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Paris à l'horizon 2025

Dix ans de schéma directeur régional : bilan et perspectives (16 février 2005)

Textes des principales interventions
Anne CANCELLIERI
Anne CANCELLIERI © Mairie de Paris DDATC / Dolce Vita
rapporteur du CESR* pour la révision du SDRIF

Je voudrais dégager quelques lignes de force et aussi quelques idées simples.
Je voudrais qu’on change de nom et cela veut dire aussi changer de statut. Au lieu d’un schéma directeur, pourquoi pas un « pacte » ? Il y a énormément d’intervenants : l’État, la Région, les Conseils régionaux, les Conseils départementaux, les habitants, les communes et les régions voisines intéressées. On n’est pas dans un îlot au milieu de l’océan, et il faut être d’accord avec les autres. Il faut être extrêmement souples : l’expérience prouve que la réalité contourne toujours ce qui est trop rigide.
Le nouveau schéma ou pacte devrait être un organisateur de dynamisme. Par exemple, la doctrine, depuis quarante ans, prône le polycentrisme. Or, l’urbanisation suit obstinément les bois et les vallées. Les faits sont têtus, il faut en tenir compte et également que Paris et sa région ont une image, un rayonnement et un destin indissociables. C’est la même chose pour Londres avec le grand Londres. Depuis Jules César qui a enserré Lutèce, le territoire de Paris s’est étendu tranquillement jusqu’en 1788, avec les Fermiers Généraux et les octrois. Après 1840 et le grand bond de la révolution industrielle, il a encore un peu progressé. À partir de 1936, cette expansion a été stoppée. Paris est enserré par les boulevards des Maréchaux et il ouvre sur des portes, même si elles ne sont pas matérialisées.
Jusqu’en 1920, la population de Paris et de la région, a augmenté dans les mêmes proportions. À partir de 1920, hors Paris, la population de la Région grimpe et représente 5 fois celle de Paris. Celle de Paris stagne depuis et elle connaît en 1962 une descente vertigineuse. 650 000 habitants disparaissent en moins de vingt ans. Que reste-t-il aujourd’hui du « bon peuple de Paris » ? Les artisans ont pratiquement disparu. 200 000 emplois essentiellement d’ouvriers et d’employés ont disparu. Seules les classes les plus aisées se maintiennent. Les quartiers de Paris ne sont pratiquement animés que par des touristes et des gens qui viennent y travailler. Certains sont complètement vides les fins de semaine et le soir. Il ne faudrait pas que Paris devienne une ville musée.
Comment repeupler Paris harmonieusement, avec toutes les classes de la population ? Les 650 000 logements dont les habitants sont partis ont été pour la plupart transformés en petits ateliers ou en bureaux. Or, le tertiaire est en pleine mutation avec le bureau à domicile, les bureaux mobiles, les portables, Internet, etc. Ne faudrait-il pas essayer de rendre à leur destination première ces logements qui sont actuellement des bureaux, même si cela ne se fera pas en huit jours ?

Concernant les déplacements, dans toutes les métropoles importantes – Londres, Tokyo, Chicago –, il est de plus en plus difficile d’aller d’un point A à un point B. Personne ne discute le développement intensif des transports en commun, mais toute une catégorie de population ne peut pas prendre les transports en commun, ne peut pas descendre les escaliers du métro ou monter les marches d’un autobus, ne peut pas être debout et se faire bousculer.
Or, les taxis sont sous-employés, même s’ils sont sur employés en période de pointe, entre trois et quatre heures par jour. Un ticket de métro coûte un euro, un taxi pour aller de la rue de Lourmel à la République vingt euros et quarante euros aller et retour. À Londres, les personnes handicapées, qui ne peuvent pas prendre les transports en commun et n’ont pas envie de prendre leur voiture - le but étant d’éviter que les gens ne prennent leur voiture, - ont droit, avec un certificat médical, à trente déplacements en taxi par trimestre pour le coût de la prise en charge.
Concernant Paris et son image, Paris est au carrefour de toutes les capitales pour la vieille Europe, et c’est la première direction touristique de la planète. Les critères de classement varient, ils ne sont pas très bas pour l’instant mais rien n’empêche de les améliorer. Les nouveaux maîtres d’œuvre du schéma directeur doivent tenir compte de ce rayonnement et ne doivent surtout pas oublier que 2012 est proche et que nous espérons tous avoir la possibilité de recevoir les Jeux Olympiques.  

* CESR Conseil économique et social régional
 
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Mise à jour le : 09 novembre 2010
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