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DISCOURS

Conseil de Paris : communication sur le projet culturel pour la mandature

27/01/2003

Le mot " culture " fait écho à celui de Paris. Partout dans le monde, la " Ville lumière " évoque le foisonnement de la création et la richesse d'un patrimoine exceptionnel. Cette réalité implique une remise en cause permanente et la volonté de ne pas " se reposer " sur ses acquis et ses institutions d'excellence.

C'est pourquoi la municipalité souhaite que Paris s'ouvre à toutes les facettes de la culture et s'appuie sur l'énergie de ses artistes et de sa population, pour affirmer son rôle de capitale artistique et culturelle.

Paris doit donc prendre le risque de la création dans tous les domaines des arts vivants. Paris se doit également d'agir pour tous les Parisiens, en ayant conscience du paradoxe propre à la capitale. Un fossé s'est en effet creusé entre ceux qui fréquentent assidûment les théâtres, musées ou autres institutions, et ceux qui se sentent peu concernés par l'offre culturelle de la ville. Il faut donc conduire une action de fond afin de permettre l'accès de tous à l'art et à la culture, et de développer les pratiques en amateur des Parisiens.

Permettre à chacun de pratiquer la discipline artistique de son choix, telle est bien l'ambition qui guide notre action. En ce sens, un plan de développement de la lecture, des enseignements artistiques et des pratiques amateurs s'avère prioritaire, la Capitale accusant un très grand retard par rapport à d'autres collectivités françaises qui ont consenti avec succès de gros efforts en la matière.

Paris se doit enfin de soutenir la vie culturelle locale, celle des quartiers et des arrondissements, tout en retrouvant sa place en Europe et dans le monde.

L'engagement d'un doublement du budget de la culture, hors rémunérations, à la fin de la mandature, s'inscrit dans la logique d'une telle ambition. Ainsi, le budget consacré en 2003 à la culture s'élève à 163,4 millions d'euros, soit une progression de 12 % par rapport au budget 2000.


I L'Art au coeur de la Ville
 

Qu'il nous bouscule ou nous émeuve, l'art donne de la vitalité et de l'énergie à chacun d'entre nous. Il est porteur de sens et sert la diversité. C'est pourquoi, Paris se doit d'encourager et de soutenir la création dans sa diversité.

1°) Mieux prendre en compte la place des artistes à Paris

Evoquer la création, c'est d'abord s'interroger sur la condition faite aux artistes dans notre cité. A Paris, la carence en espaces consacrés à la formation, aux répétitions et à la préparation des créations est criante. Un rééquilibrage s'avère donc nécessaire. La réalisation d'espaces favorables au travail des artistes est, de ce fait, une des priorités de la mandature.

1-1 Faire du " 104 " un lieu emblématique de l'art dans la Ville

Le bâtiment des anciennes Pompes funèbres municipales, situé sur une parcelle de près de 25.000 m² (dont 11.0000 de surface utile) située entre le 104 rue d'Aubervilliers et le 5 rue Curial dans le 19ème, a vocation à devenir un lieu de création artistique de dimension internationale. Ce site exceptionnel, tant par son architecture que par ses dimensions, offrira aux artistes, dans des domaines variés, des espaces de travail et de production adaptés en terme de surfaces et d'équipements aux exigences contemporaines de la création.

Par une mise à disposition d'espaces de travail sur une durée déterminée, l'ambition est de faciliter un bouillonnement culturel dans ce quartier du Nord-Est parisien. Il formera un équipement singulier où, sous forme de résidences, pourront émerger à la fois des projets de jeunes créateurs encore inconnus et des projets d'artistes internationalement confirmés.

Le " 104 " est destiné à prendre en compte les différentes étapes du processus de création : formation, conception, fabrication, présentation dans les disciplines les plus diverses des arts plastiques aux arts du spectacle (peinture, sculpture, théâtre, danse, costumes, décors…). Ce parcours global devrait susciter des rencontres inédites et des réflexions communes entre artistes.

Opération inscrite au Contrat de plan, ce futur équipement devra pleinement s'intégrer dans la vie et l'urbanisme de son quartier. Il comprendra un équipement correspondant aux besoins de l'arrondissement et sera largement ouvert, de manière à former un passage mêlant activités culturelles et commerciales entre les deux rues Curial et Aubervilliers.

Le montage de l'opération et les conditions de gestion seront soumis au Conseil de Paris avant l'été. Le début des travaux est prévu en janvier 2005 pour une ouverture fin 2006. Une animation temporaire sera organisée entre mars 2003 et décembre 2004. 7,7 millions d'euros ont été inscrits pour cette opération, notamment pour viabiliser les espaces extérieurs et financer les études économiques.

1-2 Réaliser des ateliers d'artistes

Le parc existant est constitué de 825 ateliers et 600 demandes sont actuellement recensées, avec un taux de rotation faible. En novembre 2001, la municipalité a convié les représentants d'artistes, leurs organisations professionnelles et les bailleurs sociaux proches de la Ville à participer à un forum de réflexion intitulé : " quels ateliers pour les artistes à Paris ? ". Les débats ont mis en évidence la nécessité de réorienter l'action municipale.

En effet, les artistes demandent une diversification des types d'ateliers à des tarifs accessibles. L'importance de la dissociation entre les lieux de travail et les lieux d'habitation a été soulignée et devra être recherchée. Les normes uniques imposées aux bailleurs en matière de réalisation d'ateliers doivent être remises en cause afin de mieux répondre aux attentes multiformes exprimées, soit de manière individuelle - que l'on soit sculpteur, photographe, peintre ou musicien - soit par des collectifs d'artistes.

Les locaux en pied d'immeubles d'habitation constituent une source importante qu'il convient de mobiliser. Moyennant les travaux d'adaptation nécessaires, ils seront loués aux artistes à des niveaux de loyers compatibles avec leurs ressources. La Ville, qui financera les travaux et bonifiera les loyers, confiera l'ensemble des tâches qu'implique cette politique à des opérateurs spécialisés. L'opération de requalification de l'habitat insalubre doit également permettre de dégager des locaux utilisables.


Par ailleurs, des immeubles, propriété d'opérateurs privés et de bailleurs sociaux, seront réhabilités et dédiés à l'usage de lieux de création pour les artistes. Un crédit de 1,2 million d'euros est inscrit au budget 2003 pour la réalisation de 20 ateliers, par exemple rue des Haies (20ème).

A coté de formules de résidence à long terme, la municipalité sera attentive à proposer des résidences de courte durée, qui répondent à un véritable besoin. Une première expérience est menée à la Forge (20ème). La municipalité est particulièrement attentive aux collectifs d'artistes et recherche au cas par cas des solutions aux squats.

