Christine Cringoli, professeur d’arts plastiques au collège Edmond Michelet - Paris.fr
 

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Le FMAC à l'école

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Christine Cringoli, professeur d’arts plastiques au collège Edmond Michelet

















Comment percevez-vous l’enjeu du FMAC à l’école ?
C.C. : Pour les élèves de collège, c’est avant tout l’occasion de découvrir et d’apprendre à connaître l’art contemporain, mais aussi de comprendre ce dont il s’agit, d’évoquer l’art actuel, l’art vivant. C’est un moyen d’entrer dans un rapport de proximité avec la création. Nous voulions à la fois travailler au niveau de l’établissement, qui compte 650 élèves, et au niveau de la classe, ce qui a été intéressant mais aussi difficile. La difficulté réside dans le fait que peu d’heures sont consacrées aux arts plastiques dans l’emploi du temps des élèves et que nous avons un programme à respecter.

Quel a été votre rôle dans le projet et comment se sont articulés les différents volets ?
C.C. : J’ai été un pivot dans la mise en place conjointe de l’opération : je me suis rendue aux réunions et à la présentation des œuvres dans les réserves du FMAC pour faire un choix. Une fois les drapeaux installés dans le centre de documentation du collège, il y a eu  une phase de présentation de l’œuvre et de Nicolas Milhé via le site de l’artiste en ligne. Puis un travail de recherche écrit avec un questionnaire réalisé en classe. Nous avons organisé un débat entre deux classes, deux professeurs et deux documentalistes. À partir de là, les élèves ont fait un travail plastique en classe sur les notions de visibilité et d’espace d’exposition. Enfin, l’artiste est intervenu en personne et les élèves ont participé à un atelier de réalisation conduit par la médiatrice de l’université Paris 8 qui a suivi toutes les étapes du projet.

Par chance, l’exposition Dynasty au Musée d’art moderne de la Ville de Paris en juin présentait l’artiste étudié, Nicolas Milhé. Il était très intéressant de « boucler la boucle » car les élèves ont découvert la création en amont par l’artiste, la présentation de l’œuvre, son accrochage dans un lieu inhabituel et son exposition muséale, c’est-à-dire son rapport au contexte et son existence face au public.
Par approches successives, nous avons eu l’impression de répondre timidement à une mission : faire connaître les questionnements inhérents à l’art contemporain.

Comment l’œuvre a-t-elle été accueillie par les enfants, les équipes et vous-même ?
C.C. : D’après les impressions recueillies par la documentaliste, les élèves – comme les enseignants d’ailleurs - l’ont perçue de façon positive. Ils étaient curieux, par exemple ils voulaient savoir si le métier d’artiste est compatible avec la vie de famille et connaître le prix de l’œuvre.
Par ma part, cette opération m’a semblé très positive car il y a eu plusieurs niveaux d’intervention : celle de l’artiste, qui a permis de découvrir une façon de travailler, puis celle de la médiatrice qui a créé du lien et permis aux élèves de sentir que des personnes autres que le professeur d’arts plastiques étaient investies dans le projet.

En quoi cette exposition est-elle innovante en matière d’éducation artistique ?
C.C. : L’exposition d’une œuvre dans un contexte scolaire pendant presque toute l’année génère un rapport différent avec elle, du fait de la proximité et de la durée. C’est une autre façon d’aborder la relation à l’œuvre car cela permet de toucher l’élève au plus près et quotidiennement. Cette proximité permet de construire un rapport privilégié avec elle. Il y a aussi un phénomène de désacralisation lié au fait que nous ne nous trouvons pas dans le musée, ni face à une œuvre sur un socle ou derrière une vitrine.

Cette expérience a-t-elle du sens pour vos élèves et dans quelle mesure ?
C.C. : Elle a du sens pour tous les élèves car l’art contemporain étant encore un domaine difficile d’accès, ils ont découvert quelque chose qui était à leur portée, notamment avec l’intervention de l’artiste. Ils ont abordé les enjeux de la création d’une œuvre et de sa réception.

 

 

 

Mise à jour le : 14 mai 2013
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