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Le FMAC à l'école
Ils ont dit
Olivier Deshayes, professeur d'arts plastiques de la ville de Paris
Quel a été votre rôle dans le projet ? Comment Olivier Deshayes HDV2 (1)l’avez-vous mis en place ?
O.D. : Dans un premier temps, Madame Casassa, principale adjointe, et moi avons choisi l’œuvre dans les réserves du FMAC. Mon rôle a plus particulièrement été de mettre tous les élèves du collège en contact avec elle puis, par un jeu qui relèverait de la maïeutique, de leur révéler les problématiques inhérentes à l’œuvre d’Alain Bublex. Par ailleurs, sa présence a profité aux élèves de l’option arts plastiques (seconde, première et terminale) du lycée qui ont également partagé cette approche.
Quel enjeu avez-vous choisi d’aborder ?
O.D. : Il s’agissait de fédérer deux classes de 3e qui ont travaillé très librement à partir de l’image d’Alain Bublex qui, lui-même, enracinait son projet à partir du Plan Voisin de Le Corbusier. Il a fallu que les élèves travaillent d’abord en amont sur le Plan Voisin pour l’articuler ensuite sur la démarche créatrice de l’artiste.
Comment l’opération a-t-elle été accueillie par les enfants, les équipes et vous-même ?
O.D. : Très bien par les élèves qui, à la fin du projet, m’ont demandé si l’opération se renouvellerait l’année suivante. Ambivalente par les collègues, certains pensant que c’était une excellente idée, d’autres que « ce n’était pas de l’art ». En tout cas, l’installation d’une production contemporaine a beaucoup fait parler et réagir, interrogeant tous ceux qui la voyait, s’arrêtaient devant, en parlaient et échangeaient entre eux leurs impressions, quelles qu’elles soient.
Elle a, par ailleurs, sollicité la curiosité de certains élèves d’histoire des arts (enseignement de spécialité au lycée Rodin) qui ont trouvé cette installation passionnante et ont souhaité qu’elle se renouvelle de manière pérenne. Selon moi, enfin, je trouve que c’est assurément très positif car la cité scolaire Rodin dans son ensemble (collège et lycée) a bénéficié de la présence d’une production artistique contemporaine au sein d’une structure dans laquelle, a priori, on ne l’attendait pas. Là encore, elle a suscité échanges, discussions, voire polémiques, bref elle a créé du sens dans un lieu autre que muséal.
Le projet a-t-il donné lieu à des réactions surprenantes de la part des enfants ?
O.D. : Les élèves ont été troublés par l’articulation très fine de l’image proposée par Alain Bublex, photomontage réalisé à partir d’une photographie de très haute définition et de retouches réalisées par Photoshop. Par ailleurs, l’artiste est venu au collège expliciter son travail. Ce fut un moment fort de cette expérience. Les élèves ont pu lui poser toutes les questions qu’ils souhaitaient lui soumettre. Alain Bublex s’est prêté avec beaucoup de gentillesse et d’à propos à cet exercice. Bref, ce fut une vraie rencontre, riche en échanges de part et d’autre.
En quoi cette exposition est-elle innovante en matière d’éducation artistique ?
O.D. : Parce qu’elle permet de travailler autrement avec les élèves qui, eux-mêmes, mettent en place des approches de travail différentes. Elle aiguise leur regard à autre chose que des références iconographiques majeures et néanmoins essentielles.
Et par rapport à votre expérience, que pensez-vous de ce projet ?
O.D. : Il m’a permis de travailler en opérant des modes différents que j’avais abandonnés depuis quelques années et de solliciter des collègues (professeurs et documentalistes) qui ont bien voulu participer à cette aventure.
Ce projet a-t-il du sens pour les élèves que vous côtoyez et dans quelle mesure ?
O.D. : Tout à fait, le projet leur a ouvert des perspectives inédites. Cela a été facilité dans la mesure où la population d’élèves appartient à une catégorie socioculturelle plutôt favorisée, même si le collège compte également des élèves qui n’appartiennent pas à cette dernière.