1-3 Attribuer des ateliers d'artistes en toute transparence

Dans un souci de transparence, l'attribution des ateliers d'artistes sera étudiée par une commission de pré-sélection des candidats mise en place au premier trimestre 2003. Présidée par l'Adjoint au maire chargé de la culture et composée de 3 élus, elle associera à titre consultatif deux représentants de syndicats ou d'associations d'artistes.

Les demandes ainsi pré-sélectionnées seront soumises à la commission présidée par l'Adjoint au maire chargé du Logement qui statue en dernier ressort. 26 ateliers ont déjà été attribués en 2002, selon les critères de sélection que sont la compétence artistique des candidats, l'urgence sociale et l'ancienneté de la demande.

1-4 Soutenir les projets des artistes

La Ville octroie traditionnellement certaines aides individuelles aux artistes sous forme de bourses d'encouragement à la création, d'aides à la première exposition ou de bourses d'études. L'enveloppe budgétaire est de 250.000 euros en 2003 et sera revalorisée en 2004.

En effet, ce dispositif sera réaménagé afin de lui donner une plus grande ampleur et une vraie visibilité. Les aides individuelles seront complétées par des aides centrées sur la notion de projet et favorisant notamment l'interdisciplinarité, accordées aux collectifs d'artistes, aux salons et aux associations spécialisées dans la diffusion de la création contemporaine.


2°) Inscrire l'art dans l'espace public

Inscrire l'art dans l'espace public participe de la démarche d'amélioration de la qualité de vie et du cadre urbain parisien.

2-1 Une démarche artistique en lien avec le projet de tramway

La création de la ligne de tramway " Maréchaux sud " est une opération emblématique de la mandature en matière de déplacements et de réaménagement urbain.

Elle peut l'être aussi en matière d'expression artistique dans l'espace public. En effet, le projet d'accompagnement du tramway propose de ponctuer et de révéler le patrimoine, la vie locale et les nouveaux modes de vie citadins, avec des œuvres d'art spécialement conçues par des artistes français et internationaux choisis parmi les meilleurs créateurs contemporains.

De 2003 à 2006, des événements artistiques temporaires seront organisés, s'adressant aux habitants, aux voyageurs et au public extérieur. Ainsi, 17 images, fixes ou mobiles, seront créées pour les arrêts du tramway. Une pérennité sera recherchée pour les œuvres ayant rencontré un succès indéniable auprès du public.

Un emblème artistique du tramway sera créé, avec pour objectif d'élaborer un signe aussi fort que celui des entrées de métro créées par Guimard il y a un siècle. D'autres œuvres pérennes seront réalisées le long du parcours, à travers la mise en valeur par des artistes contemporains des éléments les plus importants du patrimoine architectural, artistique et social existant le long des boulevards. Une présence en continu dans les rames sera également prévue, sous forme de créations sonores ou visuelles.

Une somme de 1 million d'euros est inscrite au budget 2003 et des financements de l'Etat et du Conseil régional seront sollicités, comme cela fut le cas pour les projets artistiques autour du tramway à Strasbourg, Orléans ou Montpellier.

2-2 Mise en place d'une commission " art dans l'espace urbain "

En 2003, deux œuvres seront créées dans l'espace public : " la fontaine " de Chen Zen (450.000 euros) et " le manège " de Bublex (450.000 euros). Une enveloppe de 500.000 euros sera consacrée à d'autres créations en cours d'année.

La création artistique étant au coeur des projets d'aménagement urbain, qu'il s'agisse par exemple de la poursuite de Paris Rive Gauche ou de la requalification de quartiers du nord-est, une Commission de l'art dans l'espace urbain, composée d'experts, se prononcera sur les projets d'installation d'œuvres dans la ville et fera des propositions aux élus.

2-3 Bienvenue aux Arts de la rue

Afin de reconnaître la vivacité des Arts de la rue, dont la popularité est réelle, les spectacles créés par des compagnies professionnelles investiront l'espace public. 182.939 euros ont été consacrés en 2002 à ce soutien. Par exemple, " Itinérance rue ", programmation échelonnée chaque année entre le mois de mars et le mois de décembre, sera mise à l'affiche chaque semaine dans un arrondissement différent en 2004, après une préfiguration à l'automne 2003.

Cette programmation itinérante, établie en concertation avec les arrondissements, permettra aux compagnies de développer des projets in situ, conformes à la volonté des artistes de travailler sur l'espace ouvert d'un quartier, sur son histoire, et ses habitants.

Ce dispositif complémentaire de manifestations déjà existantes - comme Onze bouge, le Printemps des rues ou Coulée douce - sera renforcé par le soutien à des compagnies professionnelles, l'ouverture de lieux de fabrique pour les Arts de la rue et le partenariat avec des compagnies de renommée internationale.

3°) S'ouvrir à tous les arts vivants

Montrer la création sous toutes ses formes, tel est le parti pris de cette mandature.

3-1 Dédier la Gaîté Lyrique aux musiques actuelles et aux arts numériques

Après plusieurs années et des sommes considérables malheureusement perdues, le projet de la municipalité vise à doter Paris d'un espace de création et de diffusion des formes artistiques issues des nouvelles technologies, ouvert aussi bien aux amateurs qu'aux professionnels. Il doit favoriser l'émergence de nouveaux talents et la rencontre avec le public.

L'appellation " musiques actuelles " recouvre le champ des musiques électroniques, le rock, le rap et l'expression des formes musicales issues des nouvelles technologies. Les " arts interactifs " recouvrent eux, le champ des techniques virtuelles, les sites internet, les jeux,…ainsi que les scénographies technologiques, le design et la mode impliquant les technologies numériques.

Des villes comme Nantes ou Lille ont innové avec succès dans le domaine des musiques actuelles. Dans le champ des arts numériques, d'autres pays ont créé des structures de grande qualité, comme en témoignent le ZKM de Karlsruhe en Allemagne ou le Centre Ars Electronica de Linz en Autriche. Paris doit donc combler son retard dans ce domaine.

Pour faire vivre ce lieu situé dans le centre de Paris, une action d'animation temporaire est confiée à Pierre Bongiovanni et débutera en mars 2003. La procédure de marché de définition votée par le Conseil de Paris permet à 3 équipes de concourir dans les domaines culturels et architecturaux et d'élaborer des hypothèses différentes. 5,5 millions d'euros sont disponibles au budget 2003 pour les travaux de réhabilitation. L'ouverture est prévue en mai 2006.

3-2 Faire du Théâtre des 3 Baudets un creuset pour la chanson

Une partie de l'Histoire de la chanson française s'est jouée à Montmartre. Avec le Chat noir ou la Cigale, le Théâtre des Trois Baudets a été un lieu mythique de cette expression populaire qui participe de l'identité culturelle parisienne.
Il s'agit de transformer ce lieu en Maison de la chanson française, afin que Paris retrouve un lieu de diffusion au profit de tous les Parisiens et que la création, également très féconde dans ce domaine, puisse avoir enfin son lieu d'expression. Une attention particulière sera portée aux jeunes artistes qui ne peuvent actuellement se produire devant le public. Le coût prévisionnel de l'opération d'investissement est de 2,2 millions d'euros et les travaux devraient démarrer en 2004. L'ouverture est programmée en 2005. La profession est bien évidemment étroitement associée à l'élaboration du projet.

