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Vélib’ : anatomie d'un succès

crédits : Mairie de Paris/Jean-Baptiste Gurliat
[30/09/2013]

245.000 abonnés et 30 villes limitrophes qui l’ont adopté : Velib’ est un incontestable succès. Un rapport de la Chambre Régionale des Comptes l’a d’ailleurs souligné tout récemment, non sans soulever plusieurs questions sur la gestion du dispositif. Pas assez de Vélib’, des stations vides, des vélos volés remboursés deux fois ? Toutes les réponses à ces questions.

 

Mis en place en 2007, Vélib' a tout de suite recueilli l'adhésion des Parisiens et depuis, le petit Vélo gris a changé de plateau pour monter en puissance. 2012 est d'ailleurs une année record avec 35 millions de trajets enregistrés.

Les autres chiffres en images.

 

  Vélib': comment ça marche?

Dans un rapport de 60 pages, la Chambre Régionale des Compte (CRC) a passé au crible cinq années de gestion de Vélib'. Paris a répondu à ses suggestions et à ses recommandations point par point. Voici - en résumé - la teneur de la lettre adressée par la Ville à la CRC.

 


Un nombre insuffisant de vélos par rapport au parc prévu ?

Dans son rapport, la Chambre Régionale des Comptes rappelle que la SOMUPI (filiale du Groupe Decaux chargée de la gestion de Vélib’) était tenue par contrat de faire circuler 23.801 vélos. Or elle estime qu’en 2012, 18.326 vélos seulement roulent dans la capitale.  La Chambre considère donc que la Ville de Paris a renoncé aux pénalités qui auraient dû sanctionner le non déploiement du parc de vélos prévu - soit 18.651 vélos, le nombre minimum de vélos exigibles selon la CRC.

Dans sa réponse, Paris juge que cette analyse est inexacte. En effet, dès lors que le parc déployé correspond à au moins 75% de l’engagement prévu, aucune pénalité ne peut s’appliquer. Ainsi, le prestataire était tenu de déployer 17.850 vélos (et non 18.651 comme l’indique la chambre). Dans les faits, la moyenne annuelle journalière de vélos disponibles en 2010 a été de 18.228. Dans ces conditions aucune pénalité n’est due par le prestataire et la Ville n’est pas fondée à réclamer une créance au titre de vélos manquants.

Ce désaccord réel résulte donc d'une différence d'interprétation quant à l’application du seuil de 75% en deçà duquel une pénalité est due. La CRC n’applique pas ce seuil pour les vélos intégrés au titre de l’étape complémentaire (extension du service à la banlieue) alors que la Ville de Paris considère le parc de vélo comme un tout.


Des stations Vélib' vides et d’autres pas ?

Le rapport de la CRC évoque des problèmes de régulation entre les stations, certaines d’entre elles étant trop souvent vides.

Paris répond qu’ « assurer la disponibilité des vélos en station reste un point difficile » régulièrement discuté avec le prestataire. En 2011, des actions ont d’ailleurs été menées qui ont conduit à une augmentation de 35% des flux de régulation.

 

24 heures de régulation Vélib’  à Paris

Cette vidéo vous permet de suivre l’évolution de la disponibilité des 750 stations Vélib’ au long d'une journée comme les autres.

 


(Légende: Rouge = stations pleines,  Bleue = stations vides, Vert = places et vélos disponibles)

 

Cette histoire commence le dimanche 14 octobre à 22h pour finir le lendemain à 22h.

Le dimanche soir, les stations en hauteur sont vides (Montmartre, Buttes-Chaumonts, Belleville et Saint-Fargeau, etc.)

De 23h à 6h, les équipes de régulation s’activent donc, prélevant les vélos sur les quartiers du centre pour alimenter les stations vides.

A 6h : La plupart des stations sont pourvues. La journée débute alors et la circulation suit sa pente naturelle, des hauteurs vers l’aval. Par conséquent, les quartiers centraux commencent bientôt à être saturés et les stations situées en hauteur se vident progressivement. Newton ne l’aurait pas mieux dit: les rues de Paris sont plus faciles à descendre qu'à monter.

La régulation s’enclenche. Mais le mouvement des utilisateurs est difficiles à réguler. Ainsi, les stations du 19e et du 20e arrondissement se vident au fur et à mesure de leur alimentation.

A 19h00, le 18ème  et le 19ème sont à nouveau bien approvisionnés. Le 15ème se remplit naturellement en fin de journée .                            

 

Par ailleurs, Paris s’intéresse à la possibilité de mettre en service des Vélib’ à assistance électrique, ce qui pourrait permettre de regarnir « naturellement » les stations situées sur les hauteurs de la capitale.

