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Paris à l'horizon 2025

Mobilités et déplacements à l’échelle métropolitaine (15 juin 2005)

Textes des principales interventions
Claude PERNES
Claude Pernès au séminaire « Paris à l’horizon 2025 » 15 juin 2005

Président de l’Association des maires de l’Ile-de-France, conseiller régional, maire de Rosny-sous-bois.
Nous sommes tous capables – spécialistes, personnes intéressées, décideurs – d’imaginer le réseau de transports et d’infrastructures idéal pour irriguer l’ensemble de la région Ile-de-France. On sait qu’il faut des liaisons de banlieue à banlieue, des radiales, qu’il faut parfois atteindre Paris, parfois l’éviter. Il faut que le trajet travail/domicile ne soit pas trop long. Il faut que les problèmes d’environnement soient préservés. Cette région idéale serait d’ailleurs un bel exercice, qui sortirait des travaux du schéma directeur, mais la difficulté est de déterminer les priorités.

Le schéma directeur de la région Ile-de-France a déterminé quatre priorités.
·  Maintenir l’attractivité du territoire pour que notre région soit la première, ou l’une des premières régions économique ou touristique européennes.
·  Réduire les inégalités sociologiques liées à l’histoire des villes, à leur positionnement, à la façon dont elles ont été plus ou moins traitées par le passé. C’est un enjeu considérable.
·  Améliorer le bien-être et le mieux vivre de nos concitoyens, tous les jours, avec le cadre de vie.
·  Dans une région qui connaît un taux de chômage identique à celui du pays, faire en sorte que l’activité économique puisse être offerte à tous. 

Le conseil régional essaye d’atteindre ces objectifs avec les départements et les principaux partenaires et les discussions sont pratiquement celles que l’on a entendues : chacun veut le mieux pour le territoire qu’il est censé représenter et défendre. Villejuif Athis-Mons, c’est vraisemblablement fondamental, Orly Rungis également. En Seine-Saint-Denis, on va vous dire que le tramway T2 est indispensable depuis de nombreuses années. C’est la même chose pour le prolongement de la ligne de métro numéro 11, Mairie des Lilas - Rosny-sous-Bois etc…

Il existe de nombreux projets visant à satisfaire les besoins des populations, mais il faudra bien à un moment donné passer à l’aulne du choix en fonction de critères que l’on n’a pas encore réussi à déterminer parce qu’ils peuvent être aléatoires. Or, si on s’appuie sur des projections, avec les moyens de pression ou les lobbies, les choses peuvent déraper et on ne répond pas à la question. D’ailleurs, les projets diffèrent avec ou sans les Jeux Olympiques. On est donc également tributaires d’évènements et l’exercice n’est pas facile. 
Ceci étant, si l’on rassemble tous les projets, on sait quels sont les prolongements de lignes de métro à faire, les projets de tramways… Concernant le PDU, j’ai assisté à toute la négociation concernant le PDU et si des décisions ont été prises avec les comités d’axes, les comités de pôles, certaines n’avancent pas très vite, peut-être du fait de notre structure de travail. Pour réaliser un couloir de bus sur 800 mètres dans une petite rue commerçante, j’ai failli perdre mon mandat : les commerçants ont été « vent debout » contre cette décision, le maire a résisté, comme il doit le faire quand il y va de l’intérêt général et personne ne parle plus de ce couloir, qui remplit parfaitement son office. À Paris, en revanche, les couloirs sont à géométrie variable - sur le côté droit, au milieu, alternés - ce qui rend l’exercice difficile.

À propos du débat sur « Paris s’enferme… », Jean Tibéri voulait fermer les accès au périphérique, il y a quelques années. Les maires concernés lui ont dit « Monsieur le Maire, si vous fermez les entrées, on ferme les sorties ». La discussion s’est terminée sur un consensus. Il est certain que les habitants de banlieue n’ont pas envie de perdre des heures dans les embouteillages parisiens et qu’il faudra trouver une solution avec les transports en commun.

La réflexion sur les transports en commun me semble soigneusement éviter quelques arguments d’ordre psychologique et commercial. Si la production automobile en France a baissé de 0,5 %, avec des menaces de licenciement dans telle usine, c’est immédiatement un tollé général et l’angoisse de ne plus fabriquer d’automobiles, ce qui est un scandale, donc on continue. Je ne vois pas en revanche beaucoup de publicité sur le dernier vélo à la mode ou qui m’inviteraient à laisser ma voiture au garage et à prendre les transports en commun. On est en train de mettre en place des moyens de dissuasion un peu mécaniques : quand les Parisiens ou les automobilistes qui roulent dans Paris en auront assez, ils finiront peut-être par prendre le métro ou les transports en commun, mais aujourd’hui rien ne les y invite. Ceux qui veulent réduire le rapport transports en commun/automobile, devraient mieux communiquer sur : les métros sont réguliers ; les autobus vous font arriver à l’heure ; vous ne vous faites pas agresser systématiquement quand vous entrez à minuit. J’ai participé à beaucoup de colloques sur les transports, j’ai fait partie avec Madame Duchène, de la commission du plan qui traitait des transports, j’ai connu l’aventure du PDU et je suis maire de Rosny-sous-Bois, avec Bison futé, je suis donc un observateur attentif des embouteillages. J’avoue que les choses ne sont pas faciles à changer : les objectifs du PDU sont loin d’être atteints, et on est toujours en train de prendre sa voiture.

En guise de conclusion, je suis favorable aux rocades et au projet de la RATP qui permettra de tourner autour de Paris avec un maillage un peu partout. Il faut éviter Paris quand on n’a pas à y venir : chacun gagnera à ce que celui qui habite Ivry puisse se rendre à Bobigny par des moyens qui lui évitent de prendre le périphérique. Mais il faut changer les choses dans la conduite des études et leurs délais car les choses n’avancent pas vite et il est certain qu’il faudra augmenter l’enveloppe budgétaire : ce n’est pas avec ce que nous consacrons aux transports en commun que l’on pourra répondre valablement à la question. 
Mise à jour le : 09 novembre 2010
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