3-3 Faire une vraie place aux arts du cirque et de la piste

L'histoire de Paris et celle du cirque sont étroitement liées. Paris a en effet toujours accueilli des cirques, mais depuis de nombreuses années les arts de la piste étaient surtout considérés en tant qu'activité économique et de loisir. Aujourd'hui une véritable politique en faveur du cirque, tant pour le cirque de création que pour le cirque traditionnel, est mise en place.

En facilitant leur installation à Paris, en servant de médiateur entre les structures, en mutualisant les services et en proposant des aides en logistique, la Ville développe un véritable partenariat avec les grandes structures de cirques traditionnels.

La participation, à hauteur de 15.000 euros, à l'opération " Jeunes talents cirque " illustre cette volonté d'aider les jeunes artistes.

Pour ce qui concerne le soutien au cirque contemporain, des aides sont accordées pour l'installation la production et la diffusion de compagnies parisiennes. Par ailleurs, la Ville de Paris et le Parc de la Villette se sont associés pour créer, en juillet 2002, un nouvel espace de résidences de création pour les artistes, dédié aux arts du cirque, de la rue et des marionnettes : l'Espace périphérique. Dix résidences ont été accueillies en 2002, 17 le seront en 2003 grâce à une subvention de 130.000 euros en 2003. Enfin, un effort particulier sera engagé pour offrir aux cirques des espaces d'accueil aménagés bien définis et bien identifiés.

L'enveloppe budgétaire, créée en 2001, pour soutenir le cirque, s'est élevée à 182.939 euros en 2001 et 407.500 euros en 2002.


4°) Affirmer une plus grande ambition pour les arts du spectacle et le cinéma

4-1 Explorer toutes les formes de théâtre

Paris entend conduire une action résolue afin que la vie théâtrale et chorégraphique soit toujours plus foisonnante et riche. L'aide aux théâtres a été de 22,8 millions d'euros en 2001 et 25 millions d'euros en 2002. Par ailleurs, suite à l'audit général de novembre 2001, les relations entre la Ville et les associations théâtrales ont été clarifiées juridiquement.

L'aide accrue dès 2001 en faveur du Théâtre de la Ville et du Châtelet témoigne de cette volonté. Ces Théâtres portent un projet artistique ambitieux et une action culturelle imaginative. Plus de 200.000 spectateurs sont accueillis par chacun d'eux. Ce succès est notamment dû à la grande richesse de la programmation et à une tarification avantageuse, en particulier pour les jeunes.

En 2002, la Ville de Paris a fait le choix, en partenariat avec l'Etat, de dédier le Théâtre du Rond-Point à l'écriture théâtrale contemporaine, en retenant le projet de Jean-Michel Ribes, subventionné à hauteur de 1,5 million d'euros par an. La première saison confirme l'intuition que ce projet, d'une part répond à un véritable besoin de rencontre entre le public et les auteurs vivants autour des problématiques du monde actuel et, d'autre part, est porté avec l'énergie et le talent nécessaires pour réussir ce pari.

De même, la municipalité s'est engagée à racheter l'ancien théâtre du Grand Guignol, Cité Chaptal (9ème), pour le confier à l'International Visual Theatre dirigé par Emmanuelle Laborit. A travers ce projet, c'est toute la " culture sourde " qui est reconnue.

Par ailleurs, la municipalité souhaite rechercher une complémentarité entre les sept théâtres d'arrondissement (Théâtre 13, Théâtre 14, Paris-Villette, Théâtre Sylvia Montfort, 20ème Théâtre, Théâtre Mouffetard, Maison de la Poésie) afin de proposer au public toutes les facettes du théâtre, comme le théâtre de répertoire, la recherche, le théâtre pour les enfants et les marionnettes.

Dans ce but, il est prévu :
- d'affirmer la spécificité du projet artistique et culturel de chacun de ces théâtres grâce aux conventions pluriannuelles d'objectifs avec la Ville,
- de doter à terme ces théâtres d'un budget de production destiné à financer une ou deux créations annuelles,
- de gérer la communication générale des théâtres municipaux et de mettre en place une politique de fidélisation du public par la création d'abonnements inter-établissements et d'opérations communes,
- de donner une meilleure visibilité à la présence théâtrale de ces établissements dans les quartiers.

En outre, les théâtres seront invités à étudier les modalités d'un accueil des compagnies durant l'été, notamment pour les touristes et les Parisiennes et les Parisiens qui ne partent pas en vacances.

Enfin, la rénovation des théâtres privés, qui constituent un remarquable patrimoine, sera progressivement mise en oeuvre, en partenariat avec l'Etat. Ainsi, 694.000 euros ont été dépensés en 2002 et une subvention de 3,5 millions d'euros a été accordée à l'Association pour le soutien au théâtre privé.

4-2 Accompagner la création chorégraphique

La responsabilité du Théâtre de la Ville dans le développement de la danse contemporaine au cours de ces trente dernières années est internationalement reconnue. Aujourd'hui, de nombreuses salles de spectacles, dont beaucoup sont soutenues par la Ville (Théâtre de la Bastille, Ménagerie de verre…), mènent une politique de diffusion éclectique. La danse a ainsi pu trouver un public exigeant et fidèle.

Un nouvel événement, fédérant ces initiatives, sera prochainement proposé par la municipalité en faveur des compagnies émergentes, pour faire découvrir au public les nouveaux modes d'expression.

4-3 Soutenir le cinéma

Une " Mission cinéma " a été créée en 2002 au sein des Services municipaux afin de renforcer la politique existante en ce domaine. Le budget 2003 prévoit une enveloppe globale de 10,54 millions d'euros au service de trois axes principaux :

- Préserver la diversité du parc de salles de cinéma
762.000 euros seront consacrés en 2003 à la préservation de la diversité du parc de salles de cinéma parisiennes grâce à l'attribution de subventions d'équipement pour la rénovation des salles indépendantes et au maintien de l'alchimie entre salles indépendantes et multiplexes.
- Créer des événements en faveur du cinéma
Dès l'été 2003, un événement cinématographique d'envergure sera créé à Paris, à destination des professionnels et de tous les publics. Il se tiendra au Forum des Images et dans un grand nombre de salles parisiennes pour créer une effervescence sur la diffusion des différentes formes d'écriture cinématographique, des Frères Lumière à nos jours. Avec des avant-premières issues d'autres Festivals internationaux, des films inédits et des rétrospectives, il réunira en outre des professionnels européens autour de thèmes d'études communs.

