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Toxicomanie : bientôt une salle de consommation à moindres risques
Le gouvernement a donné son feu vert mardi pour tenter l'expérience d'une salle de consommation de drogues à Paris, une première en France. "Je souhaite que les travaux qui vont s’engager puissent permettre d’élaborer un projet à la hauteur de ses enjeux sanitaires, sociaux et de tranquillité publique" a commenté Bertrand Delanoë
Le gouvernement a donné son feu vert mardi pour tenter l'expérience d'une salle de consommation de drogues à Paris, une première en France qui satisfait les associations accompagnant les usagers de drogues. Le gouvernement a indiqué que la Mildt (Mission interministérielle de lutte contre les drogues et toxicomanies) était chargée de la mise en place de cette expérimentation, avec le ministère de la Santé, sans préciser quand et où dans Paris cette salle serait mise en place.
C'est un travail préparatoire qui va permettre de confirmer la faisabilité du projet dans ses dimensions sanitaires, sociales, économiques et en termes de sécurité publique", a expliqué Matignon.
Ces salles de consommation sont destinées aux toxicomanes de rue précarisés. Elles doivent leur permettre de consommer leurs propres produits dans de bonnes conditions d'hygiène, sous supervision de personnels de santé, et de réduire les troubles à l'ordre public.
Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, s'est "réjoui" de la décision. "L’engagement et l’expérience de la Ville de Paris en matière de prévention des toxicomanies, de prévention des conduites à risques et d’expérimentation de dispositifs sanitaires et sociaux innovants sont ici reconnus." a-t'il précisé avant d'évoquer "que les conditions de cette expérimentation restent à préciser, en lien étroit avec la MILDT et les ministères de la Santé, de la Justice et de l’Intérieur".
>> Lire le communiqué complet du maire de Paris
Plusieurs mois de débats
L'ouverture éventuelle de salle de consommation de drogues à moindres risques a suscité de nombreux débats en France alors qu'il en existe déjà, parfois depuis une quinzaine d'années, dans plus de 45 villes de huit pays, essentiellement européens : Allemagne, Pays-Bas, Luxembourg, Espagne, Norvège, Suisse, Canada et Australie.
En octobre 2010, le Conseil de Paris s’était déjà prononcé en faveur de l'ouverture d'"au moins" un centre de consommation de drogues dans la capitale. Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, avait évoqué "l'ampleur de plus en plus considérable de la consommation de drogue à ciel ouvert dans Paris".
Cette décision s'appuyait à l'époque sur un séminaire d'expertise et une analyse approfondie des exemples de salles d'injection existant à Genève et à Bilbao. Une association d'élus de gauche et de droite « Elus, santé publique et territoires », avait organisé pendant un an un séminaire d’expertise et de visites de terrain l’association avec le soutien de la Ville de Paris et de la région Ile-de-France. L’origine de ce travail fut en partie provoquée par la situation extrêmement préoccupante dans le Nord-Est parisien des usagers de drogues désocialisés : un état sanitaire très dégradé des personnes, des situations humaines sociales dramatiques et des questions d’ordre public non résolues… L'ESPT a mené des auditions d'experts médicaux, sociaux et juridiques. Ces échanges ont permis d’analyser la littérature scientifique sur le sujet, et d'observer les expérimentations menées dans des métropoles européennes.
>> Consultez les publications d'Elus, santé publique et territoires
>> Lire la proposition de recommandations de L'Inserm
La Ville de Paris, en partenariat avec l'association ASUD et la Région Île-de-France, a continué cette sensibilisation en ouvrant le débat aux parisiens et franciliens à travers deux conférences sur les salles de consommation organisées les 27 juin et 05 octobre 2011afin de les informer en toute transparence de ces " nouveaux " outils sanitaires et sociaux de réduction des risques désormais - considérés - comme indispensables. » Téléchargez les actes au format pdf
En octobre 2012, le conseil de Paris a relancé le débat en adoptant un voeu invitant le ministre de la santé à signer le décret encadrant l'expérimentation des salles de consommation de drogues à moindres risques. Le Conseiller de Paris Alain Lhostis a reppelé qu'il s'agissait d'une mesure de santé publique et que Paris, comme d'autres grandes villes, était candidate pour accueillir cette expérimentation.
>> Vidéo : Revoir les débats en vidéo
Dans l'attente d'une décision du législateur qui doit donner le top départ aux expérimentations de ces lieux d'accueil, le Conseil de Paris a délibéré en décembre 2012 sur l'octroi d'une subvention à l'association Gaïa. Objectif : que cette dernière sensibilise les riverains, les forces de l’ordre et l’ensemble des acteurs potentiellement impliqués.
>> Consulter la délibération au format pdf
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