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Plongée dans les égouts parisiens

Crédits photo : Emilie Chaix/Mairie de Paris
[27/11/2013]

Découverte des coulisses du réseau créé au XIXe siècle par Eugène Belgrand. Une exposition photo, visible dans la visite publique des égouts (7e), présente leur travail au quotidien. Reportage et portrait d'un égoutier.

«Nous ressemblons à des spéléologues ! » Avant de pénétrer dans les galeries souterraines par l’entrée située sous le pont de l’Alma (7e), Lionel Decaix, le responsable de la visite publique des égouts , n’oublie jamais la tenue obligatoire : casque, lampe frontale, cuissardes, combinaison blanche, détecteur électronique de gaz… « Il faut être bien équipé car, sous terre, on peut rapidement perdre la notion du temps et du danger », explique-t-il. Notre parcours débute à quelques mètres de l’exposition permanente ouverte au public. 

Un réseau créé par Eugène Belgrand

Ici, l’entrée est interdite aux visiteurs. Nous pataugeons d’emblée dans un égout élémentaire, le premier maillon du réseau créé par l’ingénieur Eugène Belgrand au milieu du XIXe siècle, à la demande du baron Haussmann. Au sol, les eaux usées proviennent des immeubles du quartier.

Reportage au coeur des égouts

 

 

Une véritable ville sous la ville

À chaque angle de galerie figure une plaque de rue, correspondant à une adresse parisienne. Sans elles, impossible de se repérer dans cette véritable ville sous la ville, immense labyrinthe long de 2 500 kilomètres et comptant quelque 30 000 regards.
L’innovation de Belgrand est d’avoir conçu un réseau collectant et transportant à la fois les eaux de pluie et les eaux usées. Construit à taille humaine, il est aujourd’hui accessible à pied, et abrite de nombreuses canalisations pour l’eau, la climatisation ou encore la fibre optique.

Des machines sur-mesure


Nous arrivons dans la galerie d’un collecteur principal. Ici, pas question de marcher dans l’eau usée (au moins 1,70 mètre de profondeur). Pour le nettoyage, des machines sur-mesure ont été inventées, tel les que le « wagon bi-boule », qui permet de déplacer le sable accumulé. Pour les lieux inaccessibles (siphons, émissaires…), d’immenses boules de curage en bois sont lancées dans les galeries. Plusieurs exemplaires sont visibles dans le cadre de la visite publique.

 

Une expo photo sur le quotidien des égoutiers

Une exposition de Selene de Condat présente le métier d’égoutier, dans la partie de la visite ouverte au public . Cette photographe a suivi pendant plusieurs mois leur quotidien dans les profondeurs de la ville.

"Ici-bas, les égouts de bas" photographies de Selene de Condat, à découvrir à la Visite publique des égouts : pont de l’Alma, face au 93, quai d’Orsay (7e). Tél. 01 53 68 27 81.

> En savoir plus sur Que faire à Paris 

 L'exposition se tiendra également dans les mairies d'arrondissement suivantes :

Mairie du 4e arrondissement
2 place Baudoyer
du 25 novembre au 14 décembre 2013

Mairie du 15e arrondissement
31 rue Péclet
du 25 novembre au 6 décembre 2013

Mairie du 18e arrondissement
1 place Jules Joffrin
du 2 décembre au 14 décembre 2013

Mairie du 2e arrondissement
8 rue de la Banque
du 24 février au 14 mars 2014

En entrée libre sur les horaires d'ouverture des mairies d'arrondissement

 

 

Portrait : Lionel, trente ans dans "le ventre de Paris"

Lionel Decaix, égoutier

 Le métier, il l’a découvert par hasard. « En 1982, je travaillais dans le milieu du bâtiment, raconte Lionel Decaix (photo : Emilie Chaix). Un ami était un ancien égoutier. Il m’a parlé de sa profession et je suis entré à la Ville de Paris. ” Trente ans plus tard, Lionel est responsable de la visite publique des égouts , un monde qu’il connaît par cœur. « Ici, on est dans le ventre de Paris, dans les intestins de la ville », sourit-il, alors qu’il progresse dans les galeries, équipé notamment d’un casque, d’une combinaison blanche et de cuissardes.

 

 

Une profession de plus en plus spécialisée

Comme lui, ils sont 265 à travailler pour la Ville dans ce domaine. « Auparavant, le recrutement se faisait de père en fils ou par fratrie, se souvient Lionel. Aujourd’hui, le métier se spécialise, de nombreux relevés se font grâce à l’informatique et les profils sont plus techniques.» 


Un métier à risques

Mais les égouts restent un monde à part, parfois dangereux. « Les risques existent toujours, commente- t-il. Par exemple, si nous avalons de l’eau en tombant, on nous emmène directement à l’hôpital, en observation. ” La chute reste d’ailleurs la hantise de l’égoutier. « Cela m’est arrivé une fois sous la rue de Solférino, raconte Lionel. C’était au mois de février et j’étais frigorifié. ” Autre danger, l’hydrogène sulfuré ou encore le méthane, des gaz qui sont redoutables : chaque égoutier dispose ainsi d’un détecteur accroché à sa combinaison et d’un masque de fuite.


« La profession et les machines se sont beaucoup modernisées, précise Lionel. Dans les années 1980, mon chef nous disait en début de journée : “Allez, on descend à la mine !” Un tiers du réseau était en bois et l’atmosphère était plus proche des Misérables que d’un métier du XXe siècle. »

100 000 visiteurs par an

Désormais, Lionel s’attache à faire connaître l’univers des égouts au grand public. L’an dernier, quelque 100 000 visiteurs ont suivi le parcours ouvert toute l’année sous le pont de l’Alma (7e). « Nous recevons de plus en plus de familles avec des enfants, précise le responsable de la visite. Je sens un regain d’intérêt pour l’écologie, et plus particulièrement pour la gestion de l’eau. »
Sous terre, Lionel est équipé d’un casque, d’une combinaison et de cuissardes.

Ces articles sont extraits de "à Paris+" le supplément numérique du magazine "à Paris" 

 

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