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Promenez-vous dans Paris avec Le Corbusier

Crédits photo : Copyright : F Grunberg / FLC/ ADAGP, Paris2012
[05/03/2014]

Lorsque l'on évoque Le Corbusier, on pense à l'ambassadeur de l'habitat moderne, à l'architecte mondialement reconnu, mais rappelons-nous (aussi) que le père de l'unité d'habitation vécut dès 1927 dans Paris qu'il marque aujourd'hui encore par son style avant-gardiste. Le temps d'une belle promenade, retrouvez ce Paris "à la mode Le Corbusier".

1-Promenade dans l'histoire urbaine de la Capitale

Le Corbusier, ou l'ambition d'un Paris moderne (1956)

Retour dans une ville encore marquée par les stigmates de la guerre et l'insalubrité. Le Corbusier présente en 1956 un plan ambitieux de réaménagement urbain. Il veut, notamment, créer quatre grands gratte-ciels, tels des cathédrales modernes de bureaux en plein coeur de Paris, ainsi qu'un quartier résidentiel privilégiant espaces vert, larges avenues pour la circulation, et proximité des commerces. Dans les quartiers historiques, il préconise de faire disparaitre progressivement les îlots insalubres encore nombreux dans la ville. La grande mission de l'architecture est alors de "d'envelopper les hommes à leur échelle".

En réalisant ce programme, le Marais aurait disparu et le centre de Paris littéralement changé de dimension. Cet ensemble urbain ne verra finalement pas le jour. A la place, il sera décidé de promouvoir la réhabilitation des quartiers insalubres et de conserver ainsi au centre névralgique de Paris les atraits d'un habitat à l'envergure villageoise.

 


2-Sur les traces parisiennes de Le Corbusier

A défaut de redessiner le centre urbain de la capitale, Le Corbusier en marque son époque architecturale. Sa notoriété internationale croissante et son style unique lui permettent de mener à bien, selon ses principes de construction moderne, plusieurs projets d'habitat dans Paris.

L'atelier Ozenfant

Pour Amédée Ozenfant, Le Corbusier dessine dès 1925 cet atelier non loin du parc Montsouris. A sa création, l'atelier était éclairé par des sheds vitrés, le toit-terrasse viendra ensuite dans l'ensemble.


Les Villas La Roche et Jeanneret (16e)

Il s'agit de deux résidences distinctes mais unies en façade sur une rue commune. L'une est occupée par son frère, l'autre par le banquier La Roche. L'ensemble intérieur épuré se prête parfaitement à l'exposition d'oeuvres, ce à quoi La Roche destinait pour partie la Villa. Les bâtiments suivent les postulats de Le Corbusier en matière d'habitat moderne : construction sur pilotis, façades et planchers libres, fenêtres en largeur, et toit-terrasse. Elles représentent un témoignage emblématique du Mouvement Moderne (classées Monuments Historiques en 1996).


>>pour visiter la Villa La Roche - 10, square du Docteur Blanche (16e)

L'EXPO PHOTO : la fondation Le Corbusier en collaboration avec Willy Rizzo des tirages originaux dans la galerie et le hall de la Villa La Roche. >> Notre blog photo vous explique tout. 

Pavillon de la Suisse/ Maison du Brésil, dans la Cité Universitaire (14e)

À partir de la 1929, Le Corbusier va concentrer sa réflexion théorique sur l'organisation de la concentration urbaine. Le pavillon Suisse construit entre 1931 et 1933, par Le Corbusier et Pierre Jeanneret comme résidence étudiante, a permis à l'architecte d’expérimenter ses théories sur l'habitat collectif et de mettre en œuvre sa "machine à habiter". En 1952, le gouverment brésilien charge Lucio Costa du projet de Maison du Brésil. Ce dernier confie à Le Corbusier le développement de la construction du bâtiment, inauguré en 1959.

>>plus Pavillon Suisse

>>plus Maison du Brésil


Cité de Refuge et Palais du Peuple (13e)

Inauguré le 7 décembre 1933 par le président de la République Albert Lebrun en présence d'Albin et Blanche Peyron, alors directeurs de l’Armée du Salut. L'édifice emploie encore une fois des techniques novatrices, puisque c'est un des premiers à être doté de l’air conditionné. Il est construit en ciment armé: ossature de poteaux et planchers de béton, avec hourdis de terre cuite. Les poteaux sont enfoncés jusqu'à 12 à 15 m car le sol était instable, envahi par les eaux souterraines de la Seine. Le bâtiment était recouvert d’une façade en verre, détruite par une bombe en 1944 et remplacée par des vitres coulissantes et un pare-soleil, plus adaptés aux populations accueillies. En 1978, les dortoirs du Refuge sont divisés en espaces privatifs, et un bâtiment annexe est construit afin d’offrir 75 chambres supplémentaires. Il est appelé «Centre Espoir». En 1992, il est classé Monument historique.