Un soutien accru sera également apporté aux événements cinématographiques favorisant la découverte (comme les courts métrages, les documentaires, le cinéma expérimental, le cinéma d'animation, la vidéo numérique ou les cinématographies d'ailleurs) ou la redécouverte, à travers des rétrospectives consacrées à des cinéastes ou des acteurs.

- Accompagner le développement du Forum des Images
Instrument privilégié de la politique cinématographique de la ville, le Forum des Images a constitué, depuis sa création en 1988, un fonds audiovisuel exceptionnel de 6.500 films sur Paris afin de cultiver et d'animer la mémoire audiovisuelle de la capitale.

La numérisation de l'ensemble de la collection, la modernisation du système de consultation sur place et la mise en œuvre de moyens de consultation à distance permettront à Paris d'être, dès 2004, la première capitale au monde accessible virtuellement par les réseaux. 2,19 millions d'euros ont été consacrés en 2002 à cette numérisation, qui se poursuivra grâce à l'inscription de 794.000 euros au budget 2003.

Le Forum des Images est aussi un moyen de redécouvrir des films du monde entier à travers des programmations thématiques ou de découvrir des films inédits tout au long de l'année à travers de nombreux festivals.

4-4. Développer l'activité musicale

Le soutien financier de la Ville en faveur de la création et de la diffusion musicales s'élèvera en 2003 à 30,4 millions d'euros, soit une augmentation de 4 % par rapport à 2001 (dont la moitié est consacrée au Théâtre musical du Châtelet). La Ville soutient notamment plusieurs formations musicales prestigieuses telles que l'Orchestre de Paris et l'Ensemble orchestral de Paris. Elle s'attache également à soutenir les musiques nouvelles, le jazz, les chorales…

Les petites salles de musique, qui jouent un rôle important dans le paysage culturel parisien, seront soutenues grâce à la mise en place d'un Observatoire, créé à l'initiative de la Ville en 2002, associant les représentants des lieux culturels, la Préfecture de police et les élus d'arrondissement afin de tenter de résoudre de manière concertée les difficultés rencontrées par ces petits lieux.

Enfin, la Ville de Paris souhaite trouver, en concertation avec l'Etat et la Région, un lieu pérenne pour accueillir dans les meilleures conditions l'Orchestre de Paris ainsi que les autres formations symphoniques. La réalisation de cet auditorium, qui a vocation à rayonner sur la France, l'Europe et au-delà, fait l'objet de discussions avec le Ministère de la Culture et la Région. La Ville examine actuellement les questions liées aux nécessaires modifications du Plan local d'urbanisme et d'accès à la Cité de la Musique mais la municipalité est prête à envisager d'autres implantations en liaison avec l'Etat et la Région Ile-de-France. La municipalité a la volonté de contribuer de manière constructive et pragmatique à l'aboutissement de ce projet.

4-5. Valoriser la culture scientifique

L'art et la science participent de notre compréhension du monde. C'est pourquoi, la Ville de Paris a depuis 2001 décidé d'être un acteur résolu de l'accès à la culture scientifique et technique, notamment grâce au travail du Conseil scientifique du maire et à de nombreuses manifestations soutenues par la Ville.

Ainsi, la Ville s'associe à la semaine " Fête de la science " et a mobilisé les chercheurs pour des interventions dans les collèges et les écoles. Pour favoriser l'accès du plus grand nombre à la culture scientifique, des débats publics animés par des spécialistes se sont déroulés dans les Mairies d'arrondissement du 14 au 20 octobre 2002.

La municipalité a également décidé de soutenir l'Université de Tous Les Savoirs, tout d'abord en lui apportant un soutien en terme de communication, mais aussi en l'associant à l'action engagée en faveur de l'accès aux connaissances. En 2003, l'Université de Tous Les Savoirs et la Ville présenteront un état de l'activité de diffusion de la culture scientifique à Paris, afin de donner au public une vision complète des programmations de débats, conférences et manifestions autour de la culture scientifique.

Le 7 décembre 2002, à l'initiative de l'adjointe chargée des Universités, a eu lieu pour la première fois l'opération " Envie d'Amphi ". Cette journée porte ouverte à laquelle les universités se sont associées, a permis aux Parisiennes et aux Parisiens de découvrir l'activité universitaire.

Enfin, cette volonté de mettre en synergie et de croiser les mondes qui participent de la vitalité culturelle et scientifique a été illustrée par le festival " @rt outsiders ", organisé à la Maison Européenne de la photographie en septembre et octobre 2002, au cours duquel les jeunes artistes (Eduardo Kac, Daniel Mage, Christophe Luxereau etc…) ont invité le public à découvrir l'alchimie de l'art et de la science.

II. Un patrimoine en mouvement 
 

Le patrimoine constitue aujourd'hui un élément essentiel du cadre de vie des Parisiens, qui plébiscitent d'ailleurs toutes les initiatives leur permettant de le découvrir et de se l'approprier. Préserver, valoriser et démocratiser l'accès aux savoirs et aux lieux guident l'action de la Ville, qui veille à éviter de ne s'intéresser qu'à des " objets " patrimoniaux indépendamment de leur environnement et de leur devenir. Pour accomplir cette mission, la Ville dispose d'expertises précieuses, comme celles de la Commission du Vieux-Paris. Par ailleurs, un Comité d'Histoire composé d'experts permettra de développer la recherche et la diffusion de la connaissance historique sur Paris.

II. 1. Connaître et faire connaître

Un inventaire à la parcelle de l'ensemble des connaissances déjà établies s'avère aujourd'hui nécessaire à la fois comme un moyen d'économie pour la Ville -en évitant d'accumuler dans le temps des études sur un même secteur-, mais surtout comme un outil d'aide à la décision.
Cet outil, à terme consultable sur Internet, réalisé par les pouvoirs publics, les élus et les associations permettra ainsi à chaque Parisien de découvrir l'histoire des quartiers de Paris.

Paris est aussi riche de décors intérieurs, de mobiliers et de statues. L'inventaire permettra de recenser ce patrimoine mobilier, et en priorité celui dont la Ville de Paris est propriétaire, afin de l'entretenir et de le valoriser auprès des Parisiens. Des actions sont d'ores et déjà en place pour le patrimoine des églises (vitraux, tableaux et mobilier).

Des opérations d'urbanisme ayant été menées par le passé sans connaître les caractéristiques historiques du quartier, certains vestiges ont été détruits de manière irréversible, comme par exemple dans la ZAC Alésia Montsouris. C'est pourquoi les services de la Commission du Vieux Paris ont reçu l'agrément du Ministère de la Culture pour conduire des chantiers de fouilles préventives. Au-delà des économies réalisées (la Ville étant pour ces chantiers exonérée de la taxe pour l'archéologie préventive), cet agrément est surtout la confirmation de la compétence de nos archéologues et ouvre un champ d'investigation important et des perspectives de nouvelles découvertes de vestiges rares.

