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Paris à l'horizon 2025

Concurrence ou développement économique partagé ? (25 avril 2005)

Textes des principales interventions
Didier NIEL
Didier Niel au séminaire « Paris à l’horizon 2025 » 25 avril 2005

secrétaire général de l'union départementale CGT de Paris
Quelles initiatives prendre pour créer et développer des emplois au niveau de cette zone dense ?
Il s'agit d'abord de conserver certains emplois existants qui sont sérieusement menacés, aussi bien dans le privé que dans le public :
- La haute couture, qui est un atout parisien au niveau de la création ;
- L'imprimerie, avec le conflit de l'Imprimerie nationale qui est un lieu industriel important dans l'histoire de Paris et qui va quitter Paris et la zone dense ;
- La Poste qui ne satisfait pas ses usagers et diminue les emplois, par exemple en implantant le tri pour le nord de Paris à Gonesse - ce qui exige des transports et n'est sans doute pas l'idéal, ni le plus efficace sur le plan écologique - alors que l'on proposait de créer des tris dans Paris, notamment aux Batignolles. Il faut moderniser les tris, mais on peut les garder dans Paris, or un autre projet de tri pour le sud se situe à Wissous, avec les mêmes inconvénients.
- L'EDF avait en 1982, une quinzaine d'agences dans Paris, il n'y en a plus qu'une dizaine, et fin 2005 début 2006, il n'y en aura plus que quatre. Avec la modernisation, certaines choses se font autrement, mais l'aide, le service, l'accueil, dont les usagers ont besoin - particuliers, commerçants, industriels, ou PME - restent une nécessité.
En premier lieu, il s'agit déjà de conserver ce qui existe et qui offre des potentiels, avant même les choix politiques qu'il faut faire ensemble.

Ensuite il faut développer l'emploi industriel dans Paris. C'est une question de volonté politique. Paris, aujourd'hui, est une ville de commerce, de tourisme, de finances, un de ses atouts est la diversité et l'emploi industriel en fait partie. L'Ile-de-France est le premier lieu de production industrielle en France. Il faut la développer, même au niveau de Paris et cela ne veut pas dire qu'il y ait une raffinerie ou une centrale nucléaire place de la Concorde !
Dans la haute couture par exemple, des études tendent à industrialiser davantage la production, à passer de la création à une production de qualité en rapport avec l'image de la France et celle de Paris. Cela peut très bien se faire sur Paris ou en zone dense. L'édition, les biens d'équipement offrent également des possibilités. Le métro se construit actuellement dans Paris et une logistique ferroviaire devra se mettre en place. On réclame depuis longtemps, - ce n'est pas encore le choix des décideurs politiques ou de la SNCF - de rouvrir la petite ceinture ferroviaire. Cela impliquerait aussi des créations d'emplois au niveau de la logistique en tant que telle, cela aiderait même en matière écologique.
Le développement des services publics répondrait à des besoins énormes dans Paris. En matière de santé on ne répond pas aux besoins de toute une population qui est même plus large que la population parisienne. Dans la fonction publique d'État, comme dans les services publics, avec le développement de la sous-traitance, on entend dire que la fonction publique ne peut plus répondre à tout, qu'il faut agir par les associations, etc. Pourquoi ceux dont l'objectif est bien de servir le public ne pourraient pas avoir un statut précis, particulier ?
Je travaille à la Bourse du travail à Paris, ce sont des bâtiments gérés directement par la Ville de Paris. Pour faire des travaux, il faut attendre parce qu'on passe par des entreprises extérieures, alors que l'on pourrait créer des emplois.

En troisième lieu, il y a un enjeu de qualité des emplois créés qui concerne notamment - mais pas uniquement - la zone dense. Il faut passer d'une situation de précarité à une situation de sérénité. Beaucoup ont envie de travailler pour vivre, de faire des projets, d'être reconnus professionnellement et socialement. S'ils sont dans la précarité, ils ne seront jamais reconnus. Des emplois de qualité sont des emplois à durée indéterminée, de bons salaires. On dit que la zone dense est une zone de forte consommation, mais ceux qui y travaillent ne peuvent pas consommer. Il faut sans doute regarder les choses autrement.
Cela passe aussi par la reconnaissance des qualifications, l'évolution des carrières, au niveau de la formation, et la pérennité des contrats. Il est important qu'il n'y ait pas de licenciements sans reclassement, c'est ce que la CGT met en avant aussi bien à Paris comme ailleurs avec le nouveau statut du travail salarié. On estime qu'il peut y avoir - sur le temps de travail, les retraites, la couverture sociale - des garanties pour l'ensemble des salariés. C'est une source importante de dynamisme.

Comment va-t-on financer cela ? Si l'on considère la production de richesses en France, la part des salaires dans cette production de richesses continue à diminuer. Il y a donc des possibilités de financement. De plus, le nombre d'emplois suit la baisse du nombre d'habitants sur Paris et plus il y aura de salariés qui habiteront sur Paris, moins il y aura de problèmes de transports, or on a vu que deux tiers des salariés parisiens habitaient en dehors de Paris. On a besoin de rapprocher le lieu de travail du lieu d'habitation.
L'effet de convivialité que met en avant Christian Sautter ne doit pas uniquement toucher l'entreprise, mais également le quartier. Si on se promène le dimanche, dans certains coins du 8e arrondissement, ce n'est pas très convivial. Il y a sur Paris une forte population de cadres, de professions libérales, de chercheurs, d'universitaires, mais c'est important de pouvoir rééquilibrer et c'est un élément pour le développement de l'emploi.
On parle de l'emploi, des courbes, des cartes, d'un certain nombre de choses, sur l'aspect économique, mais il faut des lieux d'expression des salariés. C'est la troisième réunion et je suis le premier syndicaliste à m'exprimer dans ce débat. La reconnaissance du syndicat, dans les PME et même parfois dans les grandes entreprises, est faible. Il y a une crise du syndicalisme en France, mais il a besoin d'une reconnaissance si l'on veut qu'il y ait une expression des salariés, un droit d'intervention dans la gestion. Et ils ont aussi leur mot à dire : j'entendais que des salariés avaient demandé le retour de leur entreprise sur Paris.
Sur les zones où il y a des PME ou même sur les hôtels industriels, pourquoi ne pas avoir des sites où les salariés peuvent se retrouver ? Développons les délégués de sites, c'est aussi une manière de défendre la qualité de l'emploi. À Paris Rive Gauche, les Halles, ou même les Batignolles, où il y a des gros chantiers, il n'y a pas de locaux syndicaux et sociaux. Voilà ce qui pourrait aider à un développement de l'emploi de qualité sur Paris.

Mise à jour le : 09 novembre 2010
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