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AgroParisTech expérimente le potager sur toit

crédits : Mairie de Paris - François Grunberg
[11/10/2012]

Le toit de l'école AgroParisTech, au 16 rue Claude Bernard 75005, a été transformé en laboratoire pour tester des solutions innovantes destinées à cultiver de façon durable en milieu urbain. Des potagers pourraient ainsi verdir plusieurs hectares de toitures parisiennes en réutilisant compost, déchets de bois, marc de café...

Tomates, pommes, fraises: sur le toit de l'école AgroParisTech , des passionnés ont créé un immense potager qui sert de laboratoire pour trouver la meilleure façon de cultiver en ville.

Nicolas Bel et Nicolas Marchal, de l'association Potager sur les toits, ont convaincu la direction de cette école d'ingénieurs d'investir un espace de 600 m2, en plein coeur de Paris, pour y mener des expérimentations.

"Le but, c'est vraiment de trouver des solutions innovantes pour cultiver de façon plus durable", explique Nicolas Bel, ingénieur féru d'horticulture. Dans des bacs carrés en bois, des salades vertes poussent sur différents types de sols: du marc de café, du compost, des déchets de bois... et du terreau que l'on peut trouver dans le commerce.

Des champignons poussent sur le toit de l´école AgroParisTec 
On trouve mème des champignons qui poussent sur le toit de l'école AgroParisTech - Crédit photo: François Grunberg


Au comparatif des sols qui donnent les plus belles laitues, c'est le compost, où circulent les vers de terre et poussent des champignons, qui rafle la mise.

"Economiquement, le compost issu de déchets verts est aussi le plus intéressant: il ne coûte que 6 euros la tonne", commente Nicolas Bel. Outre les mérites des différents sols, le niveau de pollution contenu dans les fruits et légumes produits est étudié à la loupe. "Nos mesures ont montré que les taux de métaux lourds dans les salades, les tomates... étaient de 10 à 100 fois inférieurs à ceux fixés par la règlementation européenne", se félicite Nicolas Bel. "Il n'y a pas de danger pour la consommation", insiste-t-il, même si, parmi les aromatiques, le thym est un "gros fixateur de polluant".

Des tomates poussent sur le toit de l´école AgroParisTech 
Des tomates du potager sur le toit de l'école AgroParisTech - Crédit photo: François Grunberg


Pour balayer "les fantasmes et les peurs" sur les légumes issus de potagers urbains, l'association a prévu de planter un peu partout à Paris et notamment à proximité du périphérique, pour analyser l'impact de la pollution.                 
                 
La création du jardin à AgroParisTech a nécessité quelques aménagements, notamment pour sécuriser le toit de ce bâtiment classé. Mais pour Christine Aubry, ingénieure de recherche à l'INRA, qui suit le projet à AgroParisTech, "c'est une belle vitrine" et l'enjeu c'est aussi "que les étudiants participent", notamment en constituant un compost nourri des déchets verts de la cafeteria.

Exposé au soleil et abrité du vent, le toit bénéficie d'un climat "plus méditerranéen que francilien", selon Nicolas Bel. Il y fait pousser toutes sortes de fruits et légumes, des herbes aromatiques et de petits arbres fruitiers.

L'intérêt d'installer un potager en haut de son immeuble? "La fraîcheur!" répond Nicolas Bel. Mais aussi la saveur: "on peut cultiver des légumes anciens, difficilement transportables mais incomparables au niveau du goût", avance le jardinier, désignant des plants de tomates anciennes, très molles, qui s'enroulent autour de tuteurs en bambou.

Citant des chiffres de la mairie de Paris, qui évalue à 314 hectares la surface des toitures végétalisables dans la capitale, Nicolas Bel se prend à rêver: "on veut investir les toits des écoles, des collèges, des HLM. Le potager c'est idéal pour l'insertion. Si on peut créer de l'emploi en faisant pousser des légumes..."

Son enthousiasme a déjà porté ses fruits. L'ingénieur a été sollicité pour créer un potager sur le toit du restaurant La Tour d'argent.
                  
                  
Source AFP le 10/10/2012 - pau/ger/ed

Jardin sur le toit 

Le jardin partagé sur le toit du gymnase des Vignoles, au 91 rue des Haies - 20e est un bel exemple de toiture végétalisée - Crédit photo: Dany Gander Gosse

L'objectif de la Ville: créer 7 hectares de toits végétalisés d'ici 2020 

Un des objectifs du plan biodiversité, adopté par la Ville le 15 novembre 2011, est de créer 7 hectares de toits végétalisés d'ici 2020. Actuellement la ville en compte 3,7 hectares.
Pour en savoir plus 

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