La carte archéologique de Paris sera donc établie. Document national imposé par la Loi sur l'Archéologie préventive, elle répertoriera l'ensemble des découvertes archéologiques dans Paris.

Enfin, la Ville souhaite créer un lieu ludique et pédagogique pour répondre à l'intérêt croissant dont les Parisiens témoignent pour l'archéologie. Ces ateliers pourraient être installés à Bercy, lieu de la dernière découverte archéologique majeure à Paris.

II. 2. Valoriser le patrimoine

La Ville conduit chaque année d'important chantiers de restauration de son propre patrimoine, en particulier dans ses édifices cultuels (dont 60 % sont classés ou inscrits), sa statuaire monumentale (après le Lion de la place Denfert-Rochereau, la statue de la Place de la République devrait faire l'objet d'une restauration importante) et ses objets d'art.

La Ville consent également un effort financier majeur pour la restauration de la Tour Saint-Jacques (4ème) et celle de l'église Saint-Sulpice (6ème), dont l'état très dégradé était masqué aux Parisiens par des échafaudages depuis de nombreuses années. La Madeleine (8ème) et Saint-Eustache (1er) constitueront des priorités de cette mandature. 12,1 millions d'euros sont inscrits au budget 2003 en faveur du plan de restauration des églises, soit une augmentation de 25 % par rapport à 2001.

Ainsi, la Ville assumera ses responsabilités envers ces chefs d'œuvres de l'architecture, tout en souhaitant que l'Etat mobilise les moyens financiers suffisants pour entretenir son propre patrimoine à Paris. La beauté de Paris est en effet conditionnée par un entretien et une mise en valeur de l'intégralité du patrimoine, quel qu'en soit le propriétaire.

II. 3. Aider à la mise en valeur du paysage urbain

Parce que la beauté de Paris constitue un bien précieux auquel chaque habitant est légitimement attaché, une attention particulière est portée à la qualité architecturale des bâtiments publics et privés. Le mobilier urbain fait l'objet d'un traitement spécifique combinant son utilité, son emplacement sur la voirie et son esthétique.

a) La mise en lumière

Comme le montre l'illumination de la cathédrale Notre-Dame ou des ponts de Paris, la lumière contribue à révéler et embellir le paysage urbain. La municipalité souhaite redéfinir la place et le rôle de la lumière, en dépassant les seules logiques d'éclairages urbains d'une part et d'illuminations monumentales d'autre part.
Une attention particulière sera portée aux quartiers ou éléments jusqu'à présent délaissés, aux portes de Paris, dans les quartiers concernés par le GPRU, à l'orée des Bois de Vincennes et de Boulogne ou aux abords des canaux. Il sera fait appel autant que possible à des artistes pour inventer des mises en lumière originales, avec l'aide de partenaires financiers privés.

b) La restauration des passages couverts
Nombre de passages couverts, bien que classés, sont dans un état désastreux. Voies privées, leur restauration est à la charge des copropriétaires, qui ne sont pas toujours en mesure d'assurer les travaux. La Ville souhaite donc s'engager, aux côtés des copropriétés, dans leur restauration, en obtenant en contrepartie pour les Parisiens une ouverture accrue au public.

II. 4. Un patrimoine plus accessible à tous les Parisiens

Les Journées du Patrimoine et " Nuit blanche " ont confirmé le désir des Parisiens de découvrir des sites bien souvent inaccessibles.

La gratuité des collections permanentes dans tous les musées parisiens depuis décembre 2001 a d'ores et déjà permis l'augmentation et la diversification des publics (+ 30 % au Musée Carnavalet par exemple). Cet objectif implique bien sûr des investissements lourds pour rendre l'ensemble de nos musées accessibles aux personnes handicapées. Il demande aussi une promotion des fonds et collections auprès de publics aussi diversifiés que les enfants, la jeunesse non scolarisée, les étudiants, les chercheurs, les touristes. La mise en ligne des collections sur Internet constitue un aspect important de cette politique.

2002 a permis d'illustrer, avec l'année Victor Hugo, une politique d'exposition spécifique pour les jeunes publics. Le succès de cette opération a montré l'intérêt qu'offrent les maisons d'écrivains pour la découverte et la compréhension d'une œuvre. L'extension de la Maison Balzac, comme l'ouverture au public de celle des frères Goncourt offriront prochainement aux jeunes Parisiens des lieux polyvalents, interactifs et pédagogiques. Par ailleurs, les activités proposées dans les bibliothèques et les musées parisiens à destination des scolaires seront développées et diversifiées.

II. 5. La modernisation des outils

Les travaux engagés au Petit Palais (69 millions d'euros), au Musée d'art moderne (12 millions d'euros) ou au Musée Cernuschi (5,6 millions d'euros) accroîtront les surfaces d'exposition. Ainsi, la surface totale du Petit Palais passera de 20.000 m2 à 26.000 m2. Les surfaces consacrées aux collections permanentes passeront de 3.000 m2 à 5.000 m2, permettant ainsi de présenter 1.300 œuvres contre 850 auparavant. La réouverture du musée est prévue à la fin de l'année 2004.

La restauration et le réaménagement du Musée Cernuschi ont également pour objectif l'extension des surfaces d'exposition et l'augmentation du nombre d'œuvres proposées au public. Les surfaces utiles passeront de 2.318 m2 à 3.241 m2, les conditions d'accueil du public seront améliorées et les mises aux normes des conditions de sécurité et d'accessibilité seront effectuées. La réouverture du musée est prévue au printemps 2004.

Enfin, un plan d'informatisation des bibliothèques patrimoniales est engagé sur la durée de la mandature. Des partenariats seront noués avec l'Etat, permettant l'informatisation de certains catalogues qui seront intégrés dans le Catalogue National de France et progressivement mis en ligne. La numérisation rendra à la fois plus accessibles, plus visibles et moins fragiles les fonds patrimoniaux. 450.000 euros ont été inscrits à cet effet.

II. 6. Enrichir les collections et développement de la commande publique

Préserver la mémoire de Paris, c'est acquérir aujourd'hui des œuvres majeures pour nos musées et nos bibliothèques. Ainsi, en 2002, ont été acquises 6 photographies de la collection Jammes, pour le Musée Carnavalet, dont " Terrassiers au repos sur un boulevard, été ou automne 1853 " ou " les ramoneurs en marche ", une figurine en terre cuite émaillée de la période Tang pour le Musée Cernuschi et deux cariatides en pierre sculptés d'Ossip Zadkine pour le Musée Zadkine. Les commandes d'œuvres, de représentations ou de témoignages de l'histoire de Paris complètent cette politique d'acquisition. A cet égard, le musée Carnavalet s'enrichira prochainement d'une salle nouvelle dédiée au 20ème siècle.

