«« retour

Partager sur Facebook | Partager sur Twiter | Partager | Imprimer | A+ | A- | A=Actualités

La Cité du Cinéma : la guerre des écoles n’aura pas lieu

Crédits photo : Mairie de Paris/Jean-Baptiste Gurliat
[07/11/2012]

Luc Besson portait ce rêve depuis plus de 20 ans: concevoir un grand studio à l’américaine en Ile de France. Aujourd'hui, c'est chose faite, "Hollywood sur Seine" a enfin ouvert ses portes sur le plus grand ensemble de studios en Europe avec en prime deux écoles : la prestigieuse Louis Lumière et une débutante, l'Ecole de la Cité. Visite guidée.

Tout le projet remonte aux années 1990. A l’époque, le réalisateur Luc Besson s’impose déjà comme l’une des figures majeures du cinéma français. Le carton monumental du "Grand Bleu" (près de 10 millions d’entrées à ce jour) est encore dans tous les esprits et avec "Nikita" et "Léon", il est en train de réinventer le polar français, lui insufflant l’adrénaline des superproductions américaines et une netteté de contour inspirée de la BD.

20 ans de réflexionsC’est d’ailleurs en tournant "Léon" que Luc Besson découvre pour la première fois cette centrale électrique désaffectée où la Cité du Cinéma verra finalement le jour. A l’époque, il lui semble qu'il manque à la France - premier producteur de films en Europe - un complexe cinématographique global, qui concentrerait toutes les activités, de l'écriture du scénario à la distribution. Cette friche industrielle située à Saint-Denis (93) lui donne des idées.

De la vision à sa réalisation, deux décennies vont s’écouler. Entretemps, Besson est allé frapper à toutes les portes, jusqu'à convaincre ses partenaires actuels. Vinci, le géant de la construction; la Caisse des Dépôts, un investisseur public qui a le sens du long terme; Plaine Commune qui veut redonner vie à un territoire ravagé par la désindustrialisation.  En 2006, sa société de production EuropaCorp rachète le site. Les travaux démarrent en 2010 et deux plus tard, la Cité du Cinéma est sortie de terre, avec 62.000m² de nouvelles installations en plein cœur du Grand Paris. A l’horizon, une perspective de 2.000 emplois et quelques milliers d’heures de bonheur dans les salles obscures.

 

La Nef de la Cité du Cinéma

 

Une cathédrale du 7e art

La Cité du Cinéma s’organise autour d’un gigantesque vaisseau de 200 mètres de long sur 20 mètres de haut. Lumière, élancement, écho : les architectes industriels voulaient clairement rivaliser avec les bâtisseurs de cathédrale. De part et d’autres, comme les bas-côtés d'une basilique, on trouve des patios, des bureaux, des bans de montage, un auditorium de 500 places (idéal pour les avant-premières), le siège social  d’EuropaCorp et le plus grand ensemble de plateaux de tournage en Europe et deux écoles.

Les Studios de Paris

 

Studio de la Cité du Cinéma

 

Si vous êtes une société de production qui cherche à reconstituer un village gaullois ou une bataille navale en studio, vous avez frappé à la bonne porte. Avec les Studios de Paris, EuroMedia dispose de neuf plateaux de 600 à 2000 m². Hauteur sous plafond : jusqu’à 16 m. Quand on pénètre sur les "sets" les plus importants, c'est le mot de Pascal qui vient à l'esprit : "Le silence éternels de ces espaces infinis m’effraie". Complétement insonorisés, totalement vides, gigantesques dans leurs proportions, ces installations ont de quoi donner le vertige.

Au moment du tournage, plus rien à voir. Tout à côté, il y a les ateliers de menuiseries, de peinture, les loges, les bureaux de la production. Les lieux grouillent de techniciens comme une véritable fourmilière. Une "stroumpfrière" plutôt puisque c’est là que fut tourné le deuxième volet des Schtroumpfs, soit 350 personnes mobilisées pendant trois semaines.  

L'institution et la petite nouvelle : les deux écoles de la Cité du Cinéma

L'été dernier, l'Ecole Louis Lumière a fait ses cartons, quittant Noisy-le-Grand pour prendre ses quartiers à Saint-Denis. Non seulement, cette arrivée correspondait à l’esprit des lieux (concentrer toute la chaîne de production, de la formation à la diffusion), mais elle permettait aussi au site de disposer d'un locataire permanent; un bon moyen d’assurer son assise économique au démarrage.

