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Quand les poubelles se font la "malle" par les souterrains

Crédits photo : Emilie Chaix / Mairie de Paris
[06/02/2014]

Depuis janvier, les habitants du nouvel écoquartier Clichy-Batignolles disposent d’un système de collecte pneumatique des déchets. Une expérimentation qui concernera à terme les 19 000 usagers de ce quartier. Reportage.

 

Des déchets propulsés à la vitesse de 70 km/h

Rue Cardinet, dans le 17e arrondissement. Il est 11 h ce matin-là lorsque Jean-Bernard sort de son appartement, sacs-poubelle à la main et glisse ces derniers dans la borne de couleur verte située dans le hall de son immeuble. Jusque-là, rien de très nouveau. Sauf que quelques minutes plus tard, ses déchets se retrouveront à environ 1,5 kilomètre de là, au terminal de collecte, boulevard Douaumont ; le tout sans camion-poubelle. Rien de magique à tout cela : ce Parisien fait partie des premiers à bénéficier de la collecte pneumatique des déchets.

Grâce à ce système innovant, les ordures sont en effet acheminées à près de 70 km/h dans des conduites souterraines jusqu’à la centrale d’aspiration, en bordure du boulevard périphérique. Elles sont alors compactées dans des conteneurs, qui sont ensuite chargés sur des camions-poubelle, direction les usines d’incinération et de recyclage.

Depuis janvier dernier, les habitants des trois premiers immeubles de l’éco-quartier Clichy-Batignolles bénéficient de ce système, tout comme le personnel de l’école et de la crèche avoisinantes. À terme, les  19 000 usagers de ce nouveau quartier l’utiliseront (bureaux, commerces…). Parmi eux 6 500 habitants. Aujourd’hui, 2 tonnes de déchets sont évacuées chaque mois. En 2018, ce seront 300 tonnes.

« L’objectif de la Ville de Paris était d’assurer une collecte avec le moins d’incidences environnementales possibles, explique Pierre-Yves Durand, adjoint à la Direction de la propreté et de l’eau. C’est pourquoi, nous nous sommes orientés vers la collecte pneumatique. » Les avantages sont en effet nombreux. La diminution du passage des camions-poubelle permet à la fois de décongestionner le trafic, de débarrasser les trottoirs des poubelles habituelles, ainsi que de diminuer le bruit et la pollution.

 

Le terminal de collecte se situe boulevard Douaumont. © Emilie Chaix

« C’est beaucoup plus facile d’installer ce système lors de la création d’un nouveau quartier, reconnaît Pierre-Yves Durand. La mise en place du réseau souterrain se fait au préalable des constructions. Pour autant, rien n’est impossible. On peut très bien imaginer une collecte pneumatique dans des quartiers déjà existants. Même si on peut rencontrer des problèmes de raccordements aux immeubles, on peut faire encore construire de nouveaux réseaux dans le sous-sol parisien. Les services de la Ville sont d’ailleurs en phase d’étude pour imaginer ce type de collecte dans d’autres quartiers de la capitale. »

En tout cas, les premiers utilisateurs se sont familiarisés sans aucun problème avec le système. « C’est pratique et les bornes sont assez esthétiques », juge Simon, restaurateur de la rue Cardinet. Quant à Jean-Bernard, il estime que « c’est tout simplement plus hygiénique ! »

 

« Un système sans bruit et sans odeur »

 

© Emilie Chaix

Trois questions à Alain Beurotte, responsable développement chez Veolia Propreté pour la collecte pneumatique 

Comment le système de collecte pneumatique fonctionne-t-il ?
C’est assez simple. Il y a des bornes de collecte dans chaque immeuble. Les habitants doivent au préalable trier leurs déchets : ordures ménagères et objets recyclables. Ces bornes sont raccordées à une canalisation souterraine, des tuyaux en acier d’environ 50 cm de diamètre. Ce réseau sillonne le quartier sur près de 2 kilomètres. Grâce à un système de courants d’air alimentés par des turbo-extracteurs, les sacs-poubelle sont aspirés dans ces conduits souterrains à une vitesse de 70 km/h jusqu’au terminal de collecte. Là, les déchets sont compactés dans des conteneurs qui sont chargés sur des camions-poubelle et dirigés alors vers les usines d’incinération et de recyclage de Nanterre (92) et Saint-Ouen (93).

Quels sont les avantages ?
Pour le citoyen, c’est une reconquête de l’espace public, puisqu’il n’y a plus de poubelles sur les trottoirs. On estime aussi que l’usage des camions-poubelle est entre 3 et 5 fois moindre que lors des collectes classiques. Cela signifie ainsi moins d’embouteillages, moins de pollution et moins de bruit. C’est également sans odeur, puisque nous filtrons ces dernières, tout comme les particules. Nous ne sommes plus dans le monde traditionnel de la collecte mais dans un système industriel. Un système automatisé qui fonctionne en circuit fermé.

Depuis quand la collecte pneumatique existe-t-elle ?
En Suède, cela fait quarante ans. Nous nous appuyons d’ailleurs sur l’expérience de l’entreprise suédoise Envac. Aujourd’hui, nous estimons à 750 le nombre d’installations de ce type à travers le monde. À Barcelone, le tiers de la ville est équipé d’un réseau souterrain de collecte. En France, la première expérience a été lancée lors de Jeux olympiques de Grenoble, en 1968.  Plus récemment, 2 800 logements à Romainville (93) en ont été dotés en 2011 et 1 600 à Issy-les-Moulineaux (92) en 2013. Ce sera également bientôt le cas à Saint-Ouen (93) et Vitry-sur-Seine (94).


La collecte pneumatique à Clichy-Batignolles en chiffres
2 kilomètres, c’est la distance maximale entre une borne et le terminal de collecte.
20 millions d’euros, c’est le coût du projet auquel il faut ajouter 600 000 euros de fonctionnement par an. Soit 13% de plus qu’une collecte traditionnelle, mais avec des bénéfices évidents en terme d’impact environnemental.
50 centimètres, c’est le diamètre des canalisations souterraines en acier qui permettent d’évacuer les ordures.
70 km/h, c’est la vitesse moyenne de circulation des sacs-poubelle dans le réseau.
140, c’est le nombre de bornes dans les immeubles qui fonctionneront en 2018, auquel il faut ajouter une soixantaine pour les commerçants et 20 réparties sur le domaine public.

La collecte en infographie...

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