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Paris à l'horizon 2025

Mobilités et déplacements à l’échelle métropolitaine (15 juin 2005)

Textes des principales interventions
Benoît CHARDON
Benoît Chardon au séminaire « Paris à l’horizon 2025 »  15 juin 2005

Observatoire régional de santé d’Ile-de-France.
De nombreuses études ont déjà été menées sur Paris et sa proche Couronne sur les relations entre pollution atmosphérique et santé et il existe de nombreuses informations sur ce thème.


L’étude ERPURS, (Évaluation des Risques de la Pollution Urbaine sur la Santé), qui date de 1990, a été mise en place par l’Observatoire régional de santé. Cette étude s’intéresse aux risques, à court terme, de la pollution atmosphérique urbaine.

Le PSAS9 (Programme de Surveillance Air et Santé 9 Villes) est un programme national pour lequel l’ORS représente le pôle parisien. Ce programme est coordonné par l’InVS depuis 1997, suite à la loi sur l’air et l’utilisation rationnelle de l’énergie et s’intéresse aux risques à court terme de la pollution et réalise des évaluations d’impact sanitaire à court terme.

Le projet APHEIS (Air Pollution and Health European Information System) est un projet européen auquel 22 villes européennes participent et dont l’ORS représente aussi le pôle parisien.
Pour chaque projet, la zone d’étude est toujours Paris et la proche Couronne, dont on estime qu’elle représente le cœur  urbanisé et dense de la région Ile-de-France.


L’évolution des niveaux de pollution ces dernières années sur Paris et sa proche Couronne à travers les variations journalières des niveaux de dioxyde d’azote, entre 2000 et 2003 montre que la tendance générale sur ces quatre années est plutôt à la stabilité, avec une moyenne journalière de 44 microgrammes par mètres cubes pour le dioxyde d’azote, et des niveaux journaliers qui peuvent varier entre 12 et 132 microgrammes par mètre cube.


Pour les PM10 - les particules en suspension d’un diamètre inférieur à 10 microns – la moyenne journalière se situe autour de  23µg/m3 et les niveaux journaliers varient entre 6 et 97 microgrammes par mètre cube. Les variations peuvent être importantes d’un jour à l’autre et on est aujourd’hui confronté à un problème de diminution des niveaux de pollution que l’on n’arrive pas à résoudre.

Les études ERPURS et PSAS9 sur les risques sanitaires s’intéressent à différents  indicateurs sanitaires, comme le nombre journalier des décès,  ou le nombre journalier de décès pour cause cardiovasculaire et pour cause respiratoire, etc. et portent sur une liste de différents polluants. Dans un scénario - tout à fait possible ,  d’une augmentation de 10 microgrammes des niveaux de dioxyde d’azote, on observe une augmentation du risque de décéder de toutes causes de 0,9 %. Concernant les hospitalisations, pour une augmentation de 10 microgrammes des niveaux de PM10, on constate également une augmentation du nombre d’hospitalisation pour causes respiratoires de 0,9 %.


Les résultats de l’étude de PSAS9 sont obtenus à partir de 9 villes françaises et non pas uniquement sur Paris et sa proche Couronne, et renforce donc la validité des résultats.


L’étude APHEIS s’intéresse à l’évaluation d’impact sanitaire, aussi bien à court terme qu’à long terme. Concernant les résultats à long terme, dans un scénario où les niveaux de PM 2,5 diminuent de 3,5 microgrammes par mètre cube, 800 décès pourraient être sur Paris et sa proche Couronne par an. L’espérance de vie d’une personne âgée de trente ans serait augmentée de 0,2 année. Il faut être très prudent avec ces résultats et, les interpréter comme un ordre de grandeur plus que comme un chiffre brut. On rencontre des problèmes pour la détermination de l’exposition des personnes. De plus, en particulier pour des risques à long terme, on utilise des relations exposition/risque obtenues aux États-Unis, sur des populations qui ne sont pas tout à fait les mêmes qu’en France et des niveaux de pollution qui ne reflètent pas la même chose.


En conclusion, on peut dire que la pollution atmosphérique est un facteur de risque non négligeable, comme le montrent ces 800 décès par an qui pourraient être évités. Il faut retenir qu’il est très difficile de se soustraire à cette exposition - tout le monde est exposé à la pollution atmosphérique -, cependant, les risques sanitaires sont bien plus faibles que ceux associés au tabac ou à l’alcool. Enfin, il faut être très prudent sur l’interprétation des résultats obtenus au cours de ces études du fait des nombreuses incertitudes. Ce qu’il est important de comprendre, c’est que ce ne sont pas uniquement les pics de pollution sur lesquels il faut agir. Toute diminution des niveaux de pollution entraînera un bénéfice sanitaire.

Mise à jour le : 09 novembre 2010
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