L'ensemble est actuellement en rénovation. Francois Gruson (Opéra Architectes), mandataire de la restructuration nous parle de Le Corbusier : 

 Peut-on parler d’un style Le Corbusier ?

"Non, pas vraiment. Comme Picasso pour la peinture, Le Corbusier a traversé le siècle et son travail a beaucoup évolué, à la fois sur des questions techniques, mais aussi stylistiques. Pas de "style Le Corbusier", donc, mais des périodes qui s’enchainent au gré des évènements ou des rencontres : "nationalisme romantique" en Suisse avant la première guerre mondiale, "purisme" dans les années 20 et au début des années 30, approche néo-vernaculaire dans la deuxième moitié des années 30 et pendant la deuxième guerre mondiale, et enfin une forme de brutalisme tempéré dans les années 50 et 60. Ses dernières œuvres notamment font preuve d’une plasticité et d’une ouverture formelle tout à fait nouvelles, qui s’apparentent aux recherches d’un Niemeyer, par exemple.

Le Corbusier a-t-il révolutionné l’architecture du XXe siècle ?

-Pas "en ce cas" mais oui, d’une certaine manière, mais pas seul. Il faut se remémorer l’activité presque militante de Le Corbusier dans les Congrès Internationaux de l’Architecture Moderne, et sa part active dans la rédaction de la "Charte d’Athènes". Plus que l’architecture, c’est la ville du XXe siècle que Le Corbusier a contribuer à révolutionner… pour le meilleur ou pour le pire.

Le Corbusier et Paris se sont-ils mutuellement influencés ?

-Non, les relations ont toujours été difficiles. Le Corbusier, qui appelait la rue haussmannienne "le chemin de l’âne", s’est cantonné dans une attitude de victime incomprise vis-à-vis de Paris : son "Plan Voisin" avait suscité un intérêt amusé lors de l’Exposition de 1925, et malgré ses multiples tentatives, personne n’a jamais pris ce projet au sérieux. Il est faux de dire que Le Corbusier l’entendait comme un simple manifeste : il y croyait vraiment, comme en témoignent ses nombreux écrits à ce sujet. Le Corbusier n’a donc pas influencé Paris, mais Paris n’a pas beaucoup influencé Le Corbusier non plus, sinon sous la contrainte, notamment réglementaire : celles des règles d’hygiène, d’implantation ou de gabarit. Il est amusant de noter que ce qui fait, d’une certaine façon, la réussite de l’immeuble de la rue Nungesser & Coli et surtout de la Cité de Refuge, se trouve en grande partie dans la nécessaire prise en compte des règles urbaines parisiennes : traitement du rapport à la rue, traitement des couronnements et des étages en retrait, etc.

 Avez-vous abordé cette réhabilitation d’une façon différente ?

Oui et non… Oui, parce que des acteurs inhabituels pour nous interviennent dans le débat sur le projet (Fondation Le Corbusier, services patrimoniaux de l’Etat) et non, parce qu’un projet d’architecture reste un projet d’architecture, fût-ce dans un registre de contraintes différentes. Notre travail s’est toujours centré sur l’habitant, qu’il soit occupant, usager, riverain ou simple passant, et sur les valeurs que cet habitant attend de l’édifice ou du quartier qu’il habite : valeur d’usage, bien sûr, mais aussi valeur de représentation collective, valeur culturelle, patrimoniale ici, pour ne pas dire valeur symbolique. Dans ce genre de démarche, la satisfaction de l’égo de l’architecte n’a pas trop sa place, d’autant moins pour ce qui est de ce projet, où le respect de l’œuvre initiale et de son esprit doit primer sur nos envies personnelles.

 

Quel est votre ambition pour cette rénovation ?

Notre ambition est de démontrer que projet social et projet patrimonial ne sont pas incompatibles mais, au contraire, que l’un contribue à construire l’autre. Nous sommes toujours touchés de constater que ce bâtiment garde sa fonction initiale, celle pour laquelle il a été conçu par Le Corbusier, c'est-à-dire l’hébergement des plus démunis, et encore plus touchés de constater que, contrairement aux clichés, ces résidents sont extrêmement conscients de la valeur patrimoniale du bâtiment qu’ils habitent. Mieux : ils en sont fiers. C’est pour eux que nous travaillons car, quelque part, ce patrimoine est le leur, davantage encore que celui des institutions qui le possèdent effectivement ou moralement.

 Vous travaillez sur d’autres chantiers ?

