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Tour d'horizon des tours du périph

Crédits photo : Emmanuel Nguyen Ngoc / Mairie de Paris
[17/11/2013]

Le questionnement - démolir ou pas - fait partie depuis longtemps des réflexions de la Ville sur ces territoires situés le long du périph'. L'enjeu est en effet ici d'améliorer les conditions de vie des habitants, le cadre urbain, la qualité de l'habitat et de réduire les nuisances tout en permettant le maintien de familles populaires dans Paris. Détours du côté des tours en 3 exemples.

 

Eléments incontournables du paysage urbain parisien, les tours et barres d'habitation qui jalonnent le boulevard périphérique sont l'objet de toutes les attentions.
Anciennes et stigmatisées par les nuisances de la rocade la plus empruntée d'Île-de-France et par leur enclavement aux portes de la capitale, certaines sont démolies, tandis que d'autres subissent de profondes transformations.  

Pour décider du devenir de ces bâtiments, des études urbaines ont été réalisées, dans lesquelles les scénarios de démolition sont souvent apparus comme des solutions de requalification pérenne du quartier. Mais quel que soit le traitement finalement retenu au terme des concertations menées avec les habitants, il ne s'agit jamais seulement de démolir, mais aussi et surtout de recomposer des quartiers entiers et de réinvestir les franges de la ville. On ne démolit qu'en dernier recours et le contexte spécifique de l'implantation du bâti est envisagé bien en amont, en associant toujours les riverains au projet.


C'est donc à un cas-par-cas minutieux que se livrent les aménageurs, tels ceux de la SEMAVIP, la Société d'économie mixte d'aménagement de la ville de Paris chargée des requalifications des quartiers dits "GPRU" c'est-à-dire ceux concernés par le Grand Projet de Renouvellement Urbain lancé en 2002. Passage en revue des opérations en cours.

 

1) Recréer une forme urbaine aux portes de Paris : l'exemple du quartier Binet (18e)

C'était un ensemble d'habitat social comme il existe quelques autres entre les boulevards des Maréchaux et le périphérique, avec une tour - la Tour Montmartre - conçue comme provisoire et ayant largement dépassé sa durée de vie prévue, et quelques équipements publics de même origine : un centre d'animation, un centre social, une crèche, une maternelle, deux écoles primaires, un bâtiment utilisé par la Direction de la propreté et de l'eau (DPE) de la ville de Paris, un square... Le quartier Binet (18e) présente plusieurs faiblesses dont l'enclavement entre la Porte Montmartre et le boulevard périphérique n'est pas des moindres.

 
La démolition de la tour, prématurément vieillie à cause de sa proximité avec le célèbre boulevard et l'axe de circulation de la porte, a été l'occasion, en 2009, d'une reconfiguration complète du quartier avec, à la clé, sa densification.

Illustration : si 5 bâtiments représentant 314 logements sociaux sont démolis, on en reconstruit 588. Par ailleurs, sur le front du boulevard périphérique, un bâtiment de bureaux et un autre d'activités, de huit ou neuf étages, est en train d'être érigé créant ainsi une façade d'envergure et un écran phonique protecteur sur toute la longueur de l'îlot.


Enfin, le projet d'aménagement a prévu la reconstruction de tous les équipements publics existants, en les agrandissant afin de répondre à des besoins élargis aux usagers du quartier.

Aujourd'hui, grâce à ce travail de fond, le quartier Binet est désenclavé et relié de manière harmonieuse au reste du 18e arrondissement. 

 

2) Favoriser la diversité et développer le potentiel économique d'un quartier : le cas Joseph Bédier (13e)

Le quartier Joseph Bédier (13e) est constitué par seulement trois composantes : des logements sociaux, des bâtiments accueillant les activités industrielles de la ville de Paris (services de voirie et du salage, ateliers de régie) ainsi que la caserne de pompiers du Boulevard Masséna. Là encore, fin 2012, la démolition indispensable de la Tour Bédier - la "T2" pour les intimes- âgée de 40, comprenant 64 logements et qui faisait figure de totem en bordure du périphérique, est l'occasion de repenser le quartier en profondeur. La T2 était implantée à 10 mètres du périph et à l'immédiate proximité de la Porte d'Ivry.


Le projet lancé en 2002-2003 vise principalement à redonner vie au quartier en le dotant, en premier lieu, d'une fonction économique. D'une part, des bâtiments d'activités et de bureaux sont réalisés. D'autre part, l'offre d'activités destinées aux habitants du quartier, quasi inexistante aujourd'hui, est fortement développée - les rez-de-chaussée de nouveaux immeubles construits par Paris Habitat seront tous investis par des commerces, des services ou des locaux associatifs.

 

L'enjeu de ce réaménagement est d'introduire dans le quartier un habitat diversifié en proposant des logements variés. Soixante-six logements familiaux sont réalisés en 2007 dont 48 sont destinés à la reconstitution des logements démolis. Dix-huit autres logements sociaux, financés en PLS*, sont destinés à loger des ménages plus aisés.


Enfin, quatre-vingt logements privés en accession, libre ou aidée, seront également créés en 2016 dans le cadre de la ZAC Joseph Bédier - Pte d'Ivry menée par la Société d'étude, de maîtrise d'ouvrage et d'aménagement parisienne (SEMAPA) sur une parcelle située avenue de la Porte d'Ivry (13e).

Quant aux bâtiments des services de la Ville qui y sont actuellement implantés seront à terme démolis et relogés dans de nouveaux bâtiments en front du boulevard périphérique, permettant là encore de dresser un écran protecteur entre les habitations et la célèbre rocade.

