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Paris à la pointe de l'Art nouveau

Crédits photo : Mairie de Paris- François Grunberg
[30/07/2014]

Réaliser l'unité de l'art et de la vie, tel était l'exigence de l'Art nouveau, qui voulait créer un cadre de vie correspondant aux exigences de l’homme moderne (du début du 20e). Un siècle après son essort, qu'en reste-t-il dans Paris? Peu et beaucoup à la fois. Des célèbres bouches de métro, aux façades et objets exposés dans les musées de la capitale... promenons-nous dans les rues et la coulisse de l'Art(chitecture).

De l'Art(chitecture)...

Au coeur de la courbe

D'abord, définissons. L'Art nouveau est un mouvement artistique global (fin du 19e-début 20e) qui s'appuie sur l'esthétique des lignes courbes. Né en réaction aux dérives de l’industrialisation à outrance et de la reproduction excessive des grands styles, l'Art nouveau s'avère être un mouvement soudain, rapide, mais également très bref (il s'efface au profit de l'art déco dès la fin de la première guerre mondiale) mais puissant, puisqu'il connaîtra un développement international concomitant.

S'il comporte des nuances selon les pays, les critères sont communs : l'Art nouveau se caractérise par l'inventivité, la présence de rythmes, couleurs, ornementations, inspirés des arbres, des fleurs, des insectes, des animaux, et qui introduisent du sensible dans le décor quotidien. C'est aussi un art total puisqu'il occupe tout l'espace disponible pour mettre en place un univers personnel considéré comme favorable à l’épanouissement de l'homme moderne de ce début du 20e siècle.
En France, l'Art nouveau était également appelé par ses détracteurs le style nouille en raison des formes en arabesques caractéristiques, ou encore le style métro, à cause des bouches de métro parisiennes réalisées en 1900 par Hector Guimard.

En ouvrant l'oeil dans les rues de Paris...

L'Art nouveau s'est développé en France principalement à Nancy, mais aussi à Paris, la preuve par l'image

 

Un style, des artistes

Derrière ce style, repérable entre tous, se cache des artistes venus de tous les horizons créatifs. Architectes, peintres, sculpteurs... portrait, de quelques uns d'entre eux.

Alphons Mucha

Mucha arrive à Paris en 1887 pour continuer ses études (Académie Julian et Académie Colarossi), tout en produisant une revue, des affiches publicitaires, livres, catalogues ou encore des calendriers. Ses qualités techniques et artistiques sont reconnues et il est embauché par la première grande maison d'édition parisienne Armand Colin. Il réalise l'affiche publicitaire de Gismonda, la pièce jouée par Sarah Bernhardt au Théâtre de la Renaissance où il est engagé pour six ans. Son style délié lui vaut une certaine notoriété. Il réalise notamment Lorenzaccio, La Dame aux camélias (1896), Hamlet et Médée (1898).
Peu après son arrivée à Paris, Mucha s'installe au dessus d'un petit restaurant (on disait une « crèmerie ») situé rue de la Grande-Chaumière. Avec Slewinski, Mucha en décore la façade par une certaine Charlotte Caron. Cette décoration subsista plusieurs années, avant de disparaitre.
Les modèles de Mucha

Dès ses débuts à Paris, Mucha photographie ses modèles. Il se constitue ainsi un important catalogue qu'il utilise ensuite pour réaliser ses illustrations. Ce travail sur photo explique la ressemblance de certains de ses dessins bien qu'ils aient été réalisés à plusieurs années d'intervalle. Son catalogue photographique constitue par ailleurs un intéressant témoignage sur les femmes de son époque.

>>plus : les Arts décoratifs 

Hector Guimard (1867-1942)

L'architecte français est l'un des représentants majeurs de l'Art nouveau en France."C'est à la Nature toujours qu'il faut demander conseil" dit-il.
Né à Lyon, il étudie à l'école des Arts décoratifs de Paris et débute sa carrière d'architecte dans les années 1890 par la conception d'hôtels particuliers. Les principes essentiels de lart de Guimard sont la logique, l'harmonie, et le sentiment. Architecture et arts décoratifs doivent satisfaire au programme de chacun, en utilisant les ressources industrielles modernes et en appliquant les progrès de la science à toutes les branches de l'activité humaine.En 1895 il réalise son chef-d'œuvre, le Castel Béranger, à Paris. Rompant avec la rigidité haussmannienne, le bâtiment multiplie les décrochements et les matières polychromes. Guimard laisse visibles les matériaux, notamment la structure de fer. Mais sa grande innovation est avant tout graphique : la ligne courbe et rythmée, typiquement Art Nouveau, dont il anime également le mobilier conçu spécialement pour le bâtiment. En 1900 lui sont commandées les entrées du métro, qui susciteront rapidement de vives critiques... à l'époque.

