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Paris à l'horizon 2025

Dix ans de schéma directeur régional : bilan et perspectives (16 février 2005)

Textes des principales interventions
Claude FLORET
Claude FLORET © Mairie de Paris DDATC / Dolce Vita
rapporteur du CESR* pour la révision du SDRIF

Au Conseil économique et social régional, dont je suis membre « extérieur », j’ai rédigé un rapport déposé au printemps l’an dernier et qui est accessible à tous sur le site du CESR. Je voudrais en dégager les points les plus marquants concernant Paris.

Il y a une grande communauté de destins entre Paris et l’agglomération, c’est-à-dire un peu plus que la Première Couronne, qui allait très bien quand il y avait un préfet qui décidait et que les maires lui présentaient leur budget. Tous ces éléments ont énormément changé dans les années quatre-vingt et on se trouve avec une agglomération qui a un certain nombre de pôles de décision et, bien qu’ils échangent entre eux, il y a un risque de décider indépendamment les uns des autres.

La Région Ile-de-France est d’abord caractérisée par sa démographie. Jusqu’aux années quatre-vingt l’augmentation de sa population était d’environ 8/1 000 par an. Depuis, elle n’est plus que de 3/1 000 et a tendance à rester à ce niveau. Le taux de natalité en Ile-de-France est supérieur à toute la France. Les deux pays en Europe qui ont aujourd’hui le taux le plus faible c’est l’Espagne et l’Italie. Ce point étant posé, on devrait avoir une augmentation de la population plus importante que celle qui existait. En fait, ce qui se passe quand on regarde l’Ile-de-France, c’est que, contrairement à ce qui s’est passé dans les années cinquante, soixante, il n’y a plus de flux migratoire positif important. Le seul flux migratoire positif est celui qui vient des migrants, dont on ne sait pas exactement bien le nombre en Ile-de-France, mais qui représentent probablement 40 % du total en France. En fait, le taux d’évolution de la population est désormais lié à la fluidité de la population internationale et non à celle de la population française, qui a tendance à quitter la région. Pour 2025, ce phénomène va probablement s’accentuer, avec le maintien d’une évolution de la population à 3/1 000 et un vieillissement. La tranche des 55-64 ans augmenterait de plus de 2 % par an et les autres de 0,3 %. La différence est importante. Pour l’INSEE ou le BIP, la remarque est la même.


L’Ile-de-France a été longtemps un pôle de formation dont les provinciaux ont bénéficié, participant ainsi largement au flux migratoire positif de la région. La concurrence universitaire avec la province tend à ralentir de plus en plus ce type de migration éducativo-professionnelle. En 2025, l’érosion de la position centrale des années soixante devrait encore s’accentuer, en particulier du fait du système de formation français des « élites » basé sur les grandes écoles, des difficultés de l’université et du fait que les universités parisiennes, assez proches les unes des autres, tendent à faire à peu près les mêmes offres.

La région rassemble 18 % de la population française avec une population de cadres assez particulière, surtout représentée parmi les cadres commerciaux et ingénieurs, dans les professions des arts et les cadres de la Fonction publique. Le deuxième élément de la qualification et de l’emploi d’Ile-de-France est la suprématie des emplois de fonction métropolitaine supérieure, qui apportent une reconnaissance à travers le monde à une zone urbaine. À l’horizon 2025, cela va s’accentuer. La tertiarisation des emplois se maintiendra, même si on ne sait pas comment les services évolueront, et elle peut provoquer un accroissement du nombre de cadres et des emplois de services à la personne, qui poserait un problème de logements.

Trois types de villes sont à prévoir en Ile-de-France : une ville de contraste, fermée par petits morceaux, où chaque morceau est indépendant de l’autre, où l’individualisme se développe et les particularismes locaux s’affrontent ; une ville « conciliante », avec une gestion de la précarité en commun, des volontés de trouver et de partager des schémas communs, mais avec un risque d’évitements décisionnels empêchant de prendre de grandes décisions à long terme ; une ville repliée en totalité sur elle-même et partageant des intérêts.


Le Conseil économique et social souhaite développer ou mettre en avant :
  • La formation et la recherche. Il faut vingt ans pour former un cadre et le même délai pour que les décisions de recherche produisent leurs effets, surtout pour la recherche fondamentale. Par ailleurs, une volonté organisatrice du système de formation d’Ile-de-France doit se manifester pour que la région conserve son rayonnement et renforce une position un peu affaiblie, notamment en matière technique.
  • Les infrastructures, et en premier lieu l’urbanisme. 90 % environ de la ville de 2025 existe déjà : les logements existants ne disparaîtront pas et ce n’est pas parce qu’on construira un immeuble que l’on changera l’urbanisme. Il faut mettre en avant un urbanisme dans lequel la notion de région polycentrique est importante, en évitant d’avoir un point centre vers lequel tout converge, comme c’est le cas actuellement.
De grands bassins de main-d’œuvre dans le monde ne pourront satisfaire leurs propres besoins pour nourrir tous les habitants : notre région doit accueillir ces populations jeunes que l’on pourrait éventuellement former. Sur les infrastructures, il faut enfin accompagner la mobilité qui va s’accentuer.
La région et Paris ont enfin une grande chance avec les Jeux Olympiques. La notoriété de Paris 2012 pourrait permettre de donner un nouvel élan à la région.


* CESR Conseil économique et social régional


Lien vers le site du Conseil économique et social d'Ile-de-France

Mise à jour le : 09 novembre 2010
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