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Vikash Dhorasoo mobilisé contre l'échec scolaire
Vikash Dhorasoo a piloté, en 2008, une mission auprès des jeunes des quartiers classés "Politique de la ville" dans le nord de Paris. Cette année, à l'occasion de la 5e Journée du refus de l'échec scolaire, il était le parrain du colloque sur le décrochage organisé par l'Afev. Rencontre avec ce footballeur atypique.
Rencontre avec Vikash Dhorasoo, parrain de la Journée du refus de l'échec scolaire
Vous êtes un citoyen actif et engagé, ce qui n'est pas si courant chez les anciennes stars du football professionnel. Qu'est-ce qui vous a amené à cet investissement fort dans la vie de la cité et à cet engagement citoyen ?
Vikash Dhorasso : On est tous ensemble dans la société et pas chacun de son côté, c'est ce que je crois. Ce que j'ai aimé dans la mission que j'ai conduite pour la ville de Paris en 2008 c'est aller au contact des gamins des quartiers, faire remonter leur ressenti aux décideurs. J'ai d'ailleurs remis un rapport qui je l'espère a pu s'avérer utile.
Je pense que nous sommes dans un système social, économique, et qu'aujourd'hui nous arrivons vraiment au bout. Donc il faut qu'on repense les choses, tous ensemble !
Le colloque de l'Afev était consacré au phénomène du décrochage scolaire qui exclut de l'école 150 000 élèves chaque année. Qu'est-ce qui selon vous pourrait permettre de faire diminuer ce chiffre, de lutter contre l'échec scolaire ?
Vikash Dhorasso : Je ne suis pas un expert mais j'ai des enfants, deux petites filles de 7 et 10 ans, certes scolarisées à Paris dans un quartier sans problème -"bobo" comme on dit- où j'ai la chance de pouvoir vivre, mais qui, je le constate, sont déjà dans la compétition avec les devoirs et les notes. Or les notes à l'école primaire, c'est vraiment, selon moi, quelque chose à changer! On peut faire autrement. Moi, en tant que parent, je veux que mes filles aillent à l'école pour apprendre et aussi pour s'amuser.
Par ailleurs, je pense que l'orientation doit être choisie et non subie, pour qu'aucun gamin ne se sente "mis sur la touche" - on emploie couramment cette expression footballistique pour dire "exclu", n'est-ce pas ? Il se trouve que je connais bien le banc de touche et qu'heureusement en 2006, Raymond Domenech pensait à s'occuper aussi de ceux qui n'étaient pas sélectionnés, ne jouaient pas sur le terrain, car même ceux-là sont importants pour la cohésion d'une équipe.
D'après votre expérience, votre parcours de sportif de haut niveau, le sport, la pratique sportive peuvent-ils jouer un rôle dans la lutte contre l'échec scolaire ?
Vikash Dhorasso : Oui, bien sûr, car le sport c'est aussi respecter des règles, respecter l'adversaire. Le terrain de sport, avant d'être un lieu de compétition, c'est avant tout un endroit où l'on est avec les autres, où l'on prend du plaisir à être avec les autres, c'est un lieu social. Beaucoup d'associations, comme l'APELS (Agence pour l'Education par le Sport, ndlr) travaillent main dans la main avec des établissements scolaires. A Montfermeil, par exemple, il y a un beau partenariat collège - club de foot. Il faut apprendre aux gamins qui aiment le foot qu'un grand champion c'est aussi quelqu'un qui sait perdre, que lorsqu'on rentre sur un terrain pour disputer un match, on doit avoir à l'esprit qu'à la fin il y aura un gagnant et un perdant mais que l'essentiel n'est pas là, l'essentiel c'est de prendre du plaisir à jouer ensemble, autant avec les joueurs de son équipe qu'avec les joueurs adverses. C'est ce que nous voulons mettre en avant avec le manifeste Tatane, mouvement collectif et populaire lancé en avril 2011 pour un football durable et joyeux. Nous voulons affirmer haut et fort que pour ce beau sport qu'est le football, une autre voie est possible. Nous proposons des choses très originales, voire révolutionnaires, comme par exemple la suppression des indemnités de transfert, ce qui à mon avis changerait tout.
Paris mobilisé contre l'échec scolaire
Cette année, la cinquième Journée du Refus de l'Echec scolaire, créée par l'Afev (Association de la Fondation des Etudiants pour la Ville) avait pour thème le décrochage, c'est-à-dire l'abandon de l'école par un élève qui ne se rend plus en cours.
Or, si ce phénomène s'observe surtout en 3e ou en seconde, comme le rappelle Christophe Paris, le directeur général de l'Afev, il est "en réalité souvent la conséquence d'un long processus qui commence quelquefois dès l'école primaire".
Agir dès l'école primaire
Coup de Pouce et ALEM pour les écoliers les plus fragiles
Les clubs Coup de Pouce et les ateliers ALEM (Ateliers de Lecture Écriture Mathématiques) constituent un dispositif d’accompagnement à la scolarité respectivement pour les enfants de CP et CM2, fréquentant des écoles en zone d'éducation prioritaire.
Ce dispositif a été mis en place dans les écoles parisiennes à la rentrée scolaire de 2002 et fait l’objet d’un partenariat étroit entre la Ville de Paris et le Rectorat de Paris. La Ville de Paris assure la rémunération de l’ensemble des accompagnateurs intervenant auprès des enfants et prend en charge l’achat du matériel pédagogique et les abonnements. La Caisse d’Allocations Familiales de Paris participe au financement de l’opération via le versement d'une subvention.
