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La résidence sociale Claude Tillier : un peu de Mali à Paris

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[15/03/2012]

Depuis les années 1970, des milliers de travailleurs migrants, venus pour la plupart d’Afrique sub-saharienne, sont passés par les 45 foyers que compte Paris. Surpeuplés, vétustes, ces lieux de vie font aujourd'hui l’objet d’un effort de réhabilitation majeur. Visite de la résidence sociale de la rue Tillier (75012), un petit bout d’Afrique en pleine capitale.

 

Mamadi Traoré est malien. Quand on lui demande à quelle date il est arrivé en France pour travailler, il répond sans hésiter: le 3 mars 1969. Il habite le foyer Claude Tillier (75012) depuis presque aussi longtemps. Ce foyer vient justement d’être réhabilité et le 6 mars, c’était l’inauguration. Le maire de Paris est venu partager un mafé avec les habitants. Monsieur Troaré, le Président du Comité de Résidents, en a vu d’autres:

« Plusieurs candidats à l’élection présidentielle malienne qui aura lieu en avril 2012 sont venus ici pour faire campagne. Nous les avons reçus et écoutés. Les représentants du consulat étaient là eux aussi. »

Un étage, un village

Ces foyers de travailleurs migrants constituent de véritables points d’ancrage pour ces hommes venus de loin et qui exercent généralement des métiers très difficiles. Ils y trouvent un loyer raisonnable, des compatriotes et organisent souvent leur vie comme au pays.

En écoutant Mamadi Traoré, on comprend d’ailleurs que la résidence Tillier, c’est toute une histoire. Pendant des décennies, chaque étage a correspondu à un village. Comme au Mali, on y avait ses doyens et peu à peu, une organisation « à la malienne » s’est mise en place. Mamadi Traoré raconte :

« En 1976, nous avions des problèmes avec des gens de l’extérieur qui venaient jouer aux cartes et qui faisaient du bruit toute la nuit. Alors nos doyens ont désignés des délégués pour mettre de l’ordre. Nous sommes aussi devenus les interlocuteurs de la direction. »

Dans les années 80, le foyer Tillier avait sa forge, des tailleurs, un marché, on y vendait de la volaille. Et il y a peu de temps encore, chaque étage disposait d’une cuisine collective. C’est-à-dire que des femmes venues de l’extérieur venaient faire à manger sur place, dans les couloirs, et offraient des plats africains pour 1,50 euros seulement. Le Comité des Résidents s’assurait d’ailleurs de la modestie de ces prix. Pendant plus de trois décennies, la fumée  montée des gamelles a noirci les façades.

Les photos prises en 2006 par Maud Delaflotte témoignent d’ailleurs de cette époque. Elles parlent aussi de l’état de décrépitude dans lequel étaient tombés les lieux.

25 foyers à réhabiliter

Depuis 2005, la Mairie de Paris pilote directement un programme de réhabilitation qui concerne 25  foyers. "Entre 2005 et 2011, ce sont 260 millions d’euros qui ont été investis, dont 140 millions venant de la Mairie » a d'ailleurs précisé Pascale Boistard, adjointe chargée de l’intégration et des étrangers non communautaires.

Le foyer Tillier sort justement de cette cure de jouvence, pensée en lien avec le cabinet d'architectes GKP+R. Les chambres qui accueillaient auparavant entre deux et cinq personnes ont été remplacées par de petits logements individuels meublés. Chacun d’entre eux compte une kitchenette, un coin salle de bain et un lit. Ce choix réduit certes la capacité d’accueil du foyer, mais a le mérite de garantir de meilleures conditions de vie et de maîtriser la sur-occupation.

 

Chambre résidence Tillier - Nouvelle fenêtre
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Finies aussi les petites cuisines improvisées dans les couloirs et les problèmes d’hygiène et de sécurité qui allaient avec. Elles ont laissé la place à un restaurant social qui offre du travail à 17 personnes et qui sert 250 repas par jour pour un prix toujours imbattable de 3 euros.

Mon foyer, mon quartier
Le plus difficile a finalement été de convaincre les résidents de déménager le temps des travaux, ces derniers craignant de ne plus pouvoir revenir. « Nous avons dû rétablir la confiance, a expliqué Pascale Boistard. Nous avons donc associé les résidents à toutes les décisions, en établissant notamment un protocole électoral qui leur a permis de désigner des représentants. » Des représentants qui, sans surprise, sont les mêmes que les délégués désignés par les doyens.

Pascale Boistard - Nouvelle fenêtre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pascale Boistard

Quoi qu’il en soit, Mamadi Traoré se réjouit que la presque totalités des résidents aient pu retrouver un lit rue Tillier. Le Comité qu’il préside y tenait absolument, pour maintenir la solidarité qui unit cette petite communauté. Par amour du quartier aussi. Pendant les travaux, des résidents relogés dans le 14° Arrondissement n’ont-ils pas continué à venir dans le 12° pour faire leurs courses au marché d’Aligre?

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