Le rapport note que les efforts de régulation touchent surtout les 14e, 18e, 19e et 20e arrondissements au détriment de tous les autres et des stations des villes limitrophes. Dans sa réponse, Paris a observé que ces arrondissements, situés en hauteur, étaient précisément ceux qui avaient le plus besoin de la régulation.

 


Des vélos indemnisés par la Ville alors que le gestionnaire les avait récupérés ?

Tout d’abord, la ville assure qu’aucun vélo n’a été indemnisé deux fois.

De plus en 2010, forte de son expérience, Paris avait apporté un avenant au contrat initial prévoyant un délai de deux mois avant indemnisation. Or 80% des vélos volés en 2010 ont été retrouvés dans les deux mois et n’ont donc pas été indemnisés.

Enfin, une clause spécifique a été apportée au contrat (dans l’avenant 3) de manière à protéger la Ville du risque d’indemniser plusieurs fois un vélo.

 

 Un encaissement des recettes non conforme aux règles en vigueur ?

Sur ce point, la Ville tombe d’accord avec la Chambre Régionale des Comptes qui indique que les recettes de Vélib’ devrait dorénavant être perçues selon les règles comptables d’ une régie de recettes et d’avances et non par la société gestionnaire dans le cadre contractuel en cours.

Paris examinera donc les modalités de mise en place de cette régie avec le comptable public pour se mettre en conformité avec la nouvelle interprétation du droit. Cela étant, ce changement nécessitera du temps, alors que la chambre recommandait qu’il intervienne sans délai.

Toutefois, la municipalité rappelle que la convention de mandat conclue avec la société SOMUPI pour percevoir les recettes remonte 2007. Or à l’époque, l’interdiction qui est désormais faite à « une personne n’exerçant pas les fonctions de comptable public » de manier des deniers publics n’était pas encore effective. La convention de mandat « s’inscrivait donc dans un cadre jurisprudentiel qui en autorisait donc la passation. »

 

Les Hollandais sont les premiers

 
Vélos Pays-Bas

 

En moyenne, 15 % des usagers occasionnels sont des étrangers. A la belle saison, entre avril et août, ce chiffre dépasse les 15% et atteint les 20% à la fin de l'été.

Premiers utilisateurs, les ressortissants des Pays-Bas qui représentent à eux seuls 10,7 % des utilisateurs étrangers. Viennent ensuite les Allemands (10,6%) et les Britanniques. Mention spéciale pour les Brésiliens qui arrivent quatrième, à égalité avec les Belges, et en dépit du décallage horaire.

 

Des pouvoirs de contrôles des recettes qui ne sont pas utilisés ?

Le rapport s’étonne que Paris n’ait pas utilisée son pouvoir de contrôle pour auditer les livres de compte de la société qui perçoit les recettes. La Ville indique donc qu’elle entend bien exercer cette faculté, non sans rappeler qu’elle n’avait pas d’obligation de délai en la matière.



Un intéressement aux résultats plus facile à obtenir et des pénalités moins fréquentes pour le gestionnaire?

Le marché conclu avec le prestataire fixe un certain nombre de critères de qualité. Si le prestataire les satisfait, il peut être intéressé aux recettes perçues par la ville. Dans le cas contraire, des pénalités s'imposent.

Le Chambre considère qu’un avenant signé en 2009 (époque à laquelle le dispositif a été étendu en banlieue) a eu pour conséquence d’abaisser les pénalités  auxquelles s’exposait le prestataire et d’augmenter le nombre de cas où il peut prétendre  à un intéressement. Paris rappelle qu'auparavant, il n'existait pas de grille d'évaluation des critères applicable compte-tenu des montants de pénalités disproportionnés qu'elles engendraient. « De tels niveaux de pénalités déséquilibraient la marché puisqu’ils étaient deux fois supérieurs au chiffre d’affaire total de Somupi pour l’ensemble des prestations fournies ». L'avenant de 2009 a permis de remédier à cette situation.

La Ville de Paris  souligne ensuite que cet avenant s’est surtout traduit par une forte augmentation du nombre d’abonnés, consécutive à l’amélioration du service, et par conséquent par des recettes accrues pour la Ville. Les objectifs de la Ville ont donc été atteints.

 

Le rapport de la CRC au Conseil de Paris

Le rapport a été communiqué au Conseil de Paris le 12 novembre 2012, l'occasion pour Julien Bargeton, adjoint au maire en charge des transports et des déplacements, de préciser la position de la Ville par rapport aux observations de la CRC.

 

 

 

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