II. 7. Une collaboration étroite avec les associations

Le tissu associatif a constitué durant de nombreuses années un rempart contre la disparition des patrimoines. De nombreuses initiatives contribuent à restituer des mémoires, des parcours, des œuvres et à recréer du lien entre les Parisiens et leur quartier. Outre le soutien ponctuel apporté à l'occasion de manifestations et d'événements, la Ville souhaite aider plus fortement ces associations. Une provision nouvelle de 400.000 euros est inscrite au budget 2003 pour accompagner ce secteur associatif.

II. 8. Les Archives: la mémoire de Paris

Suspendu depuis plus de dix ans, le chantier des Archives de Paris sera réouvert pour s'achever en 2006. En doublant la superficie des espaces dédiés à l'accueil du public, cet équipement pourra alors jouer pleinement son rôle d'élément structurant pour le développement de la politique culturelle.
Au-delà de cette opération immobilière, les Archives de Paris ont vocation de devenir un pôle de convergence pour les mémoires parisiennes : aux archives institutionnelles et administratives doivent s'ajouter les récits de vie et les témoignages oraux collectés par les archivistes et par de nombreuses associations. Il est dès lors indispensable de systématiser ces collectes et d'en coordonner la conservation.
Paris détient d'énormes archives généalogiques qu'il importe de rendre encore plus aisément exploitables par un recours intensif aux technologies de l'information et de la communication : les Archives de Paris mettront en œuvre un plan très ambitieux de numérisation des archives d'état civil, dont les résultats commenceront d'être mis en ligne sur le site Internet de la Mairie dès 2004.


III. Atteindre un plus large public
 
Si Paris se doit d'être une des capitales internationales de la culture, elle doit aussi être le lieu emblématique de la culture pour tous. Accéder à l'émotion artistique et aux pratiques culturelles est en effet un droit pour chacun.

Faire partager la culture à tous est un sujet difficile et exigeant. Il implique d'abord de favoriser la lecture, afin de permettre à chacun d'agir sur son devenir et demande une éducation artistique et des pratiques amateurs. Telles sont les priorités de notre politique culturelle qui vise à rattraper un très grand retard en la matière.

1°) Concourir au développement de la lecture

La lecture publique à Paris, c'est 58 bibliothèques de prêt, 320.000 personnes inscrites, 11 millions de prêts par an, 500.000 titres en rayon, et plus de 3 millions de volumes… Avec un taux moyen de fréquentation de 15 % de la population parisienne, le réseau de lecture publique parisien demeure cependant très loin derrière les grandes villes anglo-saxonnes ou scandinaves, malgré la richesse extraordinaire des fonds proposés. L'action de la municipalité pour les années à venir s'articulera autour des axes suivants, avec pour objectif la préservation du service public parisien :

- Une hausse des crédits d'acquisition. Au budget primitif 2003, les crédits d'acquisition pour les ouvrages mis à la disposition du public dans les bibliothèques municipales sont de 4,3 millions d'euros, soit une augmentation de 15,2 % par rapport à 2001. Grâce à ces crédits, le prêt de DVD-Vidéo sera proposé aux Parisiennes et aux Parisiens. L'objectif est d'atteindre à terme le ratio de 2 euros par habitant pour les acquisitions d'ouvrages imprimés. (1,5 euro aujourd'hui). La sécurisation des prêts sera également renforcée.

- La construction de 2 médiathèques. La première sera située rue d'Alleray (15ème). D'une surface de 4.500 m2 hors œuvre et d'un coût estimé à 13,8 millions d'euros, elle ouvrira ses portes au public en septembre 2006. La seconde sera construite rue de Bagnolet (20ème) et comprendra une surface de 6.000 m2 hors œuvre. Il s'agira d'équipements proposant au public tous les types de supports - livres, CD, vidéo, DVD - ainsi que l'accès à internet.

A l'instar de médiathèques en province et à l'étranger, ces établissements devront favoriser une fréquentation plurielle, que l'on soit lecteur de passage ou étudiant, jeune ou âgé, à la recherche d'un livre rare ou d'un CD. L'emplacement d'autres médiathèques, à réaliser à l'avenir, sera déterminé après examen d'un plan de développement de la lecture publique destiné à permettre une meilleure desserte du territoire parisien.

- La réalisation de bibliothèques de moyenne superficie. Par exemple, le Forum des Halles accueillera la bibliothèque du cinéma et la bibliothèque Vivienne (2ème) sera agrandie. Des bibliothèques s'adressant à la jeunesse seront créées, notamment rue Chaptal (9ème) et dans la ZAC Réunion (20ème). Une étude relative à l'extension de la bibliothèque de la rue de Flandre (19ème) est en cours.

- L'accès en ligne et à domicile au catalogue de l'ensemble des bibliothèques avec possibilité de réserver les ouvrages et documents souhaités. A cet égard, le coût de l'informatisation des bibliothèques est estimé à 7,6 millions d'euros sur l'ensemble de la mandature.

- L'ouverture expérimentale et sur la base du volontariat, d'une ou deux bibliothèques le dimanche.

- L'établissement d'un plan pluriannuel de rénovation des établissements sur le quadruple plan de l'hygiène, de la sécurité, du confort des lieux et de l'accès aux personnes handicapées. 8 millions d'euros y seront consacrés sur la mandature. Par ailleurs, sera étudié l'extension ou le relogement d'établissements de petite taille (inférieure à 600 m²) qui ne sont pas viables à terme compte tenu de l'évolution de l'offre (musique, DVD, services de référence), des nouvelles normes d'accueil du public et de la volonté d'accroître leurs capacités à animer les quartiers.

- Le lancement d'un plan d'action en faveur des personnes âgées et des mal voyants (livres sonores, en gros caractères, en braille, machine à lire…).

- Enfin, la gestion de 56 bibliothèques de prêt est partiellement transférée aux mairies d'arrondissement, la gestion du personnel et les budgets d'acquisition et de reliure restant du domaine municipal.

2°) Redéfinir les missions des Conservatoires

Piliers de la politique d'initiation et de perfectionnement à la musique, au chant choral, à la danse, à l'art dramatique, les 17 conservatoires d'arrondissement et leurs 1.200 professeurs forment 18.000 jeunes Parisiens dans près de 100 disciplines, de l'initiation jusqu'au niveau supérieur.

Une réflexion en profondeur sur les missions de ce réseau a été engagée, en concertation avec les secteurs de l'éducation et de la jeunesse afin de susciter auprès des jeunes l'envie de venir à la danse et au théâtre et de les intégrer progressivement à un processus de sensibilisation puis d'apprentissage.