Les clubs Coup de Pouce ont pour objectif d’aider les enfants de CP à réussir l’apprentissage de la lecture et comprennent 5 élèves par club.
Les ateliers ALEM (8 enfants par atelier) , proposés en CM2, visent à favoriser l’expression, à renforcer l’autonomie et à consolider les apprentissages des élèves en français et en maths, avant l’entrée en 6ème.
B.C.D et Actions Lecture
- Les espaces lecture dans les bibliothèques-centres de documentation (BCD)
Votre enfant peut bénéficier de 16h30 à 18h d’un atelier lecture gratuit, assuré par un animateur formé, dont l’objectif est de développer le goût et le plaisir de lire tout en améliorant la lecture et la maîtrise des langages.
- Les Actions Lecture
Les actions lecture doivent permettre le développement de la maîtrise de la langue et de la prévention de l'illétrisme auprès des élèves de Paris, grâce à la mise en oeuvre de pratiques culturelles et d'activités assidues et organisées autour des livres et d'une diversité de situations autour de la communication orale.
Les actions lecture sont animées par le Centre Paris Lecture dans le cadre du Plan Paris-Lecture défini avec l'Académie.
La prévention éducative au collège
Actions collégiens et la prévention du décrochage
L'Action collégiens est destiné aux jeunes de 11 à 17 ans scolarisés dans certains collèges sensibles avec l'accord des Principaux. Toutefois, dans le cadre d'opérations spécifiques d'autres jeunes peuvent participer aux actions, par exemple les élèves de CM2 lors de l'opération « Passerelle CM2/6ème ». 37 collèges parisiens en bénéficient actuellement.
Le Centre Patay et les centres pour collégiens temporairement exclus
- Le Centre Patay
Inclus dans le dispositif Action collégiens pour les temps extrascolaires, le centre Patay, situé au 14 rue Jean Coly, dans le 13ème arrondissement, reçoit des jeunes pendant les périodes de week-ends et séjours d'Action collégiens. Encadrés par les adjoints éducatifs et leurs coordonnateurs, les jeunes participent ainsi à des opérations autour de thèmes comme la citoyenneté par exemple, à des clubs vacances...
En lien avec les équipes éducatives et pédagogiques des établissements scolaires ainsi que les familles, le Centre Patay accueille aussi des élèves exclus temporairement (pour une durée de 1 à 8 jours) de leur collège.
L'équipe adapte un programme de travail quotidien afin que ce temps d'exclusion profite aux jeunes. La reconnaissance, la compréhension de la faute et des conséquences de l'acte sont tout particulièrement travaillées afin de faciliter le retour du jeune au collège.
L'équipe aide également le jeune dans son orientation : recherche de stages, rédaction de CV. Elle l'accompagnement dans la réalisation de devoirs transmis par ses professeurs.
- Le Centre Torcy
Sur le même modèle que le centre Patay, le centre Torcy, situé dans le 18ème arrondissement, est géré par les PEP 75 .
Il accueille, pour une durée d'une semaine, les élèves des collèges du 18ème, des collèges Méliès et Michelet (19ème) et du collège Mallarmé (17ème).
- Le Centre Pelleport
L'accueil réussite éducative Pelleport est un lieu ressources pour les collégiens en risque de décrochage scolaire et leurs parents sur les 10ème, 11ème, 19ème et 20ème arrondissements.
Il s'inscrit dans le dispositif parisien de réussite éducative et la politique académique de lutte contre le décrochage scolaire.
Une équipe composée d'un directeur, d'une coordonnatrice pédagogique, de 8 médiateurs de réussite scolaire et de personnel en charge de la coordination des projets du Fonds Social Européen (FSE) académiques propose :
1. des actions de remobilisation pour les collégiens en prévention du décrochage scolaire, au sein de l'accueil et des établissements scolaires ;
2. un accueil des collégiens exclus temporairement de leurs établissements (10 jeunes par semaine sur demande des principaux). 3. un accompagnement des parents de ces collégiens;
Contact :
Accueil Réussite éducative Pelleport
172, rue de Pelleport 75020 PARIS
Téléphone : 01 58 53 52 10
Paris Collèges Familles
Paris Collèges Familles est une action expérimentale menée dans trois arrondissements de la Ville. Elle vise à rapprocher les familles de la communauté scolaire des collèges parisiens avec la mobilisation de quatre centres sociaux de proximité, des équipes éducatives de cinq collèges et des parents d'élèves.
En savoir plus sur le dispositif Paris Collèges Familles
Cinq nouvelles pistes pour en finir avec le décrochage
A l'occasion de la 5e Journée du Refus de l'échec scolaire, l'Afev (Association de la Fondation des Etudiants pour la Ville) a organisé mercredi 19 septembre à la Maison des Associations de Solidarités (13e) un colloque sur le décrochage. Cette rencontre était parrainée par l'ancien footballeur international français, Vikash Dhorasoo, par Nathalie Mons, maître de conférences en sciences de l’éducation à l’Université de Grenoble II, chercheur et expert auprès de la Commission européenne et de l’OCDE sur les méthodes d’analyse internationale des politiques éducatives.
A l'issue de cette journée d'échanges et de réflexion, l'Afev a proposé cinq pistes pour en finir avec le phénomène massif du décrochage scolaire.
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