«« retour

Sommaire

Partager | Imprimer | A+ | A- | A=

Paris à l'horizon 2025

Concurrence ou développement économique partagé ? (25 avril 2005)

Textes des principales interventions
Catherine BARBAROUX
Catherine Barbaroux au séminaire « Paris à l’horizon 2025 » 25 avril 2005

directrice du développement économique de l’emploi et de la formation professionnelle au Conseil Régional d’Île-de-France
J'étais déléguée générale à l'emploi et la formation professionnelle et j'ai choisi la région parce qu'avec ses compétences dans la période actuelle, c'est à ce niveau que les dimensions opérationnelles les plus efficaces peuvent se construire.
L'élaboration d'un schéma directeur est un moment clé pour la région et ses composantes, de même sont aussi essentiels d'autres grands projets structurants à moyen terme comme le travail parallèle sur le plan régional de développement d'emploi et de formation et le schéma régional de développement économique. Si cet ensemble ne s'emboîte pas de manière efficace et partenariale, ces travaux risquent d'être théoriques au lieu d'être utiles à la vie des Franciliennes et des Franciliens, ce qui est notre objectif partagé.

L'instrument que je vais diriger va s'élargir à la recherche, à l'innovation et aux universités, selon une organisation amont aval qui offre un continuum d'outils de pilotage, de la recherche à la mise en œuvre des politiques de formation et qui est une forme intelligente d'investissement dans le capital humain. Cette réorganisation conduira à une agence régionale de l'innovation et traduit bien la vision de la région sur les logiques " soft " et " hard ", l'aménagement et l'investissement dans les ressources humaines.

Par ailleurs, si le " cœur " s'essouffle, la région s'appauvrit. En effet, Paris et la zone dense cumulent certaines potentialités qui permettent le développement de l'agglomération. Incubateurs en grandeur réelle d'entreprises et d'emplois, ils sont à l'origine des 2/3 des créations d'entreprises. Il est donc élémentaire pour la région de s'assurer que son " cœur " va bien. Paris a pu dans le passé " se draper dans un splendide isolement ", considérant qu'il pouvait vivre seul, sans aucun relais entre le premier et le second cercle de l'agglomération. Mais, cela serait actuellement inefficace et stérile, et entraînerait des formes de concurrence incapables de créer les dynamiques attendues.

Le schéma directeur doit rechercher les solidarités les plus fécondes entre les parties prenantes selon plusieurs hypothèses de travail.
· Dans le monde de l'entreprise, on doit défendre en premier lieu ses avantages comparatifs, chercher à les distinguer et à mesurer à quel point ils peuvent être conciliés avec d'autres avantages. Il est du rôle de la région de construire un ensemble de points forts en partant d'un principe de réalité.
· Cela peut se faire par débordement de fonctions métropolitaines. On voit sur les cartes de l'IAURIF que certaines débordent - la banque ou l'assurance - sur d'autres axes. On peut donc aboutir à des élargissements par complémentarité. Avec Florence Parly, nous avons présenté au ministère de l'Industrie et de la Recherche le pôle compétitivité automobile qui a du sens dans la vallée de la Seine, depuis les grands sièges sociaux dans Paris et la zone dense jusqu'aux implantations industrielles qui existent par cette double appartenance possible entre recherche et industrie.
· Plusieurs hypothèses doivent être travaillées et analysées. Comme l'a dit Christian Sautter, il faudra évidemment avoir des logiques de filières. Certaines sont évidentes, d'autres sont à construire, notamment autour de certains nouveaux métiers.
Quels sont aujourd'hui les leviers d'efficacité d'un SDRIF et de tous les mécanismes à développer ?
· L'aventure des pôles de compétitivité fait sens et implique de nombreux partenaires : la Chambre de Commerce, Nicolas Jacquet, dans les pôles de compétitivité, les partenaires industriels, la recherche. L'enthousiasme, la dynamique qui s'est créée montrent combien on peut compter sur un effort de catalyse quand chacun se voit, non dans une logique dominant dominé mais dans un partenariat actif.
· En second lieu, nous devons continuer à travailler aussi les sites prioritaires des contrats de plan État - Région et nous ne sommes pas arrivés au bout de nos peines sur certains d'entre eux.
· La question du foncier est redoutable. Dans la zone dense, elle obère certains projets et alourdit l'addition au point de stériliser certaines capacités d'innovation. Il faut donc trouver des solutions.
· Concernant les transports, il suffit de regarder les cartes pour comprendre en quoi ils sont structurants du développement économique.
· Enfin, notre capacité, avec les leviers de l'action régionale, d'accompagner les mutations économiques des territoires est une priorité. Nous aurons le développement économique des ressources humaines que nous serons capables de produire.
Contrairement à beaucoup de démarches qui placent au dernier rang le système de formation et le système de production de compétences, c'est en décidant des compétences que l'on veut produire et en les produisant que l'on crée un développement économique harmonieux. Avec les organismes de recherche présents sur notre territoire et avec l'attractivité qu'il présente sur certains systèmes de formation - formations en alternance pour des bas niveaux de qualification aux formations de doctorants -, cette production de compétences doit devenir un des éléments d'aménagement du territoire.
La région vient en effet d'acquérir de nouvelles compétences et de nouveaux moyens d'intervention dans ce domaine. Concernant l'aide à domicile évoquée par Christian Sautter, elle a la responsabilité des formations sanitaires et sociales, qui représentent autour de 150 millions d'euros. Leur carte et les filières sont probablement à reconstruire, en intégrant la validation des acquis de l'expérience et en proposant des solutions formatives et d'insertion à des publics exclus du développement économique. Mais on en perçoit bien l'effet système et on doit y penser dès l'origine en termes d'appareil et d'offres de formation pour attirer des investissements et renforcer certaines filières.
J'espère vous faire partager l'état d'esprit de curiosité et d'enthousiasme pour ce schéma directeur de développement.

Mise à jour le : 09 novembre 2010
La carte de Paris - nouvelle fenêtre

La carte de Paris