- Une redéfinition des missions des conservatoires
La place de l'initiation en 1er cycle d'études sera privilégiée, la Ville cherchant par ailleurs à maintenir son effort dans les 2ème et 3ème cycles, en sollicitant un soutien de la Région et de l'Etat. De nouvelles approches pédagogiques, plus transversales, seront recherchées et une ouverture à toutes les musiques et toutes les danses sera progressivement engagée. Le développement du chant choral sera prioritaire. En 2003, les crédits de fonctionnement affectés aux enseignements artistiques (950.000 euros) sont en hausse de 8 % par rapport à 2002.
- Une réforme du statut des conservatoires sera entreprise entre 2003 et 2005, en liaison étroite avec les élus, les Directeurs d'établissement et les usagers. Ces établissements sont en effet gérés d'une part par la Ville de Paris, responsable notamment des enseignants, et d'autre part par des associations. Cette organisation complexe entraîne de nombreuses difficultés et occulte la lisibilité des activités proposées. La définition de vrais projets d'établissement, établis dans chaque conservatoire sur la base d'une concertation entre le directeur d'établissement, la Ville et l'association de parents d'élèves sera ainsi recherchée.

- Un plan pluriannuel de rénovation des locaux doté de 5,4 millions d'euros sur la mandature, concernera par exemple l'agrandissement ou le relogement de conservatoires devenus trop exigus, en priorité dans le Centre, le 17ème et le 18ème arrondissement. L'acquisition d'un bâtiment permettra ainsi l'ouverture de nouvelles salles de cours, de studios de répétition et de salles de pratique collective dans le Conservatoire du 18ème. Une enveloppe de 500.000 euros est inscrite en 2003 pour financer les travaux de grosses réparations et une enveloppe de 250.000 euros permettra le financement d'études pour l'extension de conservatoires.

3°) Développer les " pratiques amateur "

La Ville souhaite s'orienter progressivement vers la création d'une sorte de " carrefour ", animé par des médiateurs au service des amateurs, qu'ils soient isolés, regroupés ou membres d'associations.

Lien d'information, d'orientation et de rencontres, apportant des réponses en termes de locaux et établissant des passerelles entre les associations, les groupes informels, les lieux de diffusion et les conservatoires, ce " carrefour " favorisera l'émergence de projets intégrés dans la vie culturelle locale.

Dans un premier temps, la municipalité souhaite faire l'inventaire de ces pratiques amateurs et redéfinir les missions des associations qu'elle finance dans les différents domaines (métiers d'art, musiques, arts plastiques…). Un inventaire des pratiques musicales amateurs sera par exemple réalisé en 2003 avec l'ARIAM Ile de France. En 2003, les " pratiques amateur " seront subventionnées à hauteur de 9 millions d'euros.

4°) Etablir des passerelles avec l'école

L'apprentissage artistique se forge aussi à l'école. Un partenariat est recherché, portant notamment sur :
- le développement des relations entre les bibliothèques et le milieu scolaire, en s'inspirant d'exemples particulièrement réussis en la matière comme celui de Montpellier.

- le développement de l'éducation au cinéma, auquel 217.000 euros seront consacrés en 2003. Dans un environnement où l'image prend une place de plus en plus importante, l'initiation au cinéma est un moyen pour les enfants et les adolescents, qui sont les spectateurs de demain, de développer leur esprit critique et de s'ouvrir à la diversité culturelle.
Cette action sera orientée dans deux directions, d'une part, sur le temps scolaire, en intensifiant les dispositifs nationaux. " Ecole au cinéma " et " Collège au cinéma " (dont le principe est de montrer des films au jeune public dans les salles de quartier) et en favorisant le développement d'ateliers cinématographiques en classe ; d'autre part, en dehors du temps scolaire en soutenant les associations qui travaillent dans les centres d'animation notamment.
Enfin, la Ville a participé au financement des associations " Un cinéma du côté des enfants ", " Enfance et cinéma " et " Les cinémas indépendants parisiens ". Au total, 50.000 enfants ont été concernés par ces actions en 2002.

 
5°) Etablir de nouveaux liens avec le public

En direction de celles et ceux qui ne sont jamais allés au théâtre ou au musée plusieurs types d'action sont ou vont être conduites :

- Inventer de nouvelles formes d'initiative culturelle
Les musées parisiens ont développé des activités pédagogiques et culturelles s'adressant à tous les publics. Les intervenants sont des conférenciers, des plasticiens, des conteurs, des comédiens, des musiciens…Avec les contes ou les récits, l'approche des œuvres s'enrichit d'une dimension imaginaire et symbolique. Ces initiatives culturelles doivent être organisées dans des lieux non dédiés à la culture, comme les hôpitaux et les PMI, à l'instar des initiatives prises par l'association " Lire à Paris " qui aide à lutter contre l'illettrisme et l'échec scolaire.

- Inviter le public dans des lieux nouveaux
Le but est de créer des lieux de pratique et de rencontres où artistes et population du quartier puissent se retrouver. Au regard des besoins et des attentes des quartiers, la Ville saisira les occasions de resserrer le maillage culturel de la capitale et de le rééquilibrer en faveur de certains arrondissements moins bien dotés.
Trois priorités s'attachent à cette politique : offrir des espaces aux pratiques amateurs, notamment pour la musique, offrir des lieux adaptés au travail créatif, favoriser les échanges entre les artistes et les Parisiens.

La Maison des Métallos témoigne de cette volonté. Acquis en 2001 par la Ville de Paris, ce lieu chargé d'histoire est situé rue Jean-Pierre Timbaud (11ème). La Ville a mis à l'étude la restructuration de l'ensemble de ces espaces (qui comprennent notamment deux vastes salles d'exposition et une salle de spectacle) pour en faire un centre culturel autour de la création, de la formation, de la diffusion d'un pôle numérique et de l'accueil de conférences. Les travaux doivent démarrer en 2005. Une enveloppe de 3 millions d'euros est inscrite en 2003. Une animation temporaire est proposée par l'Association " Planète émergence " depuis le mois de décembre 2002.

D'autres lieux seront destinés à ces actions de proximité comme le Parquet Pajol (18ème) ou le Dédale (20ème) pour lequel 1 million d'euros de travaux est prévu.

- Adopter des mesures tarifaires plus incitatives
La gratuité d'accès aux collections permanentes dans les musées, mise en œuvre depuis janvier 2002 a accru leur fréquentation. Afin de faciliter l'accès aux enseignements artistiques, il est proposé que les droits d'inscription soient modulés en fonction des ressources des familles. Une étude doit être engagée en ce sens en 2003.

- Collaborer avec des associations comme " Culture du cœur " qui, par l'intermédiaire de médiateurs culturels, adultes relais et travailleurs sociaux, permettent aux plus défavorisés d'avoir accès aux programmes culturels des institutions parisiennes. Ainsi, des médiateurs culturels et sociaux ont été affectés dans 15 bibliothèques. Leur mission est de prévenir les incidents entre les usagers et de favoriser l'accès de tous aux ouvrages à l'intérieur de l'établissement. Le développement de ces actions de médiation, en particulier dans les structures de la Ville qui accueillent les personnes les plus défavorisées (CHRS, lieu d'hébergement d'urgence, Espaces solidarité insertion…) est une priorité pour renforcer leur accès à la culture.

