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Le FMAC à l'école
Edition 2011-2012
Les artistes
Naji Kamouche
Né à Mulhouse en 1968, vit et travaille à Mulhouse.
Le travail de Naji Kamouche exploite un univers d’objets à travers des installations qui révèlent toute la complexité d’un art déroutant et inquiétant à la fois. L’artiste manifeste le plus grand intérêt pour les mots qui s’affairent dans les interstices du doute et de la révolte. Les mots – ou maux – gravés sur des plaques de marbre dans De l’amer va l’aveu ou sur des bougies dans Dis-moi le regret de mon silence prennent sens avec la matière et résonnent comme une révélation de notre tragique destinée : naître, larmes, doux, subir… crier, fuir, échouer, mal… Naji Kamouche aime jouer des matières : le charbon, le bois, le métal, le textile. Caresser l’essence d’un pas oublié, pièce réalisée avec un tapis et des chaussures qui se fondent dans une parfaite harmonie, révèle un être en quête d’une identité, de racines qu’il tente de s’approprier et de se construire. Ces mises en scène incarnent les mondes intérieurs de l’artiste qui s’interroge sur lui-même, l’autre, son rapport au monde, à notre société contemporaine, notre société de consommation.
Ses pensées géographiques, véritables cartes géographiques cousues sur papier, constituent des repères de vie, à l’image de la main symbolique protectrice ou dans laquelle l’avenir serait inscrit. Une main, ou plutôt son ombre, délimite un espace, tandis que des îlots de territoires décousus sont retenus à la main-carte par un mince fil. Sur ces territoires échappés à la ville s’inscrivent des mots (désir, bonheur, vaincre, seul…) qui semblent former une carte mentale faite d’émotions et de pensées.
« Mes pièces naissent de l’expérience au quotidien. Elles ne sont pas le support d’un vécu comme objets de substitution, mais une possible traduction intimiste d’état d’être. Elles sont l’aboutissement d’une trame mentale, chargée de sens émotionnel […]. Les rapports entre le corps et l’esprit sont le prolongement de mes préoccupations. Ce corps qui se veut de plus en plus libéré reste en fait prisonnier d’une société qui cherche à masquer, occulter, les réalités telles que la souffrance, la maladie, la mort. » (Naji Kamouche).
"Pensée géographique" (Paris, Strasbourg, Marseille), 2008, trois cartes géographiques cousues sur papier Canson, silicone, 57 x 40 cm chaque, acquisition en 2008, collection du Fonds municipal d'art contemporain de la Ville de Paris © Christophe Noël FMAC/Ville de Paris
Voir les travaux de médiation autour de l'oeuvre de Kamouche Naji



