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Un siècle de logement social
Une exposition retrace l'histoire passionnante du logement social en France à travers des archives photos et vidéos. A voir jusqu'au 22 mai à la Salle de la Légion d'Honneur, à Saint-Denis (93). Entrée libre.
Il pousse depuis un siècle. Le logement social est né en 1912. Une grande exposition « 1912-2012 : cent ans de logement social », organisée à St Denis (Seine-Saint-Denis) retrace son histoire. Le 23 décembre 1912, la loi Bonnevay donne naissance aux offices publics des HBM (habitations bon marché), ancêtres des HLM (habitations à loyer modéré) actuels. « Les réformateurs sociaux s’attaquaient au problème des taudis depuis la fin du XIXe siècle », explique l’historienne Danièle Voldman. Dès l’entrée de l’exposition, le visiteur est à l’intérieur d’une baraque en bois au plafond bas, semblable à celle qui poussaient en banlieue parisienne.
Affiches, vidéo et chansons retracent la lutte des locataires mal-logés contre l’habitat indigne.
Des HBM pour une "élite ouvrière"
Les premières constructions de HBM débutent véritablement après la fin de la première guerre mondiale. C’est la naissance des cités-jardins, des pavillons et des immeubles de faible hauteur, avec des intérieurs plutôt coquets, dont l’un est reconstitué pour l’exposition. Mais les logements sociaux profitent surtout à une élite ouvrière, à revenus réguliers et dont la « moralité » est scrutée par le bailleur avant de lui accorder un appartement. La production de logements reste d’ailleurs limitée : seuls 2% de la population française bénéficient d’un logement social à la fin des années 30. La Seconde guerre mondiale et le régime de Vichy marquent un coup d’arrêt pour de nouvelles constructions.
De 1945 au "rêve brisé" du logement social pour tous
Après la Seconde guerre mondiale, l'urgence humanitaire de la reconstruction et de l'hébergement se fait pressante et conduit la France à un effort sans précédent en matière de construction de logements sociaux. L'après-guerre marque aussi le début du "baby boom" -un accroissement démographique important. Le manque de logements, l'insalubrité, les bidonvilles, rendent la situation du logement dramatique et l'Abbé Pierre lance le 1er février 1954 son célèbre appel à "l'insurrection de la bonté" (comme le titre la presse de l'époque).
Autre nécessité importante de l'époque, la France faisant massivement appel une main d'oeuvre étrangère, il fallait donc prévoir les logements pour les accueillir. Les Foyers de Travailleurs Migrants voient le jour. Après la décolonisation et en particulier après la guerre d'Algérie (1962), l'Etat fixe une priorité aux offices et aux bailleurs : loger les rapatriés d'Afrique du Nord.
Le temps des grands ensembles
Le HBM des origines cèdent la place au HLM. Dans les cités, les grands ensembles de barres et de tours, qui seront par la suite tant décriés, se multiplient. En 1975, avec le 1er choc pétrolier, une longue période de crises, de désindustrialisation et de chômage de masse se répercutent sur un marché du logement de plus en plus tendu. Avec les premières émeutes urbaines de 1981 à Vénissieux (Rhône) le HLM va progressivement symboliser la crise des banlieues, en occultant l'histoire longue et les aspects positifs du logement social.
Cent ans après la loi Bonnevay, de nouveaux enjeux
Aujourd'hui, un des grands défis pour le logement social est son adaptation aux objectifs environnementaux du développement durable, notamment en termes d'isolation thermique et d'économies d'énergie.
Si la loi Solidarité et Renouvellement Urbain (SRU) de 2000 marque une étape importante dans l'approche de la question du logement par les pouvoirs publics, on voit aujourd'hui qu'elle se heurte localement à des difficultés dans son application.
En 2003, la création de l'Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine (ANRU) permet de fixer un diagnostic et des objectifs tels que, notamment, la réinsertion des quartiers dans la ville, ou la mixité sociale.
De nouvelles réflexions architecturales et urbanistiques émergent comme la résidentialisation, ce nouveau type d'opération de rénovation urbaine qui vise à l'appropriation symbolique de l'immeuble par ses habitants.
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A Paris, une volonté de développer ce type de logements et de favoriser la mixité sociale La ville de Paris s'est fixé en 2001 l'objectif prioritaire d'atteindre les 20% de logements sociaux prévus par la loi SRU dès 2014 -soit avec 6 ans d'avance. Mais l'action de la Ville ne s'arrête pas à cet objectif chiffré puisque c'est aussi e à un rééquilibrage territorial que s'attèle l'exécutif municipal. Partant du constat que certains arrondissements comptent plus de 30% de logements sociaux quand d'autres en comptent moins de 5%, la Ville cherche à acquérir du foncier dans le centre et dans l'ouest de la Capitale et à diversifier les types de logement (PLAI, PLUS, PLS), notamment pour les familles modestes et moyennes. Lire "Les autres visages du logement social" sur Paris.fr en cliquant ici
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Infos pratiques
Exposition « 1912-2012 : cent ans de logement social », jusqu’au 22 mai 2012.
Entrée libre, du mardi au dimanche de 10h à 18h.
Une initiative de Plaine Commune habitat, office public de l’habitat.
Salle de la Légion d’honneur, Saint-Denis (Seine-Saint-Denis)
Accès : 6, rue de la Légion d’Honneur (près de la Basilique), métro : Saint-Denis Basilique (ligne 13)
L'exposition s'inscrit dans l'opération "Toit et Moi ", organisée toute l'année. Au programme : débats, colloque, promenades urbaines...