 

3) Délivrer les habitants des nuisances du périphérique : la Ceinture Lopez (17e - 18e) et la tour Borel (17e)

Le cas d'école de la Ceinture Lopez

Le vaste ensemble de 1500 logements créé par Raymond Lopez à partir de 1954 et qui s'étend de la Porte Pouchet (17e) à la Porte des Poissonniers (18e) est au coeur des projets urbains du nord de Paris.


Pour mémoire, l'aménagement de la ceinture parisienne des anciennes fortifications du 19e siècle à partir de 1919 était dédié à l'origine aux espaces verts, aux loisirs et au sport.
La "Ceinture verte", comme on l'appelait, a ensuite été ouverte à l'urbanisation par la Loi Laffay (1953). Celle-ci proposait une transformation radicale de la ville avec un urbanisme "d'ensemble" et une rocade autoroutière reliant les autoroutes entre elles, évitant ainsi la traversée de Paris par de nouvelles voies de circulation (le projet de création du boulevard périphérique, donc).


La réalisation du Plan directeur de rénovation de Paris et la construction de cet ensemble de logements ont été confiés à l'architecte-urbaniste Raymond Lopez. Celui-ci choisi de faire se succéder autour de chacune des portes de la capitale des tours de 13 à 16 étages (de 84 à 96 logements) et des barres perpendiculaires de 10 à 13 étages (de 132 à 202 logements). Ces constructions ont toutes été conçues sur un même modèle et réalisées avec un système constructif industriel utilisant des éléments préfabriqués caractéristiques de l'époque.


Le périphérique fut construit, en 1966, dix ans plus tard, sur un talus implanté juste au pied des tours, mais dès 1975, cette rocade était saturée (7 000 véhicules/heure dans la journée, en comparaison de 1 600 véhicules/heure sur les boulevards des maréchaux).

Le long de la Ceinture Lopez, quatre tours ont été démolies ou sont en cours de démolition. Elles ont en commun d'être très proches du périphérique (environ 13 mètres des façades) et très exposées aux nuisances qu'il engendre. La décision de démolir résulte de l'accumulation de faiblesses propres au bâti et à son implantation. La tour et la barre Borel, la tour du 31 avenue de la Porte-de-Saint-Ouen, la Tour Montmartre et la Tour Clignancourt subissaient toutes des nuisances sonores impossibles à minimiser par des solutions techniques.

 

 

 

La démolition pour créer de nouvelles opportunités urbaines - l'exemple de la Tour Borel

Porte Pouchet (17e), la démolition des bâtiments Borel (tour et barre du même nom) est apparue comme l'élément déclencheur de la recomposition urbaine du quartier. La tour et l'extrémité nord de la barre, très proches du périphériques et situées au bout de l'impasse Emile-Borel, empêchaient l'évolution du quartier et même la valorisation des terrains voisins.
Les démolitions qui ont été décidées permettent aujourd'hui de transformer la forme de l'îlot. Le percement d'une nouvelle voie à des fins de désenclaevement et la constitution d'un front d'activités et d'hôtels le long du périphérique permettent d'amener de l'activité dans le quartier tout en réduisant, par la même occasion, les nuisances de la rocade parisienne.

 

Sans démolition, quelle réaffectation ?

La ligne générale de la ville de Paris est de ne pas démolir car il n'est pas concevable d'ôter au parc de logement parisien des mètres carrés alors que la demande est si forte et que l'objectif est d'atteindre les 20% de logements sociaux prévus par la Loi SRU dès 2014.
Les cas faisant exception sont les cas particuliers d'ensembles d'habitation très dégradés dans le tissu urbain intérieur et les immeubles très mal situés, notamment à l'aplomb du périphérique et dont l'habitabilité est en cause. Mais même pour les bâtiments situés le plus proche du périphérique, quand le projet urbain ne justifiait pas de démolition, ce sont les réaffectations possibles qui sont alors à l'étude. Bureaux, activités ou logements temporaires, il faut choisir.
Néanmoins, les études de faisabilité ont montré que la configuration des bâtiments de la Ceinture Lopez ne permettait pas, ou difficilement, une transformation en bureaux ou en locaux d'activités. En effet, les immeubles accueillant bureaux et locaux d'activités doivent répondre à 3 caractéristiques fondamentales qui nécessiteraient des efforts financiers trop importants, au vu de la structure actuelle des bâtiments :

- des plafonds ou planchers techniques (du fait de la hauteur sous plafond insuffisante - 2.50 m);

- des surfaces d'au moins 500m² d'un seul tenant;

- une sécuité incendie renforcée. Notamment, les bâtiments de 11 à 13 étages abritant bureaux et locaux d'activités doivent répondre aux normes IGH (Immeuble de Grande Hauteur) et proposer, en particulier, une deuxième issue de secours.

L'autre type de réaffectation étudiée est le logement temporaire spécifique.

Sur la Ceinture Lopez, seule la Tour Poissonniers se prête à un changement d'affectation. Sa situation un peu moins exposée aux nuisances du périphérique ainsi que sa configuration intérieure permettent l'étude et la programmation d'une résidence étudiante-foyer de jeunes travailleurs. En outre la conception de la résidence, composée de chambres individuelles, s'est faite en synergie avec les installations et équipements de proximité dans un quartier voué à une requalification complète.


Comme quoi, même sans qu'une démolition ne soit envisagée, le traitement appliqué à une tour du périph s'inscrit toujours dans un contexte social et urbain bien plus large.

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