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Gibert Joseph : ouverture à Barbès

Crédits photo : Flickr/the-tml
[18/12/2013]

Pendant des mois, la ville a oeuvré pour que le Virgin de Barbès reste un lieu dédié à la culture. Récit d’un combat entre les chiffres et les lettres à l'occasion de l'ouverture du magasin, le mercredi 11 décembre.

 

Janvier 2013, la nouvelle tombe. Virgin Megastore dépose le bilan. Présente sur les Champs-Elysées et quatre autres sites, cette enseigne qui fait partie du paysage depuis des années emploie près de 400 personnes. Au-delà du symbole, c’est donc un choc social.

 

Six mois de lutte pour doubler la mise

L’affaire est d’autant plus tendue que la direction propose un calendrier de fermeture très rapide et des indemnisations minimales. « Ils voulaient liquider le plus vite possible, se souvient Eric Sherrer, Président du syndicat SECI/UNSA. L’objectif a donc été de gagner du temps, pour pouvoir négocier. »

 


Les librairies parisiennes dans la tourmente ?

A total, entre 2000 et 2011, la capitale a perdu un peu plus de 200 librairies. En cause : la concurrence d’Internet, la numérisation des supports, l’augmentation des loyers, la crise.

» Consulter le tableau Evolution du nombre de librairies parisienne au format pdf 

Cela étant, en y regardant de plus près, on observe que ce recul ne concerne pas tous les arrondissements. En effet, de nouvelles enseignes sont apparues dans les 19e et 20e arrondissements, là où les classes moyennes et supérieures viennent de plus en plus souvent s'installer à côté des classes populaires anciennement implantées.

Dans le même temps, les libraires s'associent et trouvent des solutions pour contrer les géants du Net comme Amazon. On peut citer Librest, ou Paris Librairies

 >> Lire: "Mieux qu'Amazon, les librairies parisiennes"

 

La Ville apporte tout de suite son soutien aux salariés et à l’intersyndicale et contacte les propriétaires de l’enseigne : le Fonds d’investissement Butler Capital Partners et d’Arnaud Lagardère (20% du capital). L’objectif : obtenir un Plan de Sauvegarde de l’Emploi, qui se traduirait certes par des licenciements, mais permettrait de maintenir les magasins et bon nombre de postes. En vain.

Au terme d'une procédure judiciaire de plusieurs mois, après des semaines de négociations, de valse hésitation des repreneurs, après des occupations de magasins, les salariés repartent tout de même avec une enveloppe revue largement à la hausse:  de 8 à 15 millions d’euros.

Emmanuel Martin, ancien responsable du rayon DVD sur les Champs, raconte : " On est parti avec des indemnités décentes, un budget formation, de quoi être un peu tranquille. Avec le minimum syndical, certains seraient partis avec à peine un mois de salaire. Quand on a un loyer à payer, on se retrouve vite le couteau sous la gorge."

 

 

Virgin de Barbès

 

Une librairie coûte que coûte à Barbès

En parallèle, une autre partie s'est jouée. Car la Ville avait encore une carte à jouer.

Les murs du magasin Virgin situé au 19 boulevard Barbès (18e) appartiennent à Paris Habitat, qui gère pour le compte de la Ville un vaste parc immobilier. Paris souhaite donc maintenir la destination culturelle des lieux, sans léser Paris Habitat qui valorise naturellement le patrimoine des Parisiens au juste prix. Une réflexion débute, mais il faut faire vite. Pour qu'une reprise soit réussie, elle doit s'opérer avant les fêtes, période de l'année cruciale pour le chiffres d'affaires de ce type de magasins.

Une solution juridique originale est proposée : un appel à projet. Gibert Joseph est en lice. Son offre est moins alléchante que d’autres au niveau financier. On négocie, la Ville porte haut l'intérêt culturel de cette candidature. Paris Habitat accepte finalement de revoir ses exigences à la baisse contre la promesse d’obtenir une partie du chiffre d’affaires.

La volonté politique est passée. Gibert Joseph a son bail, 28 emplois vont être créés – dont un certain nombre réservés aux anciens « gilets rouges » de Virgin –  et une librairie renaît. Pas loin, le Louxor est lui aussi sorti des limbes. Dans le même quartier, on attend aussi une brasserie du Groupe Moussié. Porte de la Chapelle, un campus Condorcet verra bientôt le jour et Paris I et Paris IV sont attendues Porte de Clignancourt. Le 18e se réinvente à chaque coin de rue.

Aides aux libraires

En 1999, Alain Souchon chantait « Adieu mon pays. De musique et de poésie/Les marchands de malappris/Qui d'ailleurs ont déjà tout pris/Viennent vendre leurs habits en librairie/En librairie en librairie. »


Rive gauche Alain Souchon par oXy

 

Dans son rapport consacré aux librairies indépendante à Paris, François Brouat ne dit pas autre chose: "La substitution de commerces des vêtements à des librairies historiques du Quartier Latin et de Saint-Germain des Prés (...) avait causé un certain émoi parmi les élus, les médias et la population.(p17)

Le dispositif Vital Quartier a précisément été créé pour remédier à ce type de situation. Il permet à la SEMAEST de se porter acquéreur de locaux pour les louer/vendre à des commerces que la Ville souhaite promouvoir. Les librairies sont bien sûr concernées. Ainsi, Vital Quartier 2 (2008-2021) a été doté de 34 millions d'euros et a concerné 17 locaux culturels, dont 7 librairies et 5 éditeurs-libraires.

 

En chiffres

Cinq premières librairies de France

 Source: Livres Hebdo

Paris compte 850 librairies et totalise de 20 à 25% du chiffre d'affaire de la vente des livres en France.

Parmi les 10 premières librairies françaises, quatres sont parisiennes

» Les 400 premières librairies françaises au format pdf 

Entre 2011 et 2013, 19 librairies ont été créées et 29 fermées.

 

 

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