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Le FMAC à l'école
Edition 2011-2012
Les artistes
Jennifer Allora et Guillermo Calzadilla
Née en 1974 à Philadelphie (USA), Jennifer Allora vit et travaille à Puerto Rico.
Né en 1971 à La Havane (Cuba), Guillermo Calzadilla vit et travaille à Puerto Rico.
Nourris par leur double formation artistique et scientifique, Jennifer Allora et Guillermo Calzadilla créent une oeuvre qui vise la déstabilisation des systèmes urbains, politiques, économiques, perceptifs et communicationnels, qu’ils révèlent et reformulent par l’action artistique. Ils interviennent régulièrement sur l’espace urbain par des performances. Dans ces actions, la ville devient un lieu d’émissions et un instrument de communication. En même temps, Allora et Calzadilla donnent sens à leur travail en conviant le spectateur à une réflexion sur l’histoire du lieu.
La série des photographies Land Marks (Footprints) montre l’étroite collaboration entre les deux artistes et différents groupes d’activistes rassemblés en 2001-2002 sur l’île de Vieques à Puerto Rico pour protester contre son occupation par l’armée américaine. Pendant plus de soixante ans, en effet, les militaires se sont livrés à des essais de bombardements et autres technologies chimiques. Les artistes ont alors réalisé des semelles en caoutchouc avec des pictogrammes exprimant les idéologies des individus les portant et de courts messages en espagnol sur leurs opinions quant à l’aménagement de l’île (réserve naturelle, centre commercial, etc.). Les empreintes laissées dans le sable de Vieques sont la matérialisation de leur contestation. Action de désobéissance civile, ces traces revêtent une signification d’autant plus forte que la seule présence des activistes sur le sol de Vieques entraînait, grâce aux détecteurs de la police militaire, l’arrêt forcé des bombardements. La multitude des empreintes, qui se superposent et parfois se brouillent, témoigne aussi de l’avenir incertain de l’île. Dans Land Mark (Footprints) #1, les traces des semelles imprimées de slogans et de protestations traduisent la reconquête du territoire contesté, saluent bien bas les auteurs du “grand pas pour l’Humanité” et révèlent le message subversif : « Pas une bombe de plus, pas une minute de plus ».
"Land Mark" (Footprints), #1, 2002, tirage couleur à développement chromogène, édition 1/3, 49 x 61cm, acquisition en 2004, collection du Fonds municipal d'art contemporain de la Ville de Paris © Galerie Chantal Crousel
Voir les travaux de médiation autour de l'oeuvre d'Allora Jennifer et Calzadilla Guillermo