-OPERA Architectes travaille également à la rénovation d’un grand ensemble construit par Alexis Josic en 1972-1977 à Villeneuve d’Ascq, protégé au titre du Patrimoine du XXe, actuellement en travaux. Nous réalisons par ailleurs l’éco-quartier des Joncs-Marins à Fleury-Mérogis, où nous construisons des logements pour tous types d’investisseurs (publics ou privés, institutionnels ou non), d’habitants (accédants ou locataires), et divers dans leur forme (individuels groupés, intermédiaires, collectifs). Dans ces deux opérations, nous essayons également de mettre en pratique cette approche humaniste que nous défendons à la Cité de Refuge."

>> plus: Armée du Salut 


4 -Mais qui était Le Corbusier?

De son vrai nom Charles-Edouard Jeanneret (1887-1965), Le Corbusier quitte sa ville natale de La Chaux-de-Fonds (Suisse) en 1917, pour s’installer définitivement à Paris. Charles L’Eplattenier, dont il a été l’élève a joué un rôle essentiel dans sa formation : "L’un de mes maîtres, (un maître remarquable) m’arracha doucement à un destin médiocre. Il voulut faire de moi un architecte. J’avais horreur de l’architecture et des architectes… J’avais seize ans, j’acceptai le verdict et j’obéis ; je m’engageai dansl’architecture".

De 1907 à 1911, Le Corbusier effectue plusieurs voyages d’études en Italie, en Allemagne et en Orient. En 1923, lorsqu’il reçoit la commande de la Maison La Roche, il a déjà travaillé sur plusieurs réalisations à la Chaux-de-Fonds et à Paris (Atelier Ozenfant). Architecte, urbaniste, peintre, écrivain, il mène de nombreuses recherches sur la création artistique et sur l’habitat moderne.

En 1923 il publie Versune architecture, qui devient et reste encore aujourd’hui le manifeste du "Modernisme".

 

5-Le Corbusier se visite de Paris à... Tokyo

Voici encore quelques lieux, bâtiments signés Le Corbusier à découvrir ici et là dans le monde.

A Paris

>> l'appartement-atelier Molitor (16e) Le Corbusier occupera cet appartement-terrasse de 1934 jusqu’à son décès en 1965. L’appartement a été classé Monument Historique en 1972 et les façades sur rues de l’immeuble, la cour, les toitures ainsi que le hall d’entrée ont été inscrits au titre des Monuments Historiques en 1990.

En Ile-de-France

>> Villas Lipchitz-Miestchaninoff (Boulogne-sur-Seine, privée, intérieur non visitable). Situé d'une part sur des parcs, d'autre part sur des rues et jardins qui occupent les premiers plans de Boulogne Les deux maisons sont construites pour des Artistes-sculpteurs.

>> Villa Stein (Hauts-de-Seine, privée intérieur non visitable). Construite entre les deux guerres, dite "Les Terrasses". Edifiée de 1927 à 1928 et destinée à deux familles, la villa, construite en béton armé, se caractérise par ses terrasses en escalier. Hormis les chambres, toutes les pièces étaient communes aux deux familles. L'intérieur a été divisé en appartements vers 1960.

>> Villa Savoye (Poissy - Yvelines, visitable). Edifice majeur dans l’oeuvre de Le Corbusier, la villa Savoye à Poissy, achevée en 1931, a conservé son caractère d’avant-garde. Pour reprendre les expressions provocatrices de l’architecte, c’est à la fois une "machine à habiter" et une "machine à émouvoir", qui frappe par sa radicalité formelle.

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Un peu plus loin, en France

>> Cité Radieuse (Marseille, bouche du Rhone) : Le projet de construction de La Cité Radieuse est l’aboutissement d’un programme de recherche sur le logement, et la question urbaine, mené par Le Corbusier durant près d’un quart de siècle. Le but était d’apporter une réponse nouvelle au problème de logement collectif.

>>La Chapelle de Ronchamp  (Franche-Comté) : à 63 ans, Le Corbusier se lance dans la reconstruction de la chapelle Notre-Dame-du-Haut à Ronchamp. C'était son premier projet d'un bâtiment culturel. il en dira : "Je n'avais rien fait de religieux, mais quand je me suis trouvé devant ces quatre horizons, je n'ai pu hésiter".

Plus loin, encore...

>>Villa Le LAC  (SUISSE)

>>Le Musée national d'art occidental (Tokyo) : le Gouvernement japonais fit appel à Le Corbusier pour construire ce musée. II octroya une parcelle d'un parc déjà occupé par des Musées d'Histoire Naturelle, de Beaux-Arts, de Sciences, etc ... Ce terrain est couvert de beaux arbres; il est situé au bord d'un plateau dominant Tokyo et bénéficiant d'un panorama illimité sur la ville.

 

6-Complément

Toutes les infos pratiques sont disponibles ici :

>> Fondation Le Corbusier 

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