estimée par l’INSEE à 2 142 000 habitants, soit à peu près le chiffre de 1990. Pour la Région, cette croissance a atteint 11 264 000 habitants début 2004, alors que l’INSEE prévoyait 11 340 000 habitants. Paris et l’Ile-de-France ont donc retrouvé une dynamique de croissance démographique.
Les prévisions du SDRIF pour l’emploi à Paris étaient optimistes : entre 1990 et 2003 127 000 emplois ont disparu, alors qu’une diminution de seulement 30 000 emplois était prévue sur une période bien plus longue de 1990 à 2015. En Ile-de-France, malgré une baisse conjoncturelle après 1991, l’emploi est proche des prévisions du SDRIF : 5 400 000 emplois.

En fait, le fondement de l’analyse économique du précédent SDRIF, qui ne prévoyait pas la mondialisation de l’économie et la nouvelle territorialisation de l’économie régionale, a été dépassé par la réalité. Selon les objectifs de polycentrisme du SDRIF, l’emploi devait se redistribuer dans la région de manière plus équilibrée. Les recensements de 1990 et 1999 montrent que Paris a perdu dans cet intervalle 200 000 emplois, la Petite Couronne 11 000 et le reste de l’Ile-de-France 34 000. Parallèlement, la province en a gagné 765 000.


Les emplois perdus par Paris ne sont donc pas gagnés par l’Ile-de-France. Par ailleurs, quand la région perd 120 600 emplois traditionnels entre 1990 et 1999, elle en gagne près de 85 000 de type métropolitain supérieur (banque, assurance, gestion, etc.). À Paris, comme pour la Région, il faut désormais compter sur ce type d’emplois. Toutefois, cette évolution pose de gros problèmes : toute une population pourrait rester au bord de la route. Il faut donc également créer des emplois de services correspondant à une population moins qualifiée.

Le SDRIF visait un taux d’emploi (rapport entre le nombre d’emplois et le nombre d’actifs résidents) de 1,6 pour Paris, qui s’est dégradé avec la baisse de l’emploi pour remonter fin 1999 et atteindre un taux légèrement inférieur : 1,49. La volonté du SDRIF pour la région était de maîtriser la croissance du taux d’emploi dans la Petite Couronne ouest, mais de le redresser à l’est et en Grande Couronne. Le taux d’emploi régional correspond aux prévisions, mais les objectifs de rééquilibrage ne sont toujours pas atteints. Ce bilan en demi-teinte pose la question des outils pour développer l’emploi dans les secteurs défavorisés, pour offrir des emplois adaptés aux qualifications de la population résidente ou, à défaut, pour faciliter les déplacements domicile/travail par un meilleur réseau de transports en commun.

Le SDRIF avait estimé à 5 500 le nombre de logements devant être construits chaque année à Paris. La base de données Citadelle estime ce chiffre à 5 236. Le rythme annuel se révèle donc un peu inférieur aux prévisions, sans être mauvais. Concernant la Région, le SDRIF prévoyait la construction de 53 000 logements par an. Un peu moins de 40 000 ont été construits. En tout état de cause, à Paris et dans le reste de la région également, la demande de logements se maintient à un niveau élevé, voire très élevé.

Concernant les bureaux, on avait pour Paris des objectifs de constructions nettes (déduction faite des démolitions prévues par le SDRIF) et de constructions brutes pour la région. La construction nette de bureaux inscrite dans le SDRIF est loin d’être atteinte sur Paris : 1,6 million de m² autorisés, contre 881 800 livrés entre 1990 et 2003. Le rythme annuel de constructions brutes a été plus soutenu en Ile-de-France : 1 237 141 m² entre 1990 et 2003, contre 1 140 000 prévus. Parallèlement, Paris se recentrait sur les emplois de type métropolitain supérieur, alors que les back-offices se déplaçaient en proche couronne.


Quelles orientations thématiques sur l’agglomération, le cœur d’agglomération et Paris ? La Région représente 1 400 communes, l’agglomération, 396 communes, sur un quart de la surface régionale, avec 9,6 millions d’habitants et 4,7 millions d’emplois ; le cœur de l’agglomération représente 76 communes, 4 % du territoire de la région, près de la moitié des habitants et les deux tiers des emplois ; Paris rassemble le cinquième de la population régionale et le tiers des emplois sur 1 % du territoire.

Le cœur de l’agglomération est une zone dense (11 000 habitants au km²), avec de vastes espaces à la densité moyenne 80 fois plus faible (141 habitants au km2). Cette configuration spatiale est un héritage unique au monde et constitue une chance pour la région.

L’agglomération dense est dessinée par un grand paysage, qui devra être reconnu et mis en valeur par le futur SDRIF.

Les héritages historiques d’une gestion urbaine privilégiant Paris sont toujours visibles dans les collectivités de l’agglomération, avec de grandes emprises utilitaires qui grèvent les territoires communaux et doivent faire l’objet de négociations entre les partenaires concernés. Sur 1 % du territoire, Paris concentre un tiers de la demande régionale en logements sociaux, alors que 34 % du parc social de l’Ile-de-France se trouve sur Paris et la moitié au cœur de l’agglomération, soit 4 % du territoire régional. L’habitat ancien se concentre à Paris, avec un habitat plus confortable à l’ouest qu’à l’est. Les inégalités sociales se traduisent par la concentration au nord et à l’est d’une forte proportion de logements sociaux et par le développement d’un logement privé récent à l’ouest. Malgré une perte d’emplois depuis 1990, la capitale concentre 26 % des entreprises franciliennes et produit un tiers du PIB régional (140 milliards de dollars), alors que celui de Milan est de 110, celui de Barcelone de 75 et celui de Londres de 240. Ces dernières années une nouvelle géographie régionale est apparue, avec le développement de pôles tertiaires fondamentaux à Montreuil, Boulogne, autour du Stade de France, Issy-les-Moulineaux, et bien sûr la Défense. Le cœur de l’agglomération est en concurrence avec des métropoles européennes et mondiales, c’est pourquoi la mise en cohérence des stratégies économiques est un enjeu essentiel.
La desserte en transports en commun reste inégale sur le cœur de l’agglomération. Beaucoup plus dense à Paris, elle s’organise en un réseau radial qui rend les trajets de rocade difficiles. 60 % des déplacements mécanisés via Paris se font en transports en commun, alors que 76 % des déplacements internes à la Petite Couronne, où il n’y a pratiquement pas de transports en commun, se font en voiture. 20 % des habitants de la région habitant sur 1 % du territoire régional, le réseau de transports en commun et celui de transport des marchandises devront encore être améliorés, en qualité de service comme en extension et, en particulier, en rocade.

 

Les enjeux et les intérêts se superposent et se confondent à l’intérieur de l’agglomération centrale : le futur SDRIF permettra de traiter ces intérêts partagés de manière cohérente .


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Mise à jour le : 09 novembre 2010
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