Pour le monde du cinéma, cette école est un monument. Née à l’initiative des frères Lumière et de Louis Gaumont, elle prépare aux métiers de l’image et du son depuis 1926. Parmi ses anciens élèves : Claude Zidi, Gaspar Noé ou Louis de Funès. Derrière ces quelques grands noms, Louis Lumière  a surtout formé la crème des ingénieurs du son et des chefs opérateurs français. Des gens qu'on voit peu dans les magazines mais qu’on retrouve au générique d'un nombre incalculable de films. Chaque année, 600 candidats se présentent au concours. Niveau Bac+2. A l’arrivée, 48 étudiants sont retenus, qui se répartissent dans les promos Son, Cinéma et Photographie. A la sortie, un diplôme Bac+5 qui fait référence dans la profession.

 

 

De l’autre côté de la Nef, L’Ecole de la Cité accueille ses 60 premiers élèves. Sur ce coup-là,  Luc Besson l’autodidacte a voulu prendre les habitudes à rebrousse poil. Le cinéma français a souvent la réputation d’être intello, replié sur lui-même, sociologiquement très homogène. En créant une école ouverte aux jeunes qui ont un BAC pour seul bagage, le réalisateur espère faire monter toute une nouvelle génération, issue des quartiers et d’ailleurs, avec un culture ciné différente et qui pourrait travailler entre la France et les Etats-Unis. Des bébés Besson en somme.

En tous les cas, l’idée a séduit. Le jour des inscriptions, 50.000 internautes se sont connectés au site de l'école qui a planté presque aussitôt.

Autre originalité : cette école jouxtent les studios. Les techniciens sontdonc  invités à transmettre leurs savoirs, les élèves à fureter sur les plateaux, les uns et les autres à se croiser le plus possible. « C’est une école directement intégrée dans le métier » explique Rachid Dhibou, le réalisateur de "Halal Police d’Etat" qui a pris les étudiants sous son aile pendant leur mois d’intégration.

D’un côté donc, on trouve la grande école et son prestige; de l’autre, la nouvelle venue avec ses audaces. De part et d’autre, on n’attend qu’une chose : faire de pont, croiser les influences, bosser de concert. Un mélange des genres dont on verra les effets sur nos écrans d'ici quelques années.

Fanny Talmone, première promotion de l’Ecole de la Cité, section scénario

Fanny Talmone

 

Elle a dix-neuf ans, elle vient d’Anthony et avant d’étudier à l’Ecole de la Cité, elle avait commencé des études de médecine. Sans trop y croire apparemment, parce que dans un coin de sa tête, il y avait autre chose. Le cinéma bien sûr.

Comment avez-vous entendu parler de cette école ?

En cherchant une école de cinéma sur Internet. A un moment, il y avait tellement de demandes que le site n’acceptait plus d’inscriptions et c’est justement là que je suis arrivée. Finalement, le problème a été réglé et j’ai pu candidater.

L’école a retenu 2400 candidats sur les 50.000 qui s’étaient inscrits en ligne ? Comment avez-vous réagi quand vous avez su que vous étiez du nombre ?

Je n’y croyais pas. En fait, j’étais déjà contente de pouvoir venir à la Cité du Cinéma. Je me disais: j’aurai au moins vu ça. Le plus dur, c’était de voir tous ces gens qui étaient venus pour intégrer l’école. Des gens talentueux en plus, qui avaient plein de choses à offrir à l’école. Comme je n'avais pas un parcours en lien avec le cinéma, je craignais vraiment d'être désavantagée.

En quoi cette école est-elle spéciale selon vous?

On est tout de suite dans la pratique, dans le concret. La preuve, on travaille sur un projet dès le début. Une société a fait une demande pour un spot de pub et on nous demande d’y travailler. On nous fait confiance. Etre dans une école juste à côté de vrais studios de tournage, c'est une chance aussi. Par exemple, on a pu se rendre sur les plateaux de "Malavita" (le dernier film de Luc Besson avec Robert de Niro et Michelle Pfeiffer). On se retrouve à discuter avec tous les techniciens qui sont super ouverts et qui adorent parler de leur métier. C’est un rêve de cinéphile.

TV Paris (logo)

En vidéo...

  • La boutique de la Ville de Paris est ouverte !

    >>Toutes les vidéos

Dossier

  • Le FMAC à l'école

    Crédits

    Exposer des œuvres d'art contemporain dans des écoles, collèges, centres scolaires et hôpitaux parisiens, telle est l’expérience initiée par le Fonds municipal d'art contemporain dans le cadre de l'opération "L'art pour grandir".

  • Comment ouvrir une chambre d'hôtes à Paris ?

    Crédits

    La semaine prochaine Clara va recevoir deux jeunes filles venues de New York. Cet été, elle se prépare à l'arrivée d'un jeune couple de Japonais en voyage de noces dans la capitale. Clara a sa chambre d'hôtes dans son appartement du 11ème arrondissement. Si comme elle, vous voulez tenter l'expérience de location de chambre d'hôtes à Paris, suivez notre guide...