Jules Lavirotte (1864-1929)

Il est reconnu comme l'un des maîtres de l'Art nouveau dans un style très imaginatif et singulier. Il a orné ses immeubles avec un symbolisme parfois érotique exubérant. En collaboration avec le céramiste Alexandre Bigot, il a couvert certaines de ses façades de panneaux de grès flammé : en témoignent son immeuble au 29 de l'avenue Rapp, ou le Ceramic Hotel au 34 avenue de Wagram. Il a suivi ce courant jusqu'en 1906, époque où son style s'assagit pour l'hôtel particulier du 23 avenue de Messine. Les principaux édifices de sa période « Art nouveau » se trouvent tous dans le même quartier, ce qui permet de voir facilement dans quelle mesure son style a évolué.

Samuel Bing (1838-1905)

Marchand d'art, collectionneur et mécène français d'origine allemande. En 1884, il ouvre une boutique à Paris. Lors d'une visite à la villa d'Henry Van de Velde à Bruxelles, il prend conscience de l'importance du renouveau artistique et débaptise son magasin, fin 1895, pour lui donner le nom de Maison de l'Art nouveau et y expose des œuvres d'artistes. C'est l'origine française du nom du mouvement Art nouveau. Il réunit à la fois un atelier de création et une boutique pour diffuser entre autre, les meubles de Van de Velde, Colonna, de Georges de Feure, Gaillard, les bijoux de Morren et Lalique...

...aux objets précieux

Un art du détail

Qui va de de la Bijouterie...
-Fouquet (au Musée Carnavalet)

En 1899, Georges Fouquet, "enthousiaste des formules nouvelles", commençait une fructueuse collaboration avec le célèbre affichiste Alphons Mucha, qui fut à l'origine d'une série de bijoux d'une audacieuse étrangeté. Le vif succès remporté par ces bijoux à l'exposition de 1900 incita sans doute Fouquet à faire de nouveau appel à Mucha quand il emménagea dans un nouveau magasin, 6 rue Royale; il lui demanda alors de créer une boutique moderne formant un écran approprié à ces bijoux d'un goût nouveau. Mucha conçu donc, en 1901, un espace d'une complexité décorative extrême où tout souci pratique était rejeté au profit d'une foisonnante profusion d'éléments d'origine animale, végétale ou minérale mêlés à des réminiscences stylistiques diverses. La maison Jansen fut le maître d'oeuvre de cette réalisation, faisant appel à Léon Fargues pour les vitraux, à Auguste Seysses pour les sculptures et à une foule d'autres corps de métier, mosaïstes, bodeurs, staffeurs, gainiers, pour concrétiser les inventions de Mucha,détaillées jusqu'au moindre accessoire. Victime de son extrême "modernité" la boutique se démoda rapidement. Elle fut démontée en 1923 et Georges Fouquet fit don de la plupart des ses éléments au musée Carnavalet en 1938.




... au bijou lui-même.
-Coupe Lalique et parures (au Musée du petit Palais)

Progressivement admis dans les Salons, l’objet d’art acquiert une dignité nouvelle. Confronté à l’épuisement des styles historiques, de grands artistes trouvent dans la nature une nouvelle source d’inspiration. A Nancy et à Paris, le verrier Emile Gallé, l’architecte Hector Guimard, les bijoutiers Lalique et Fouquet, renouvellent les arts de la parure et du décor.

 

>> d'autres bijoux et pièces à découvrir aussi, au Musée des Arts décoratifs de Paris 

 

Complément

Vous passez par Nancy? Suivez-y aussi les traces de l'Art nouveau >> ecole-de-nancy 

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