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Paris à l'horizon 2025

Concurrence ou développement économique partagé ? (25 avril 2005)

Textes des principales interventions
Christian SAUTTER
Christian Sautter au séminaire « Paris à l’horizon 2025 » 25 avril 2005

adjoint au Maire de Paris, chargé du développement économique, des finances et de l’emploi
Lors de la préparation du précédent schéma directeur, Paris était souverainement indifférent. La démarche animée par Pierre Mansat, comme l'attitude du Conseil régional, marque donc une profonde évolution : Mireille Ferri rappelait lors du premier séminaire que " la Région souhaite que Paris et la zone dense soient très présents au cœur de ce projet régional, comme espace de vie quotidien et comme pôle important de l'espace national. "
La note de l'APUR qui figure au dossier montre la carte de cette zone dense qui comprend Paris et 75 autres communes, soit 47 % de la population de la région, 60 % des emplois, la moitié des déplacements en transports en commun sur seulement 4 % du territoire régional. Il s'agit vraiment d'une zone très dense et qui a clairement des problèmes communs.
1. Alors que l'on parle beaucoup de mondialisation, toute idée de conflit ou de concurrence entre Paris, Issy-les-Moulineaux, la Défense ou Montreuil, est ridicule. Nos destins sont liés. Il peut y avoir des émulations, mais d'ici 2020-2025, nous jouons, fondamentalement, la place de la région parisienne. Paris, la zone dense, l'agglomération et la région " rament sur le même bateau ". L'enjeu commun est la place que nous aurons tous ensemble en 2025.
2. Nous ne devons pas être trop complexés. Certains élu(e)s sont heureux/heureuses, d'annoncer le déclin de la France, de l'Ile-de-France ou de Paris, mais une récente étude d'IPSOS auprès de grands décideurs internationaux montre que nous sommes en deuxième place derrière Londres et que l'intervalle qui nous en sépare se réduit assez rapidement.
La qualité de vie, celle des transports en commun et la main-d'œuvre disponible sont d'importants atouts, comme le sentiment récent d'une nouvelle vitalité économique, sociale et culturelle de Paris, dont la candidature aux Jeux Olympiques est une belle expression.
3. Le développement économique ne se résume pas aux sièges sociaux. Nous avons besoin de garder des pôles de commandement et d'un vrai dynamisme des " grandes surfaces de bureaux pour les grands comptes ", mais ce n'est pas seulement ainsi que l'on va employer les chômeurs parisiens ni que l'on bâtira une ville équilibrée, mixte et agréable pour vivre et travailler.
De même on parle trop peu du tourisme qui est une très belle industrie pour Paris et la région et va se développer. Mais notre projet n'est pas d'avoir uniquement, comme la ville de Rome, des activités touristiques, muséographiques et vidéographiques, l'essentiel du dynamisme économique de l'Italie se réfugiant ailleurs.
Deux secteurs sont essentiels pour un développement économique équilibré.
4. On dit que " le vingt-et-unième siècle sera celui de l'innovation " et Paris et la région comptent " une formidable masse " de chercheurs, d'enseignants, de laboratoires, de grandes entreprises modernes, de PME et de start-up. Mais pour transformer une masse en une force, il faut une accélération qui est amorcée par les pôles de compétitivité orchestrés par la Région.
Ils ont un sens concret en termes d'aménagement de l'espace : par exemple, entre Paris nord-est, où il y a du terrain, et le sud du département de la Seine-Saint-Denis, des complémentarités sont à trouver en matière de TIC à travers le pôle " cinéma images multimédias et vie numérique ". De même, dans le sud-est une continuité peut être créée entre les biotechnologies fortement présentes dans Paris, la création d'un parc d'activités de 18 000 m² à Tolbiac Masséna et les communes d'Ivry, de Vitry et de Villejuif, dans le Val-de-Marne.
Un schéma directeur est aussi une carte sur laquelle devront figurer des espaces où des universités, des laboratoires et des entreprises travailleront ensemble à créer de la richesse et de l'emploi.
5. Enfin, le point le plus difficile à mettre dans un schéma directeur concerne les services à la personne.
À Paris et dans la région parisienne, il y a un besoin solvable de services à la personne, aux familles - la plupart des familles sont biactives et les familles monoparentales ont besoin de services -, aux personnes âgées… et nous avons des personnes peu diplômées, même si la moitié des RMIstes parisiens a le Bac. Nous devons donc créer des services à la personne, mais pour qu'ils puissent fonctionner, leurs locaux doivent avoir des loyers abordables. Une vraie question du schéma directeur est : " comment faire des logements sociaux, c'est-à-dire des habitations à loyer modéré dans une région où, plus on est proche du centre, plus le prix du terrain augmente ? ". De même comment faire des " activités à loyer modéré " dans un cœur d'agglomération qui a besoin de services à la personne ? Dans le plan local d'urbanisme, nous avons proposé de réserver les rez-de-chaussée aux activités de proximité. Peut-on mettre une telle règle dans un schéma directeur ? C'est une piste concrète sur laquelle travailler.

On parle beaucoup de développement durable et le Comité du développement économique durable de Paris a travaillé sur le sujet. En tant qu'élu, je souligne qu'il n'est pas uniquement au service de la nature, mais au service de l'homme et qu'il passe d'abord par le plein-emploi. Nous devons faire en sorte de retrouver dans Paris et sa région un développement qui mène au plein-emploi et assure aux générations futures un cadre de vie agréable. À côté de la haute qualité écologique, je plaide pour la haute qualité économique.

Mise à jour le : 09 novembre 2010
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