- Encourager les initiatives locales, grâce aux crédits accordés depuis 2001 aux mairies d'arrondissement pour l'animation culturelle de proximité. L'enveloppe est de 8,7 millions d'euros pour 2003. Cette décentralisation de l'action culturelle est un élément très important pour la richesse de l'animation des quartiers et la création dans tous les domaines. Favoriser les expositions ou les animations de quartier est en effet un gage de convivialité accrue et de dynamisme culturel. L'opération " Paris Littéraire " dans le 13ème, qui a permis la rencontre avec des écrivains et la tenue des ateliers d'écriture, ou le Festival " Opéra des rues " dans les 12ème et 13ème, en sont une bonne illustration.

- Développer Internet grâce au nouveau site de la Ville. Internet doit, au-delà de l'information générale que le site procure, devenir un instrument privilégié au service de la diffusion culturelle : instrument de consultation, de découverte, de réservation, etc… Un portail culturel sera créé à la fois pour le public et les professionnels. L'interactivité qu'il permet aidera tous les acteurs de la politique culturelle de la Ville à mieux cerner les attentes et la satisfaction des Parisiens.


6°) Répondre au besoin de " rituels " artistiques et de rencontres

- Les manifestations de plein air jouent un rôle essentiel dans l'émergence d'une qualité de vie plus conviviale. La gratuité de ces manifestations favorise une réelle mixité sociale et générationnelle, qui contribue à une ambiance festive et détendue, comme l'ont montré les opérations Paris-Plage, Paris Quartier d'été ou Cinéma au clair de lune, qui a notamment permis de projeter gratuitement "Le fabuleux destin d'Amélie Poulain " à Montmartre devant plusieurs milliers de personnes.


- Nuit Blanche a été une nuit de découverte pour un public nombreux et curieux. Une analyse des aspects positifs et négatifs sera effectuée pour déterminer les grands axes de la prochaine édition. Plus de 60 lieux ont été ouverts gratuitement au public avec des manifestations culturelles et artistiques. Cette opération a permis d'offrir un parcours artistique mettant en valeur l'art contemporain et les différentes facettes de la création actuelle, parfois dans des lieux inédits.


IV S'OUVRIR AU MONDE
 

Paris a ce que Victor Hugo appelait " la fibre universelle ". Diverses actions doivent concourir à la faire parler au monde. Au-delà des grandes institutions parisiennes comme les musées, la Maison européenne de la Photographie, le Forum des images ou le Théâtre du Châtelet et de la Ville, la culture à Paris doit participer à son rayonnement international par des échanges culturels ou des événements comme Paris-Plage et Nuit Blanche.

1°) Faire de Paris la terre d'accueil des artistes et des écrivains

Les échanges culturels et artistiques seront renforcés. Le développement du partenariat avec la Cité Internationale des Arts et la Cité Universitaire illustre cette volonté. La réhabilitation du Couvent des Récollets permettra d'accueillir des artistes et chercheurs et de favoriser leurs collaborations.

L'adhésion de la Ville de Paris au réseau des " villes-refuges " du Parlement international des écrivains, présidé par Russel Banks, permettra dès 2003 d'accueillir chaque année des auteurs menacés dans leur pays. La première écrivaine concernée est l'afghane Spojmaï Zariab, qui sera hébergée à Paris et interviendra dans les bibliothèques municipales pour des rencontres avec les lecteurs.

2°) Favoriser la connaissance des cultures étrangères

La Mairie de Paris s'associe pleinement aux " saisons " organisées par le Ministère des Affaires étrangères et l'Association française d'action artistique (AFAA), avec par exemple l'organisation au Pavillon des Arts d'une exposition sur les " Arts au féminin ", la projection de films de femmes algériennes au Forum des Images ou la programmation du concert place de l'Hôtel de Ville à la prochaine Fête de la Musique dans le cadre de l'Année de l'Algérie.

La municipalité met par ailleurs en valeur les communautés étrangères ou d'origine étrangère présentes dans la capitale : par exemple, elle a soutenu des initiatives émanant d'associations de divers quartiers comme celle de " Mistouta " dans les bibliothèques de Belleville. L'opération " Barbès café ", consacrée aux grandes figures de l'Année de l'Algérie, sera accueillie à l'Hôtel de Ville.

En outre, le réseau des bibliothèques municipales participe annuellement à l'opération " Belles étrangères " qui vise à promouvoir les cultures d'autres pays. Deux fonds ont été particulièrement développés, le premier sur les civilisations de l'Afrique et du Maghreb (bibliothèque Couronnes) et le second sur les langues et la littérature d'Asie (Bibliothèque Melville). De plus, les bibliothèques développent les fonds de romans étrangers, en particuliers pour les enfants.


3°) Asseoir le rayonnement international de la vie culturelle et artistique

Paris est la seule Ville au monde dans laquelle les cinéphiles peuvent avoir accès aux films du monde entier grâce à son réseau de salles de cinéma. Le nouvel événement cinématographique de l'été prendra en compte cette richesse puisqu'il sera basé sur une sélection internationale et réunira les professionnels européens.
En matière de spectacles, nos grandes institutions programment régulièrement des coproductions avec de grands Théâtres ou Festivals étrangers, spectacles qui sont présentés dans de nombreuses capitales. Ainsi, le public de Pina Bausch a d'abord été parisien.

Le Festival d'Automne à Paris, qui adopte des thématiques géographiques, est particulièrement soutenu dans son travail qui allie découverte et tradition, jeunes artistes et créateurs renommés.

Nos musées accueillent des expositions d'envergure internationale, comme Picabia au Musée d'Art Moderne ou L'Homme du Sichuan qui sera présentée dans le cadre de l'Année de la Chine en 2004. Ils " voyagent " également, comme le Petit Palais, qui, à l'occasion de sa fermeture pour travaux, envoie ses collections à l'étranger sous forme " d'ambassades ". Ainsi, Bonn accueille actuellement une exposition sur " Le 18ème siècle français " et Barcelone présentera en février une exposition " Portraits d'Ingres à Bonnard ".

De même, le développement des collaborations avec le secteur du tourisme doit permettre l'organisation de grands événements internationaux comme " Paris, capitale de la mode ".

Enfin, les actions culturelles organisées dans certains quartiers comme Belleville ou le 18ème seront valorisées par le secteur du tourisme qui souhaite présenter aux visiteurs de passage un aspect pluriel et moins " muséal " de Paris.

Ces échanges fréquents et fructueux contribuent aussi à faire des Parisiens et de leurs hôtes, des " citoyens du monde ".

Festival
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